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Histoire · Histoire de France

Maximilien de Robespierre

Maximilien de Robespierre (1758-1794), surnommé l’Incorruptible, est membre du Comité de salut public en 1793-1794 et une figure centrale de la Terreur. Il est guillotiné après le 9 thermidor.

Mis à jour le 4 min de lecture

Maximilien de Robespierre (1758-1794) est l’un des principaux acteurs de la Révolution française. Avocat à Arras, député du tiers état en 1789, orateur influent du club des Jacobins, il défend le suffrage universel et les droits des plus pauvres. Membre du Comité de salut public à partir de juillet 1793, il justifie la Terreur comme une nécessité face aux ennemis de la République. Renversé par une coalition de députés le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), il est guillotiné le lendemain. Il reste l’une des figures les plus controversées de l’histoire de France.

Repères

DateÉvénement
6 mai 1758Naissance à Arras
1769-1781Boursier au collège Louis-le-Grand à Paris, puis études de droit
1781Avocat à Arras
1789Élu député du tiers état de l’Artois aux États généraux
1791Plaide contre la peine de mort et contre le suffrage censitaire
1791-1792S’oppose à la guerre voulue par les Girondins
Septembre 1792Député de Paris à la Convention
Décembre 1792Réclame la mort du roi sans procès
27 juillet 1793Entre au Comité de salut public
Mars-avril 1794Élimination des hébertistes puis des dantonistes
8 juin 1794Fête de l’Être suprême
10 juin 1794Loi du 22 prairial : début de la Grande Terreur
27 juillet 17949 thermidor : arrestation
28 juillet 1794Exécution avec Saint-Just, Couthon et leurs partisans

Un avocat d’Arras

Orphelin de mère à six ans, abandonné par son père, Maximilien est élevé par ses grands-parents et obtient une bourse pour le prestigieux collège Louis-le-Grand, où il est l’un des meilleurs élèves. Avocat à Arras, admirateur de Rousseau, il se fait connaître par des plaidoiries et des mémoires. En 1789, il est élu aux États généraux.

Le défenseur des principes (1789-1792)

À l’Assemblée constituante, Robespierre est souvent minoritaire mais constant. Il défend :

  • le suffrage universel masculin, contre le système censitaire qui distingue citoyens actifs et passifs ;
  • les droits civiques des comédiens, des protestants et des Juifs, et l’abolition de l’esclavage (« Périssent les colonies plutôt qu’un principe », formule souvent citée à propos de ce débat de mai 1791, dont l’attribution exacte est discutée) ;
  • l'abolition de la peine de mort, qu’il réclame en mai 1791 ;
  • la non-rééligibilité des constituants à l’Assemblée suivante, qu’il fait adopter.

Son intégrité et la simplicité de sa vie, chez le menuisier Duplay rue Saint-Honoré, lui valent le surnom d'Incorruptible. Au club des Jacobins, il devient une figure majeure. En 1791-1792, il s’oppose aux Girondins de Brissot qui veulent la guerre, prédisant que les peuples n’aiment pas les « missionnaires armés ».

Le Montagnard (1792-1793)

Élu député de Paris à la Convention, il siège avec la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il soutient que le roi doit être exécuté sans jugement, au nom du salut public : « Louis doit mourir parce qu’il faut que la patrie vive. » Il contribue à l’élimination des Girondins, arrêtés le 2 juin 1793 sous la pression des sections parisiennes.

Au Comité de salut public (1793-1794)

Entré au Comité de salut public le 27 juillet 1793, Robespierre n’est pas un dictateur : le Comité compte douze membres qui décident collégialement, et d’autres (Carnot, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois) y pèsent autant que lui. Mais il en est la voix politique. Dans son discours de février 1794 sur les principes de morale politique, il lie la vertu et la terreur : la terreur sans la vertu serait funeste, la vertu sans la terreur impuissante.

Il s’attaque aux factions : les hébertistes (ultra-révolutionnaires) sont guillotinés en mars 1794, puis les indulgents de Danton et Camille Desmoulins en avril. Il fait instituer le culte de l’Être suprême, religion civique déiste, célébré le 8 juin 1794. Deux jours plus tard, la loi du 22 prairial supprime les garanties des accusés devant le Tribunal révolutionnaire : c’est la « Grande Terreur », qui fait plus de 1 300 victimes à Paris en sept semaines. Voir la Terreur.

Le 9 thermidor et la mort

Le 8 thermidor (26 juillet 1794), Robespierre dénonce à la Convention des « fripons » sans les nommer : de nombreux députés se sentent menacés. Le lendemain, 9 thermidor an II, une coalition hétéroclite, de députés modérés à d’anciens terroristes rappelés de mission comme Fouché, Barras ou Tallien, l’empêche de parler et vote son arrestation, avec son frère Augustin, Saint-Just, Couthon et Le Bas. Libérés et réfugiés à l’hôtel de ville, ils sont repris dans la nuit ; Robespierre a la mâchoire fracassée par une balle. Il est guillotiné le 10 thermidor (28 juillet 1794) place de la Révolution avec 21 de ses partisans ; plus de 80 autres suivent les jours suivants.

Un héritage disputé

Pour certains historiens et courants politiques, Robespierre est le défenseur intransigeant de la démocratie et de l’égalité, devenu bouc émissaire des thermidoriens qui lui ont attribué la responsabilité de toute la Terreur. Pour d’autres, il incarne la dérive d’une politique de la vertu qui justifie l’élimination des adversaires. Les historiens contemporains soulignent la dimension collective de la Terreur et le rôle des circonstances (guerre extérieure, guerre civile, crise économique), sans effacer sa responsabilité personnelle.

Questions fréquentes

Pourquoi Robespierre est-il surnommé l’Incorruptible ?

Parce qu’il passait pour insensible à l’argent et aux honneurs, vivait modestement et défendait ses principes avec constance. Le surnom lui est donné dès 1791.

Robespierre était-il contre la peine de mort ?

Oui, en 1791, il prononce un discours pour son abolition. Il justifie pourtant l’exécution du roi en 1792 comme une exception imposée par le salut public, puis la Terreur en 1793-1794.

Où Robespierre est-il enterré ?

Son corps a été jeté dans une fosse commune au cimetière des Errancis, à Paris, recouvert de chaux. Ses restes ont été transférés plus tard aux catacombes de Paris.

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