Histoire · Histoire de France
La Résistance française
La Résistance désigne l’ensemble des Français qui, de 1940 à 1944, ont combattu l’occupation allemande et le régime de Vichy, depuis Londres avec la France libre du général de Gaulle ou clandestinement en France.
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La Résistance française regroupe les actions menées entre 1940 et 1944 contre l’occupant allemand et le régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle prend deux formes : la Résistance extérieure, incarnée par la France libre du général de Gaulle, qui poursuit le combat aux côtés des Alliés depuis Londres, et la Résistance intérieure, clandestine, faite de mouvements, de réseaux et de maquis. Très minoritaire en 1940, elle s’étoffe à partir de 1942-1943, s’unifie sous l’autorité de Jean Moulin au sein du Conseil national de la Résistance (CNR) et participe activement à la Libération en 1944.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 17 juin 1940 | Le préfet Jean Moulin refuse de signer un document infamant imposé par les Allemands |
| 18 juin 1940 | Appel du général de Gaulle sur la BBC |
| 11 novembre 1940 | Manifestation d’étudiants et de lycéens à l’Arc de triomphe |
| 1940-1941 | Naissance des premiers mouvements (Combat, Libération, Franc-Tireur) |
| Mai-juin 1941 | Grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais |
| Juin 1941 | Entrée massive des communistes dans la lutte armée après l’invasion de l’URSS |
| 1er janvier 1942 | Jean Moulin parachuté en France |
| Juillet 1942 | La France libre devient la France combattante |
| Janvier 1943 | Création des Mouvements unis de la Résistance (MUR) |
| Février 1943 | Le STO pousse les réfractaires vers les maquis |
| 27 mai 1943 | Première réunion du CNR à Paris |
| 3 juin 1943 | Création du Comité français de libération nationale (CFLN) à Alger |
| 21 juin 1943 | Arrestation de Jean Moulin à Caluire |
| Février 1944 | Création des Forces françaises de l’intérieur (FFI) |
| 15 mars 1944 | Adoption du programme du CNR |
| Mars 1944 | Combats du plateau des Glières |
| Juin-juillet 1944 | Maquis du Vercors |
| 19-25 août 1944 | Insurrection et libération de Paris |
La France libre
Le 18 juin 1940, depuis la BBC à Londres, le général Charles de Gaulle, sous-secrétaire d’État à la Guerre du gouvernement Reynaud, refuse l’armistice et appelle les militaires et les ingénieurs français présents en Grande-Bretagne à le rejoindre : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. » Peu entendu sur le moment, l’appel devient l’acte fondateur de la Résistance. Reconnu par Churchill le 28 juin comme « chef des Français libres », de Gaulle constitue les Forces françaises libres (FFL). Voir Charles de Gaulle.
Des territoires de l’Empire se rallient dès l’été 1940 : Tchad (avec le gouverneur Félix Éboué), Cameroun, Congo, puis l’Afrique-Équatoriale française. Les FFL combattent en Afrique : prise de Koufra par Leclerc (1941), défense de Bir Hakeim par la 1re brigade du général Kœnig (mai-juin 1942). En 1943, le CFLN, présidé par de Gaulle à Alger, devient le gouvernement de fait de la France en guerre ; il prend le nom de Gouvernement provisoire de la République française le 3 juin 1944.
La Résistance intérieure
Les premières actions
En 1940, les premiers résistants sont des individus isolés ou de petits groupes : tracts, journaux clandestins, renseignement, filières d’évasion pour les soldats alliés. Le réseau du musée de l’Homme, démantelé en 1941, est l’un des premiers. Le 11 novembre 1940, des milliers d’étudiants et de lycéens manifestent à l’Étoile, à Paris.
Mouvements et réseaux
| Type | Rôle | Exemples |
|---|---|---|
| Mouvements | Mobiliser l’opinion (presse clandestine), recruter, puis agir militairement | Combat (Henri Frenay), Libération-Sud (Emmanuel d’Astier de La Vigerie), Franc-Tireur, Libération-Nord, Défense de la France, Organisation civile et militaire, Front national (communiste) |
| Réseaux | Missions précises pour les Alliés : renseignement, évasion, action | Confrérie Notre-Dame (colonel Rémy), Alliance (Marie-Madeleine Fourcade), réseaux du BCRA et du SOE britannique |
| Maquis | Groupes armés réfugiés dans les forêts et les montagnes à partir de 1943 | Vercors, Glières, mont Mouchet, Limousin |
Le Parti communiste, d’abord ambigu en raison du pacte germano-soviétique, s’engage massivement après l’invasion de l’URSS (juin 1941) et crée les Francs-tireurs et partisans (FTP). Ses militants paient un très lourd tribut.
