Histoire · XXe siècle
Nicolas II
Nicolas II (1868–1918) est le dernier empereur de Russie. Il règne de 1894 à 1917, abdique pendant la révolution de Février et est exécuté avec sa famille par les bolcheviks en juillet 1918.
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Nicolas II, né le 18 mai 1868 à Tsarskoïe Selo et mort le 17 juillet 1918 à Iekaterinbourg, est le dernier tsar de la dynastie des Romanov, qui régnait sur la Russie depuis 1613. Souverain attaché à l’autocratie, peu préparé à gouverner, il affronte une défaite contre le Japon, une première révolution en 1905, puis la Première Guerre mondiale, qui provoque la chute du régime. Son exécution avec sa femme et ses cinq enfants est l’un des épisodes les plus sombres de la révolution russe.
Fiche d’identité
| Repère | Donnée |
|---|---|
| Dynastie | Romanov |
| Père | Alexandre III |
| Règne | 1er novembre 1894 – 15 mars 1917 |
| Épouse | Alix de Hesse, devenue Alexandra Feodorovna, petite-fille de la reine Victoria |
| Enfants | Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et Alexis, héritier hémophile |
| Abdication | 15 mars 1917 (2 mars selon le calendrier julien) |
| Mort | nuit du 16 au 17 juillet 1918, exécuté à Iekaterinbourg |
Un règne mal commencé
Nicolas devient tsar à 26 ans, à la mort inattendue de son père, et se dit lui-même mal préparé. Il épouse aussitôt Alix de Hesse. Lors des festivités du couronnement à Moscou, en mai 1896, une bousculade au champ de Khodynka fait plus d’un millier de morts ; le couple impérial assiste pourtant le soir même à un bal à l’ambassade de France, ce qui choque l’opinion.
Nicolas renforce l'alliance franco-russe : lors de sa visite à Paris en 1896, il pose la première pierre du pont Alexandre-III. À l’intérieur, il rejette toute idée de constitution, qualifiée de « rêverie insensée ».
1904 – 1905 : la défaite et la révolution
| Date | Événement |
|---|---|
| 1904 – 1905 | Guerre contre le Japon ; chute de Port-Arthur, destruction de la flotte russe à Tsoushima (mai 1905) |
| 22 janvier 1905 | Dimanche rouge : la troupe tire sur une manifestation pacifique d’ouvriers venus présenter une pétition au tsar à Saint-Pétersbourg |
| 1905 | Grèves, mutineries (cuirassé Potemkine), soulèvements paysans |
| Octobre 1905 | Manifeste d’Octobre : le tsar promet des libertés et une assemblée élue, la Douma |
Nicolas revient vite sur ces concessions et dissout plusieurs Doumas. Son Premier ministre Piotr Stolypine mène une réforme agraire et une répression sévère, jusqu’à son assassinat en 1911.
Raspoutine et la cour
Le tsarévitch Alexis, né en 1904, est atteint d'hémophilie, transmise par sa mère. L’impératrice, désespérée, s’en remet à Grigori Raspoutine, moine errant sibérien qui semble soulager l’enfant. Son influence à la cour, ses mœurs et ses interventions politiques scandalisent l’aristocratie et l’opinion. Il est assassiné par des nobles en décembre 1916.
La guerre et la chute
En 1914, la Russie entre en guerre aux côtés de la France et du Royaume-Uni. Les défaites se succèdent. En septembre 1915, Nicolas prend lui-même le commandement suprême de l’armée et part au quartier général de Moguilev, laissant l’impératrice, d’origine allemande et impopulaire, et Raspoutine peser sur les nominations de ministres.
En mars 1917 (février selon le calendrier julien), des émeutes de la faim à Petrograd se transforment en révolution : les soldats se joignent aux manifestants. Lâché par ses généraux, Nicolas abdique le 15 mars, pour lui et pour son fils, en faveur de son frère Michel, qui refuse la couronne. La monarchie s’effondre.
Captivité et exécution
| Période | Lieu de détention |
|---|---|
| Mars – août 1917 | Palais Alexandre, à Tsarskoïe Selo, sous le Gouvernement provisoire |
| Août 1917 – avril 1918 | Tobolsk, en Sibérie |
| Avril – juillet 1918 | Maison Ipatiev, à Iekaterinbourg, sous garde bolchevique |
Le Royaume-Uni, sollicité, renonce à accueillir la famille. Après la prise du pouvoir par Lénine et alors que des troupes antibolcheviques approchent d’Iekaterinbourg, la famille impériale est exécutée dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, dans la cave de la maison Ipatiev : Nicolas, Alexandra, leurs cinq enfants, leur médecin et trois serviteurs. Les corps sont détruits et enterrés en secret.
Les restes et la mémoire
Les restes de la plupart des victimes sont découverts près d’Iekaterinbourg à la fin des années 1970, puis exhumés en 1991 et identifiés par l’ADN. Ils sont inhumés en 1998 dans la cathédrale Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg. Ceux d’Alexis et de Maria sont retrouvés en 2007. Les tests ADN ont aussi définitivement écarté les prétentions d’Anna Anderson, qui se faisait passer pour Anastasia rescapée.
En 2000, l’Église orthodoxe russe a canonisé Nicolas II et sa famille comme « porteurs de la passion ».
Questions fréquentes
Pourquoi Nicolas II a-t-il abdiqué ?
Face à la révolution de Février 1917 et à l’abandon de l’armée, ses généraux lui ont conseillé de renoncer au trône pour éviter la guerre civile en pleine guerre mondiale.
Qui a tué la famille du tsar ?
Un détachement bolchevique commandé par Iakov Iourovski, sur décision des autorités soviétiques locales, avec l’accord de Moscou selon la plupart des historiens.
Anastasia a-t-elle survécu ?
Non. Les analyses ADN des restes retrouvés en 1991 et en 2007 ont montré que tous les enfants avaient été tués.
Quel était le lien entre Nicolas II et la reine Victoria ?
Son épouse Alexandra était la petite-fille de Victoria. Nicolas était aussi le cousin germain du roi George V.