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Histoire · XXe siècle

Le débarquement de Normandie

Le 6 juin 1944, jour J, les Alliés débarquent sur les côtes de Normandie lors de l’opération Overlord. C’est la plus grande opération amphibie de l’histoire ; elle ouvre le front de l’Ouest contre l’Allemagne nazie.

Mis à jour le 5 min de lecture

Le débarquement de Normandie a lieu le 6 juin 1944, le « Jour J » (D-Day en anglais). Dans le cadre de l'opération Overlord, dirigée par le général américain Dwight D. Eisenhower, environ 156 000 soldats alliés — américains, britanniques, canadiens, ainsi que des Français libres, des Polonais et d’autres nationalités — débarquent par mer et par air sur cinq plages entre Cotentin et estuaire de l’Orne. Appuyé par près de 7 000 navires et plus de 11 000 avions, c’est la plus grande opération amphibie de l’histoire. Elle ouvre un second front à l’Ouest, réclamé par Staline, et conduit, après une bataille de Normandie de près de trois mois, à la libération de Paris le 25 août 1944. Voir le contexte général dans la fiche Seconde Guerre mondiale.

Chronologie

DateÉvénement
Août 1942Échec du raid sur Dieppe, principalement canadien
Novembre – décembre 1943Conférence de Téhéran : décision d’un débarquement en France en 1944
Décembre 1943Eisenhower nommé commandant suprême
1er et 5 juin 1944La BBC diffuse les vers de Verlaine annonçant le débarquement à la Résistance
5 juin 1944Eisenhower confirme l’opération malgré la météo
Nuit du 5 au 6 juinParachutages aéroportés ; prise du pont de Bénouville (Pegasus Bridge)
6 juin 1944Jour J : débarquement sur les cinq plages
14 juin 1944De Gaulle à Bayeux, première ville libérée d’importance
26-27 juin 1944Prise de Cherbourg
9 juillet – 19 juillet 1944Prise de Caen (rive nord puis sud)
25 juillet 1944Opération Cobra : percée américaine près de Saint-Lô
1er août 1944Débarquement de la 2e DB de Leclerc à Utah Beach
19-21 août 1944Fermeture de la poche de Falaise
25 août 1944Libération de Paris

La préparation

Pourquoi la Normandie ?

Les Allemands attendent le débarquement dans le Pas-de-Calais, point le plus proche de l’Angleterre. Les Alliés choisissent la Normandie : plages larges, côtes moins fortifiées, distance acceptable des ports et aérodromes anglais. Le Mur de l’Atlantique, ligne de fortifications construite par l’organisation Todt et renforcée par le maréchal Rommel, y est moins dense.

Une opération de diversion

L'opération Fortitude fait croire aux Allemands que l’attaque principale viendra sur le Pas-de-Calais : fausse armée commandée par le général Patton, chars gonflables, faux messages radio, agents doubles. Même après le 6 juin, Hitler garde longtemps des divisions en réserve dans le Nord.

Une logistique colossale

Plus de 2 millions d’hommes sont rassemblés en Grande-Bretagne. Les Alliés construisent des ports artificiels préfabriqués (Mulberry), dont l’un est installé à Arromanches, et prévoient un oléoduc sous la Manche (PLUTO). La Résistance française est chargée de saboter voies ferrées et lignes téléphoniques (voir Résistance française).

Le choix de la date

Il faut une nuit de pleine lune pour les parachutistes et une marée basse à l’aube pour éviter les obstacles des plages. Le débarquement, prévu le 5 juin, est repoussé de 24 heures à cause de la tempête. Sur la foi d’une brève accalmie annoncée par les météorologues, Eisenhower donne l’ordre définitif le 5 juin au matin.

Le Jour J

Les parachutages

Dans la nuit du 5 au 6 juin, environ 24 000 parachutistes et troupes aéroportées sont largués : la 6e division aéroportée britannique à l’est, sur l’Orne (prise du pont de Bénouville, le Pegasus Bridge), les 82e et 101e divisions américaines à l’ouest, dans le Cotentin, où Sainte-Mère-Église est l’une des premières communes libérées.