Les résistants
Les résistants viennent de tous les milieux : militaires, ouvriers, paysans, étudiants, enseignants, prêtres, catholiques et protestants, communistes, socialistes, nationalistes, étrangers (la « main-d’œuvre immigrée » du groupe Manouchian, dont 23 membres sont condamnés lors du procès de l'« Affiche rouge » et fusillés en février 1944). Les femmes jouent un rôle essentiel, souvent comme agents de liaison : Lucie Aubrac, Germaine Tillion, Berty Albrecht, Danielle Casanova, Geneviève de Gaulle-Anthonioz.
L’unification : Jean Moulin et le CNR
Ancien préfet, Jean Moulin rejoint Londres en 1941 et est parachuté en France le 1er janvier 1942, chargé par de Gaulle d’unifier la Résistance. Il crée des services communs, fusionne les trois grands mouvements de zone sud dans les MUR (janvier 1943) et réunit le 27 mai 1943, rue du Four à Paris, la première séance du Conseil national de la Résistance, qui rassemble mouvements, partis et syndicats et reconnaît l’autorité de De Gaulle. Arrêté le 21 juin 1943 à Caluire, près de Lyon, Jean Moulin est torturé par Klaus Barbie et meurt lors de son transfert vers l’Allemagne début juillet 1943. Ses cendres entrent au Panthéon le 19 décembre 1964, avec le discours d’André Malraux.
Le programme du CNR, adopté le 15 mars 1944, prévoit un plan d’action immédiate et des réformes pour l’après-guerre : sécurité sociale, nationalisations, liberté de la presse, droit de vote des femmes.
La Résistance dans la Libération
En 1944, les groupes armés sont réunis dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI), qui comptent plusieurs centaines de milliers de membres à l’été. Lors du débarquement de Normandie, la Résistance sabote voies ferrées et lignes téléphoniques (plan Vert, plan Violet) et harcèle les troupes allemandes. La répression est féroce : massacres de Tulle (99 pendus, 9 juin 1944) et d'Oradour-sur-Glane (643 morts, 10 juin 1944) par la division SS Das Reich, écrasement du Vercors (juillet 1944).
Le 19 août 1944, les FFI et la police déclenchent l’insurrection de Paris. La 2e division blindée de Leclerc entre dans la capitale le 24 au soir ; le général von Choltitz capitule le 25 août. Le même jour, de Gaulle déclare à l’Hôtel de Ville : « Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France. »
Le bilan
- Militaire : la Résistance a fourni aux Alliés un renseignement précieux et retardé les renforts allemands en 1944. Le général Eisenhower a estimé que son action avait valu l’équivalent de plusieurs divisions.
- Politique : elle a permis à la France de figurer parmi les vainqueurs et de restaurer la République sans administration militaire alliée.
- Social : le programme du CNR inspire les grandes réformes de 1944-1946 (Sécurité sociale, droit de vote des femmes, nationalisations).
- Humain : des dizaines de milliers de résistants sont fusillés, morts au combat ou en déportation.
L'ordre de la Libération, créé par de Gaulle en 1940, compte 1 038 compagnons, cinq communes et 18 unités combattantes.
Questions fréquentes
Combien y avait-il de résistants en France ?
Les estimations varient selon la définition retenue. Les résistants actifs se comptent en centaines de milliers, une petite minorité de la population, mais le nombre de personnes qui ont aidé ponctuellement la Résistance (hébergement, ravitaillement, silence) est bien supérieur. Elle reste minoritaire jusqu’en 1943-1944.
Qui était Jean Moulin ?
Un préfet républicain (1899-1943), chargé par de Gaulle d’unifier la Résistance intérieure. Fondateur du CNR, il est arrêté à Caluire en juin 1943 et meurt des suites des tortures infligées par la Gestapo.
Qu’est-ce que l’appel du 18 juin ?
C’est le discours prononcé par le général de Gaulle sur la BBC à Londres le 18 juin 1940, appelant à refuser l’armistice et à poursuivre la guerre. Il est considéré comme l’acte fondateur de la France libre.
Qu’est-ce qu’un maquis ?
Un groupe de résistants armés réfugiés dans des zones boisées ou montagneuses. Les maquis se multiplient en 1943 avec l’arrivée de jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire.