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Histoire · XXe siècle

La guerre du Vietnam

La guerre du Vietnam oppose de 1955 à 1975 le Nord communiste et le Viêt-cong au Vietnam du Sud soutenu par les États-Unis. Elle s’achève par la chute de Saïgon et la réunification du pays.

Mis à jour le 6 min de lecture

La guerre du Vietnam (appelée au Vietnam « guerre de résistance contre l’Amérique ») est l’un des conflits majeurs de la guerre froide. Elle oppose la République démocratique du Vietnam (Nord), communiste, dirigée par Hô Chi Minh, et le Front national de libération du Sud (le « Viêt-cong »), à la République du Vietnam (Sud), soutenue militairement par les États-Unis. Commencée comme une guerre civile après la partition de 1954, elle s’internationalise avec l’engagement massif américain à partir de 1965 : plus de 500 000 soldats américains sont présents au Vietnam en 1968. Après les accords de Paris (1973) et le retrait américain, Saïgon tombe le 30 avril 1975. Le Vietnam est réunifié en 1976 sous un régime communiste.

Chronologie

DateÉvénement
2 septembre 1945Hô Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam
1946-1954Guerre d’Indochine contre la France
7 mai 1954Défaite française de Diên Biên Phu
Juillet 1954Accords de Genève : partition au 17e parallèle
1955Proclamation de la République du Vietnam (Sud), dirigée par Ngô Dinh Diêm
1959Ouverture de la piste Hô Chi Minh
Décembre 1960Création du Front national de libération (Viêt-cong)
1961-1963Kennedy augmente le nombre de conseillers militaires
Novembre 1963Assassinat de Diêm, puis de Kennedy
Août 1964Incidents du golfe du Tonkin ; résolution du Congrès
Mars 1965Débarquement des premiers Marines à Da Nang ; bombardements du Nord
30 janvier 1968Offensive du Têt
Mars 1968Massacre de My Lai
1969Nixon lance la « vietnamisation » ; mort de Hô Chi Minh
1970Intervention au Cambodge ; fusillade de l’université de Kent State
27 janvier 1973Accords de paix de Paris
Mars 1973Départ des dernières troupes combattantes américaines
30 avril 1975Chute de Saïgon
2 juillet 1976Réunification : République socialiste du Vietnam

Les origines

De la guerre d’Indochine à la partition

Colonie française depuis le XIXe siècle (voir colonisation), le Vietnam est occupé par le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Le 2 septembre 1945, le chef communiste Hô Chi Minh proclame l’indépendance à Hanoï. La France refuse de perdre sa colonie : la guerre d’Indochine (1946-1954) s’achève par la défaite de Diên Biên Phu face au général Giáp. Les accords de Genève (juillet 1954) partagent provisoirement le Vietnam au 17e parallèle et prévoient des élections de réunification en 1956, qui n’auront jamais lieu.

L’engagement américain

Pour les États-Unis, il faut endiguer le communisme en Asie après la victoire de Mao en Chine (1949) et la guerre de Corée. Selon la théorie des dominos, formulée par le président Eisenhower en 1954, la chute d’un pays entraînerait celle de ses voisins. Washington soutient donc le régime autoritaire de Ngô Dinh Diêm au Sud. Le Nord, appuyé par l’URSS et la Chine, soutient une guérilla au Sud, ravitaillée par la piste Hô Chi Minh, à travers le Laos et le Cambodge.

Le déroulement

1955-1964 : une guerre civile soutenue de l’extérieur

Le régime de Diêm, impopulaire, réprime les communistes et les bouddhistes (des moines s’immolent par le feu en 1963). Le Viêt-cong se développe dans les campagnes. Le président Kennedy fait passer le nombre de conseillers militaires américains de moins d’un millier à environ 16 000. Diêm est renversé et tué lors d’un coup d’État militaire en novembre 1963.

1965-1968 : l’escalade américaine

Après les incidents du golfe du Tonkin (août 1964), en partie contestés, le Congrès donne au président Lyndon Johnson une large liberté d’action. À partir de mars 1965, les États-Unis bombardent le Nord (opération Rolling Thunder) et envoient des troupes de combat : 536 000 soldats au maximum en 1968. L’armée américaine utilise des moyens considérables : bombardements massifs, napalm, défoliants comme l'agent orange, opérations de « recherche et destruction ». Le Viêt-cong pratique la guérilla, à partir de réseaux de tunnels et de l’appui d’une partie de la population.

1968 : le tournant de l’offensive du Têt

Le 30 janvier 1968, pendant la trêve du Nouvel An vietnamien (Têt), le Nord et le Viêt-cong attaquent simultanément plus d’une centaine de villes du Sud, dont Saïgon, où l’ambassade américaine est brièvement assaillie, et Hué. Militairement, l’offensive est un échec pour les communistes, qui subissent de lourdes pertes. Mais politiquement, elle est décisive : elle montre aux Américains que la victoire n’est pas proche. Johnson renonce à se représenter et ouvre des négociations à Paris. La révélation du massacre de My Lai (mars 1968, environ 500 civils tués par des soldats américains) renforce l’opposition à la guerre.

1969-1975 : retrait américain et victoire du Nord

Le président Richard Nixon engage la « vietnamisation » : retrait progressif des troupes américaines et transfert du combat à l’armée sud-vietnamienne, tout en étendant les bombardements au Cambodge et au Laos. Les accords de Paris, signés le 27 janvier 1973 après des négociations menées par Henry Kissinger et Lê Duc Tho, permettent le départ des dernières troupes américaines. Les combats reprennent entre Vietnamiens. En 1975, l’offensive nord-vietnamienne balaie le Sud : Saïgon tombe le 30 avril 1975 ; les images de l’évacuation par hélicoptère de l’ambassade américaine font le tour du monde. La ville est rebaptisée Hô Chi Minh-Ville.

L’opposition à la guerre

La guerre du Vietnam est la première guerre largement télévisée. Les images de violences, les pertes croissantes et la conscription provoquent un vaste mouvement d’opposition aux États-Unis : manifestations étudiantes, refus de la conscription, marches sur Washington. En 1970, à l’université de Kent State (Ohio), la garde nationale tue quatre étudiants lors d’une manifestation. Dans le monde entier, la guerre mobilise la jeunesse et nourrit les révoltes de 1968, dont Mai 68 en France. Le général de Gaulle critique l’intervention américaine dans son discours de Phnom Penh (1966). La publication des Pentagon Papers (1971) révèle que les gouvernements successifs ont trompé l’opinion.

Le bilan

BilanEstimation
Soldats américains tuésenviron 58 000
Militaires sud-vietnamiens tuésenviron 250 000
Combattants nord-vietnamiens et Viêt-cong tuésplusieurs centaines de milliers à plus d’un million
Civils vietnamiens tuésplusieurs centaines de milliers à deux millions selon les sources
Bombes larguées sur l’Indochineplus de 7 millions de tonnes

Les conséquences

  • Réunification du Vietnam sous un régime communiste (1976) ; rééducation et exode de centaines de milliers de « boat people » à partir de 1978.
  • Victoire des communistes au Laos et au Cambodge (1975), où les Khmers rouges commettent un génocide qui fait environ 1,7 million de morts entre 1975 et 1979.
  • Traumatisme américain (« syndrome du Vietnam ») : méfiance envers les interventions militaires extérieures, fin de la conscription (1973), loi limitant les pouvoirs de guerre du président (War Powers Resolution, 1973).
  • Séquelles humaines et environnementales : contamination par l’agent orange, mines et munitions non explosées.

Questions fréquentes

Pourquoi les États-Unis sont-ils intervenus au Vietnam ?

Pour empêcher l’extension du communisme en Asie du Sud-Est, au nom de la politique d’endiguement et de la théorie des dominos. Ils voulaient soutenir le Vietnam du Sud face au Nord communiste et au Viêt-cong.

Qui a gagné la guerre du Vietnam ?

Le Vietnam du Nord et le Viêt-cong. Après le retrait américain de 1973, l’armée nord-vietnamienne a conquis le Sud et pris Saïgon le 30 avril 1975.

Quelle est la différence entre la guerre d’Indochine et la guerre du Vietnam ?

La guerre d’Indochine (1946-1954) oppose la France au Viêt-minh et se termine par la décolonisation. La guerre du Vietnam (1955-1975) oppose le Nord et le Sud du pays, ce dernier soutenu par les États-Unis.

Combien de soldats américains sont morts au Vietnam ?

Environ 58 000. Leurs noms sont gravés sur le Vietnam Veterans Memorial, à Washington.

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