Histoire · Histoire de France
Clovis
Clovis (vers 466-511) est le roi des Francs qui conquiert presque toute la Gaule et se convertit au christianisme catholique à Reims. On le présente souvent comme le fondateur du royaume des Francs, ancêtre de la France.
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Clovis Ier (vers 466-511) est le roi des Francs saliens qui, en une trentaine d’années de règne, réunit sous son autorité la plus grande partie de l’ancienne Gaule romaine. Son baptême catholique à Reims, à une date discutée (entre 496 et 508), lui assure le soutien des évêques et de la population gallo-romaine. Membre de la dynastie des Mérovingiens, il fait de Paris sa résidence principale et laisse à sa mort un royaume partagé entre ses quatre fils.
Clovis en dates
| Date | Événement |
|---|---|
| Vers 466 | Naissance, fils du roi franc Childéric Ier et de Basine |
| 481 ou 482 | Succède à son père à la tête des Francs saliens de Tournai |
| 486 | Victoire de Soissons sur Syagrius, dernier chef romain du nord de la Gaule |
| Vers 493 | Mariage avec Clotilde, princesse burgonde catholique |
| Vers 496 | Victoire sur les Alamans (bataille dite de Tolbiac) |
| Entre 496 et 508 | Baptême à Reims par l’évêque Remi |
| 507 | Victoire de Vouillé sur les Wisigoths d’Alaric II |
| 508 | Reçoit de l’empereur d’Orient Anastase les insignes du consulat |
| 511 | Concile d’Orléans ; mort à Paris (traditionnellement le 27 novembre) |
Un roi franc dans une Gaule en recomposition
À la fin du Ve siècle, l'Empire romain d’Occident a disparu (476). La Gaule est partagée entre plusieurs peuples : Wisigoths au sud de la Loire, Burgondes dans la vallée du Rhône, Alamans à l’est, Francs au nord, et un reste de domination romaine autour de Soissons, dirigé par Syagrius. Les Francs saliens, établis dans l’actuelle Belgique, sont alliés de Rome depuis longtemps ; Childéric, le père de Clovis, a combattu aux côtés des généraux romains.
Les conquêtes
Soissons (486) et le vase
En 486, Clovis bat Syagrius à Soissons et s’empare du nord de la Gaule jusqu’à la Seine, puis la Loire. L’épisode du vase de Soissons, raconté un siècle plus tard par l’évêque Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs, se rattache à cette campagne : un guerrier refuse de rendre au roi un vase pris dans une église et le brise ; un an plus tard, Clovis le tue lors d’une revue des troupes. L’anecdote illustre l’autorité que le roi impose à ses guerriers, mais sa précision est invérifiable.
Les Alamans et les Wisigoths
Vers 496, Clovis bat les Alamans ; selon Grégoire de Tours, il aurait promis de se convertir au Dieu de Clotilde s’il remportait la victoire. En 507, il affronte les Wisigoths ariens d’Alaric II, tué à Vouillé, près de Poitiers. L’Aquitaine passe aux Francs ; seule la Septimanie (Languedoc) reste wisigothique, et la Provence est protégée par les Ostrogoths. À la fin de son règne, Clovis élimine aussi les autres rois francs, souvent ses parents, et règne seul sur tous les Francs.
Le baptême de Reims
Contrairement à la plupart des rois germaniques, convertis à l'arianisme (doctrine qui nie l’égalité du Fils et du Père, condamnée par l’Église), Clovis choisit le christianisme catholique (nicéen), religion des Gallo-Romains et des évêques. Il est baptisé par l’évêque Remi à Reims, avec, selon Grégoire de Tours, environ 3 000 guerriers. La date traditionnelle est Noël 496, mais les historiens proposent aussi 498, 499 ou jusqu’à 508.
Ce choix a des conséquences durables :
- les évêques, qui encadrent les cités gallo-romaines, deviennent ses alliés ;
- la guerre contre les Wisigoths ariens peut être présentée comme une guerre juste ;
- la monarchie franque se lie à l’Église, ce que la tradition résume en faisant de la France la « fille aînée de l’Église ».
Plus tard naît la légende de la sainte Ampoule, fiole d’huile apportée par une colombe pour le baptême : elle servira au sacre des rois de France à Reims, de Louis VII à Charles X.
Gouverner : Paris, la loi salique et le concile d’Orléans
Clovis installe sa résidence à Paris, où il fait construire une basilique dédiée aux Saints-Apôtres (plus tard Sainte-Geneviève), où il est inhumé. Il fait mettre par écrit la coutume des Francs saliens, la loi salique (Pactus legis salicae), recueil de règles fixant surtout des compensations en argent pour les délits. La clause qui exclut les filles de l’héritage de la terre servira bien plus tard, au XIVe siècle, à justifier l’exclusion des femmes du trône (voir Capétiens).
En 511, il réunit à Orléans un concile d’évêques qui règle les relations entre le roi et l’Église. Il meurt peu après.
Le partage du royaume
Selon la coutume franque, le royaume est considéré comme un patrimoine. À la mort de Clovis, il est partagé entre ses quatre fils : Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire, avec pour capitales Reims, Orléans, Paris et Soissons. Ces partages répétés, suivis de guerres entre frères, caractérisent toute la période mérovingienne.
Clovis, fondateur de la France ?
Clovis n’est pas roi de « France » : le mot n’existe pas encore, et son royaume s’étend aussi sur une partie de l’Allemagne et de la Belgique actuelles. Mais trois héritages en font une figure fondatrice dans la mémoire nationale : l’unification de la Gaule, l’alliance avec l’Église et le choix de Paris. Au XIXe siècle, les manuels de la Troisième République en font un des premiers personnages de l’histoire de France, après les Gaulois. En 1996, le 1 500e anniversaire supposé du baptême a donné lieu à des commémorations à Reims.
Questions fréquentes
Clovis est-il le premier roi de France ?
C’est le premier roi des Francs dont le règne est bien connu et qui domine presque toute la Gaule. Le titre de « roi de France » (rex Franciae) n’apparaît qu’au début du XIIIe siècle, sous Philippe Auguste. La liste des souverains figure dans la fiche rois de France.
Pourquoi Clovis s’est-il fait baptiser ?
Les sources évoquent l’influence de sa femme Clotilde et un vœu fait pendant une bataille. Les historiens soulignent surtout l’intérêt politique : obtenir l’appui des évêques et de la population gallo-romaine, catholique.
Où Clovis est-il enterré ?
À Paris, dans la basilique des Saints-Apôtres qu’il avait fondée, devenue l’abbaye Sainte-Geneviève. L’église a été détruite au début du XIXe siècle ; son emplacement correspond à la rue Clovis, près du Panthéon.
Quelle est l’histoire du vase de Soissons ?
Après la victoire de 486, un guerrier franc brise d’un coup de hache un vase précieux que Clovis voulait rendre à un évêque. Un an plus tard, le roi le tue en lui rappelant le vase. L’anecdote vient de Grégoire de Tours.