Histoire · Histoire de France
La libération de Paris
Paris est libéré du 19 au 25 août 1944 par l’insurrection des résistants et l’arrivée de la 2e division blindée de Leclerc, appuyée par les Américains. Von Choltitz capitule le 25 août.
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La libération de Paris se déroule du 19 au 25 août 1944, après quatre ans d’occupation allemande. Elle combine une insurrection lancée par la Résistance intérieure, les Forces françaises de l’intérieur (FFI) dirigées par le colonel Rol-Tanguy, et l’intervention de la 2e division blindée (2e DB) du général Leclerc, suivie de la 4e division d’infanterie américaine. Le 25 août, le commandant allemand du Grand Paris, le général Dietrich von Choltitz, capitule. Le soir même, le général de Gaulle prononce à l’hôtel de ville son discours « Paris libéré ! ».
Le contexte
Après le débarquement de Normandie (6 juin 1944) et la percée d’Avranches (fin juillet), les armées alliées progressent vers la Seine. Le commandant en chef Eisenhower prévoit de contourner Paris pour ne pas s’enliser dans des combats de rue et ne pas avoir à nourrir la population. Mais pour de Gaulle, chef du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), la capitale doit être libérée rapidement, par des Français, pour asseoir son autorité et éviter que le pouvoir ne tombe aux mains des Alliés ou des communistes.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 10 août 1944 | Grève des cheminots |
| 15 août 1944 | Grève de la police ; débarquement allié en Provence |
| 18 août 1944 | Appel à la grève générale et à la mobilisation des FFI |
| 19 août 1944 | Les policiers résistants occupent la préfecture de police ; début de l’insurrection |
| 20 août 1944 | Occupation de l’hôtel de ville ; trêve négociée par le consul de Suède Raoul Nordling, contestée |
| 22 août 1944 | Appel aux barricades ; Eisenhower autorise Leclerc à marcher sur Paris |
| 24 août 1944, vers 21 h 20 | Le détachement du capitaine Dronne atteint l’hôtel de ville |
| 25 août 1944 | Entrée de la 2e DB et des Américains ; reddition de von Choltitz ; discours de De Gaulle |
| 26 août 1944 | Descente des Champs-Élysées ; Magnificat à Notre-Dame |
L’insurrection (19-24 août)
Les mouvements de résistance, unis au sein du Comité parisien de libération, déclenchent l’insurrection. Le 19 août au matin, environ 2 000 policiers en grève prennent la préfecture de police, dans l’île de la Cité. Les FFI, sous l’autorité du colonel Henri Rol-Tanguy, communiste, chef des FFI d’Île-de-France, attaquent des véhicules et des postes allemands. Le délégué général du GPRF, Alexandre Parodi, et le délégué militaire national, Jacques Chaban-Delmas, représentent de Gaulle.
Les insurgés manquent d’armes face à une garnison allemande d’environ 20 000 hommes, avec des chars. Une trêve négociée le 20 août avec l’aide du consul de Suède, Raoul Nordling, divise la Résistance et est mal respectée. Le 22 août, les rues se couvrent de barricades, environ 600 selon les estimations.
L’arrivée de la 2e DB
Formée en Afrique du Nord autour des Français libres de Leclerc, la 2e DB a débarqué en Normandie début août. Le 22 août, Eisenhower donne son accord pour qu’elle fonce sur Paris. Le 24 au soir, un détachement mené par le capitaine Raymond Dronne, composé en grande partie de républicains espagnols de la 9e compagnie (« la Nueve »), atteint l'hôtel de ville. Les cloches de Notre-Dame sonnent.
Le 25 août, la 2e DB entre par la porte d’Orléans et la porte de Saint-Cloud, tandis que les Américains entrent par l’est. Des combats ont lieu autour du Sénat, de l’École militaire, de la Chambre des députés et de l’hôtel Meurice, siège du commandement allemand. Von Choltitz y est fait prisonnier, puis signe la convention de reddition à la préfecture de police, et l’ordre de cessez-le-feu à la gare Montparnasse, devant Leclerc et Rol-Tanguy.
Paris brûle-t-il ?
Hitler avait ordonné de ne laisser Paris aux Alliés que sous forme d’un « champ de ruines ». Des ponts et des monuments avaient été minés. Von Choltitz n’a pas exécuté l’ordre de destruction. Dans ses mémoires, il s’est présenté comme le sauveur de Paris ; les historiens nuancent ce récit en soulignant qu’il manquait aussi de moyens et que la situation militaire était perdue. Le titre du livre de Larry Collins et Dominique Lapierre Paris brûle-t-il ? (1964), adapté au cinéma en 1966, a popularisé l’épisode.
« Paris libéré ! »
Arrivé à Paris le 25 août après-midi, de Gaulle se rend d’abord au ministère de la Guerre, puis à l’hôtel de ville. Il y prononce un discours improvisé : « Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France tout entière… » Il refuse de proclamer la République, considérant qu’elle n’a jamais cessé d’exister et que le régime de Vichy était nul et non avenu.
Le 26 août, il descend les Champs-Élysées à pied, acclamé par une foule immense, avant de se rendre à Notre-Dame, où éclatent des tirs. Dans la nuit, la Luftwaffe bombarde l’est de Paris.
Le bilan
Les combats de la libération de Paris font, selon les estimations les plus courantes, environ un millier de morts parmi les FFI, plusieurs centaines parmi les civils, environ 130 dans la 2e DB, et plusieurs milliers de morts côté allemand ; près de 13 000 soldats allemands sont faits prisonniers. La libération s’accompagne aussi d’une épuration extrajudiciaire et de femmes tondues pour « collaboration horizontale ». Les combats continuent ailleurs en France jusqu’au début de 1945, et la guerre en Europe jusqu’au 8 mai 1945.
Questions fréquentes
Qui a libéré Paris ?
Les FFI parisiens, qui se soulèvent à partir du 19 août 1944, et la 2e division blindée française du général Leclerc, appuyée par la 4e division d’infanterie américaine, qui entrent dans la ville les 24 et 25 août.
Quand Paris a-t-il été libéré ?
Le 25 août 1944, jour de la capitulation du général von Choltitz, après six jours d’insurrection commencée le 19 août.
Qui étaient les premiers soldats arrivés à l’hôtel de ville ?
Les hommes du capitaine Raymond Dronne, dont beaucoup appartenaient à « la Nueve », compagnie formée en majorité de républicains espagnols réfugiés, arrivés le 24 août 1944 vers 21 h 20.