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Histoire · Histoire de France

La guerre de Vendée

La guerre de Vendée est un soulèvement paysan contre-révolutionnaire qui éclate dans l’Ouest de la France en mars 1793. Sa répression, très violente, fait environ 170 000 à 200 000 morts dans la Vendée militaire.

Mis à jour le 4 min de lecture

La guerre de Vendée est une guerre civile qui oppose, à partir de mars 1793, des insurgés de l’Ouest de la France aux armées de la République. Elle touche la « Vendée militaire », territoire à cheval sur quatre départements (Vendée, sud de la Loire-Inférieure, sud-ouest du Maine-et-Loire, nord des Deux-Sèvres). Les insurgés, surtout des paysans, prennent les armes contre la levée de 300 000 hommes et pour défendre leur religion. Ils forment l'armée catholique et royale. Après de premiers succès, ils sont écrasés fin 1793 ; la répression, avec les colonnes infernales de 1794, est l’un des épisodes les plus sanglants de la Révolution française. La guerre se prolonge jusqu’en 1796, puis par épisodes jusqu’en 1800.

Les causes

  • La question religieuse : l’Ouest est très catholique. La Constitution civile du clergé (1790) oblige les prêtres à prêter serment à la Constitution ; beaucoup refusent (prêtres réfractaires), et les fidèles les soutiennent contre les prêtres « jureurs ». Les mesures contre les réfractaires sont vécues comme une persécution.
  • La levée de 300 000 hommes (24 février 1793) : la Convention, en guerre contre l’Europe, décide de recruter des soldats, souvent par tirage au sort. Les paysans refusent de partir se battre pour une République qu’ils rejettent. C’est l’étincelle.
  • Les déceptions de la Révolution : les paysans de l’Ouest, souvent métayers, ont peu profité de la vente des biens de l’Église, achetés surtout par des bourgeois des villes. Les impôts n’ont pas baissé.
  • L’exécution de Louis XVI (21 janvier 1793) choque une partie de la population.

Le déroulement

DateÉvénement
10-11 mars 1793Soulèvement général, notamment à Machecoul (massacres de républicains) et dans les Mauges
Mars-juin 1793Victoires vendéennes : Cholet, Bressuire, Thouars, Fontenay, Saumur (9 juin)
Juin 1793Cathelineau élu généralissime ; échec devant Nantes (29 juin), il est mortellement blessé
1er août 1793La Convention décrète la destruction de la Vendée
17 octobre 1793Défaite vendéenne à Cholet
Octobre-décembre 1793Virée de Galerne : environ 60 000 à 100 000 Vendéens (combattants et familles) passent la Loire et marchent vers Granville pour recevoir l’aide anglaise ; échec, retour
12-13 décembre 1793Massacre au Mans
23 décembre 1793Écrasement à Savenay
Décembre 1793 - février 1794Noyades de Nantes, organisées par le représentant Carrier
Janvier - mai 1794Colonnes infernales du général Turreau
Février 1795Traité de La Jaunaye : amnistie et liberté de culte
1796Exécution des chefs Stofflet et Charette ; pacification par le général Hoche
1799-1800Derniers soulèvements ; pacification par Bonaparte

Les chefs vendéens

Les insurgés choisissent leurs chefs parmi les leurs ou parmi les nobles locaux : Jacques Cathelineau (colporteur), Jean-Nicolas Stofflet (garde-chasse), Maurice d’Elbée, Charles de Bonchamps, Henri de La Rochejaquelein, François-Athanase Charette. Bonchamps, mortellement blessé à Cholet, demande à ses hommes d’épargner environ 5 000 prisonniers républicains.

La répression

La Convention considère la Vendée comme une menace mortelle pour la République, alors en guerre contre l’Europe. Après la défaite des Vendéens, la répression est impitoyable :

  • Les noyades de Nantes : plusieurs milliers de prisonniers, hommes, femmes, enfants, prêtres, sont noyés dans la Loire sur des bateaux sabordés, sur ordre de Carrier.
  • Les fusillades d’Angers et d’Avrillé.
  • Les colonnes infernales : de janvier à mai 1794, douze colonnes parcourent le pays insurgé en incendiant villages et récoltes et en massacrant une partie de la population, y compris des femmes et des enfants, parfois des républicains.

Le bilan

Les historiens estiment le nombre de morts dans la Vendée militaire à environ 170 000 du côté vendéen, auxquels s’ajoutent des dizaines de milliers de soldats républicains, soit environ 200 000 victimes au total. Une partie de la région est dévastée pour des décennies.

Mémoire

La guerre de Vendée a laissé une mémoire profonde et durable dans l’Ouest : attachement au catholicisme et, longtemps, votes conservateurs. Elle a inspiré Victor Hugo (Quatrevingt-treize, 1874) et Balzac (Les Chouans, sur la chouannerie).

Exercice corrigé

Cite deux causes du soulèvement vendéen de mars 1793.

  • La levée de 300 000 hommes, que les paysans refusent.
  • La politique religieuse de la Révolution, notamment la persécution des prêtres réfractaires.

Questions fréquentes

Pourquoi les Vendéens se sont-ils révoltés ?

Surtout pour refuser la levée de soldats décidée en février 1793 et pour défendre leurs prêtres et leur religion catholique, menacés par la politique révolutionnaire.

Combien la guerre de Vendée a-t-elle fait de morts ?

Environ 170 000 morts du côté vendéen selon les estimations les plus reprises, et environ 200 000 au total avec les soldats républicains.

Qu’est-ce que la virée de Galerne ?

La marche des Vendéens au nord de la Loire, d’octobre à décembre 1793, vers Granville, dans l’espoir d’un secours anglais. Elle se termine par les désastres du Mans et de Savenay.

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