Les cinq plages

PlageArméeRepère
UtahAméricainePertes relativement faibles grâce à une dérive favorable
OmahaAméricaineLa plus meurtrière : environ 2 000 à 2 400 tués, blessés et disparus
GoldBritanniqueArromanches, futur port artificiel
JunoCanadienneEnviron 14 000 Canadiens débarqués ; un millier de pertes, dont près de 360 tués
SwordBritanniqueAvec les 177 Français du commando Kieffer, à Ouistreham

Les assauts commencent à 6 h 30 sur les plages américaines, un peu plus tard sur les plages britanniques et canadienne, en raison de la marée. À Omaha Beach, les soldats, dont beaucoup de chars amphibies ont coulé, sont cloués sur la plage par le feu allemand pendant des heures. À la pointe du Hoc, des Rangers escaladent la falaise pour neutraliser une batterie. Le soir du 6 juin, les Alliés tiennent des têtes de pont sur les cinq plages, sans avoir atteint tous leurs objectifs (Caen reste allemande).

Les forces en présence

AlliésAllemands
CommandementEisenhower (suprême), Montgomery (forces terrestres)Rundstedt (Ouest), Rommel (groupe d’armées B)
Hommes engagés le 6 juinenviron 156 000 débarquésplusieurs divisions d’infanterie côtière et une division blindée à proximité
Naviresprès de 7 000
Avionsplus de 11 000quelques centaines

Le jour J, Rommel est absent, en Allemagne pour l’anniversaire de sa femme, et Hitler tarde à engager les divisions blindées de réserve.

La bataille de Normandie

Les Alliés mettent plusieurs semaines à percer : le bocage normand, avec ses haies, favorise la défense. Cherbourg est prise fin juin, Caen, objectif du premier jour, n’est libérée qu’en juillet après de terribles bombardements. L'opération Cobra (25 juillet) permet aux Américains de percer près de Saint-Lô ; la 3e armée de Patton se répand en Bretagne et vers la Loire. La contre-attaque allemande de Mortain échoue, et les forces allemandes sont encerclées dans la poche de Falaise (19-21 août). Le 15 août, un second débarquement a lieu en Provence. Le 25 août, la 2e DB de Leclerc et la 4e division américaine entrent dans Paris.

Le bilan

  • Pertes alliées le 6 juin : environ 10 000 tués, blessés et disparus, dont environ 4 400 tués.
  • Bataille de Normandie (juin-août) : environ 37 000 tués du côté allié et des pertes allemandes considérables (tués, blessés et environ 200 000 prisonniers).
  • Civils normands : environ 20 000 morts, principalement sous les bombardements alliés ; des villes comme Caen, Saint-Lô, Le Havre ou Lisieux sont en grande partie détruites.

Le débarquement accélère la défaite allemande, qui doit désormais combattre sur deux fronts, et permet à la France de se libérer avec l’appui de ses propres forces et de la Résistance, sous l’autorité du Gouvernement provisoire du général de Gaulle.

Mémoire

Les plages du débarquement, les cimetières militaires (cimetière américain de Colleville-sur-Mer, cimetières britanniques, canadiens, allemands) et de nombreux musées attirent chaque année des millions de visiteurs. Les commémorations du 6 juin réunissent les chefs d’État alliés, et depuis 2004 les dirigeants allemands y sont invités.

Questions fréquentes

Que signifie « Jour J » ?

C’est le terme militaire qui désigne le jour du déclenchement d’une opération, tenu secret (D-Day en anglais). Il est resté associé au 6 juin 1944.

Combien de soldats ont débarqué le 6 juin 1944 ?

Environ 156 000 soldats alliés, par mer et par air. Le cap du million de soldats débarqués en Normandie est atteint début juillet.

Quelles sont les cinq plages du débarquement ?

D’ouest en est : Utah et Omaha (américaines), Gold (britannique), Juno (canadienne) et Sword (britannique, avec le commando français Kieffer).

Des Français ont-ils participé au débarquement ?

Oui. Les 177 fusiliers marins du commando Kieffer débarquent à Ouistreham le 6 juin ; des parachutistes SAS français sont largués en Bretagne ; des navires et aviateurs des Forces françaises libres participent à l’opération. La 2e division blindée débarque le 1er août.

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