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Histoire · Histoire de France

La rafle du Vel d’Hiv

La rafle du Vel d’Hiv est l’arrestation massive de 13 152 Juifs, dont 4 115 enfants, à Paris et en banlieue les 16 et 17 juillet 1942, par la police française. La plupart sont déportés à Auschwitz et assassinés.

Mis à jour le 4 min de lecture

La rafle du Vélodrome d’Hiver, ou rafle du Vel d’Hiv, est la plus grande arrestation de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Les 16 et 17 juillet 1942, à Paris et en banlieue, plusieurs milliers de policiers et gendarmes français arrêtent 13 152 personnes, selon le décompte de la préfecture de police, dont 4 115 enfants. Organisée par le régime de Vichy à la demande des autorités allemandes, elle vise surtout des Juifs étrangers ou apatrides. Presque tous seront déportés vers Auschwitz et assassinés. En 1995, le président Jacques Chirac a reconnu la responsabilité de l’État français.

Le contexte

À partir de 1940, le régime de Vichy adopte de sa propre initiative des statuts des Juifs (octobre 1940, juin 1941) qui les excluent de nombreuses professions, et fait recenser et interner des Juifs étrangers. Dans la zone occupée, les Allemands imposent le port de l'étoile jaune à partir de juin 1942. En janvier 1942, la conférence de Wannsee organise la mise en œuvre de la « solution finale » (voir Shoah).

À l’été 1942, les nazis exigent de la France la livraison de dizaines de milliers de Juifs. Les accords conclus début juillet entre René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy, et le chef de la SS en France, Carl Oberg, prévoient que la police française procédera elle-même aux arrestations, en commençant par les Juifs étrangers. Pierre Laval, chef du gouvernement, propose d’inclure les enfants de moins de 16 ans, que les Allemands n’avaient pas demandés dans un premier temps. L’opération porte le nom de code « Vent printanier ».

Le déroulement

Le 16 juillet 1942 à l’aube, des équipes de policiers munies de fiches issues du fichier des Juifs de la préfecture se présentent aux domiciles. Les arrestations se poursuivent le 17. Des fuites, des policiers qui préviennent les familles, des voisins qui les cachent permettent à plusieurs milliers de personnes d’échapper à la rafle : les autorités prévoyaient environ 27 000 arrestations.

Personnes arrêtées (décompte de la préfecture de police)Nombre
Hommes3 118
Femmes5 919
Enfants4 115
Total13 152

Les célibataires et les couples sans enfant sont conduits directement au camp de Drancy. Les familles, environ 8 000 personnes, sont enfermées au Vélodrome d’Hiver, rue Nélaton, dans le 15e arrondissement, pendant cinq jours, dans des conditions effroyables : chaleur, manque d’eau, de nourriture et de sanitaires. Quelques personnes s’y suicident.

La déportation

Les familles sont ensuite transférées dans les camps du Loiret, Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Fin juillet et début août, les parents sont déportés en premier vers Auschwitz-Birkenau ; les enfants restent seuls dans les camps, puis sont envoyés à Drancy et déportés à leur tour en août 1942, mêlés à des adultes inconnus. Aucun des enfants déportés n’est revenu ; parmi les adultes, une centaine tout au plus ont survécu.

La rafle s’inscrit dans la déportation de près de 76 000 Juifs depuis la France entre 1942 et 1944, dont environ 2 500 sont revenus. Les trois quarts des Juifs de France ont toutefois survécu, grâce notamment à la solidarité d’une partie de la population ; plus de 4 000 Français ont été reconnus Justes parmi les nations par Yad Vashem.

La mémoire

Longtemps, la mémoire officielle a présenté Vichy comme une parenthèse illégitime dont la République n’avait pas à répondre. Les étapes de la reconnaissance :

  • 1959 : démolition du Vélodrome d’Hiver ;
  • 1992 : pour le cinquantième anniversaire, le président François Mitterrand assiste à la commémoration mais refuse de reconnaître la responsabilité de la République ;
  • 1993 : un décret institue une journée nationale à la mémoire des victimes des persécutions racistes et antisémites commises sous l’autorité de l'« État français », le 16 juillet si c’est un dimanche, sinon le dimanche suivant ;
  • 1994 : inauguration d’un monument quai de Grenelle, près de l’emplacement du Vel d’Hiv ;
  • 16 juillet 1995 : le président Jacques Chirac déclare que « la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français », et que la France a commis ce jour-là l’irréparable.

Le procès de Maurice Papon (1997-1998), condamné pour complicité de crimes contre l’humanité pour des déportations depuis Bordeaux, a aussi contribué à cette prise de conscience. René Bousquet, inculpé, a été assassiné en 1993 avant son procès.

Questions fréquentes

Combien de personnes ont été arrêtées lors de la rafle du Vel d’Hiv ?

13 152 selon le décompte de la préfecture de police de l’époque : 3 118 hommes, 5 919 femmes et 4 115 enfants. Environ 8 000 ont été enfermés au Vélodrome d’Hiver, les autres conduits à Drancy.

Qui a organisé la rafle du Vel d’Hiv ?

Elle a été décidée à la demande des autorités nazies et organisée par le gouvernement de Vichy, à travers René Bousquet et la préfecture de police de Paris. Elle a été exécutée par des policiers et gendarmes français.

Pourquoi le Vélodrome d’Hiver ?

C’était une grande salle couverte du 15e arrondissement, servant aux courses cyclistes, capable de contenir plusieurs milliers de personnes. Elle a été choisie pour regrouper les familles avant leur transfert dans les camps du Loiret.

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