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Histoire · Histoire de France

La bataille des plaines d’Abraham

La bataille des plaines d’Abraham, le 13 septembre 1759 aux portes de Québec, oppose l’armée britannique de Wolfe aux troupes de Montcalm. Courte et décisive, elle prépare la Conquête.

Mis à jour le 4 min de lecture

La bataille des plaines d’Abraham se déroule le 13 septembre 1759 sur un plateau situé à l’ouest de la ville fortifiée de Québec, pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763). Après un débarquement nocturne à l’anse au Foulon, l’armée britannique du major-général James Wolfe affronte les troupes du marquis de Montcalm. L’engagement principal ne dure qu’une vingtaine de minutes. Les deux généraux sont mortellement blessés. Québec capitule le 18 septembre 1759, Montréal le 8 septembre 1760, et le traité de Paris (1763) cède le Canada à la Grande-Bretagne : c’est la Conquête, tournant majeur de l’histoire de la Nouvelle-France et du Québec.

Le contexte : la guerre de Sept Ans en Amérique

La guerre de Sept Ans oppose la France et la Grande-Bretagne en Europe, en Inde et en Amérique. En Amérique du Nord, où les combats commencent dès 1754 dans la vallée de l’Ohio, la Nouvelle-France, environ 70 000 habitants d’origine européenne, fait face aux colonies britanniques, plus d’un million et demi. Montcalm, arrivé en 1756, remporte d’abord des victoires (Oswego en 1756, fort William-Henry en 1757, Carillon en 1758). Mais Londres, sous l’impulsion de William Pitt, envoie des moyens considérables, tandis que la France privilégie le théâtre européen. En 1758, Louisbourg tombe ; la route du Saint-Laurent est ouverte.

Le siège de Québec (juin-septembre 1759)

En juin 1759, une flotte britannique commandée par l’amiral Saunders remonte le fleuve avec environ 8 500 soldats sous les ordres de Wolfe. Québec, défendue par environ 15 000 hommes (troupes régulières, troupes de la marine, miliciens canadiens et alliés autochtones), est bombardée depuis la rive de Lévis à partir de juillet : la basse-ville est en grande partie détruite. Le 31 juillet, une attaque britannique à Montmorency est repoussée. Wolfe fait ravager les campagnes de la côte de Beaupré et de la rive sud. À l’approche de l’automne, le temps presse pour les Britanniques, qui devront quitter le fleuve avant les glaces.

Le débarquement de l’anse au Foulon

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, Wolfe fait débarquer ses troupes à l'anse au Foulon, à environ trois kilomètres en amont de la ville. Un petit détachement escalade la falaise par un sentier et neutralise le poste de garde. Au lever du jour, environ 4 500 soldats britanniques sont déployés en ligne sur les plaines d’Abraham, du nom d’Abraham Martin, pilote qui possédait des terres à proximité au XVIIe siècle.

La bataille du 13 septembre

Montcalm, qui craignait une attaque en aval, rassemble ses troupes en hâte. Plutôt que d’attendre les renforts du colonel de Bougainville, posté en amont, ou de rester à l’abri des murs, il décide d’attaquer vers 10 heures avec environ 4 500 hommes, mêlant réguliers et miliciens. L’avance française est désordonnée ; les Britanniques, en formation serrée, attendent que les Français soient à courte distance pour tirer des salves dévastatrices. La ligne française se rompt en quelques minutes.

BritanniquesFrançais
CommandantMajor-général James WolfeMarquis Louis-Joseph de Montcalm
Effectifs engagésEnviron 4 500Environ 4 500
Sort du commandantTué sur le champ de batailleBlessé, mort le lendemain matin
PertesPlusieurs centaines de tués et blessésPlusieurs centaines de tués et blessés

Wolfe est touché à plusieurs reprises et meurt sur le terrain. Montcalm, blessé pendant la retraite, meurt à Québec au matin du 14 septembre. Le gouverneur Vaudreuil se retire avec l’armée vers l’ouest.

La capitulation et la fin de la Nouvelle-France

Le 18 septembre 1759, le commandant de la place, Ramezay, signe la capitulation de Québec. Le chevalier de Lévis, successeur de Montcalm, tente de reprendre la ville : il remporte la bataille de Sainte-Foy le 28 avril 1760, plus meurtrière que celle des plaines, et assiège Québec. Mais en mai, c’est une flotte britannique qui arrive la première sur le fleuve, et Lévis doit lever le siège. Encerclé par trois armées, Vaudreuil capitule à Montréal le 8 septembre 1760.

Le Canada est placé sous régime militaire jusqu’au traité de Paris du 10 février 1763, par lequel la France cède le Canada à la Grande-Bretagne. Les quelque 70 000 Canadiens restés sur place deviennent sujets britanniques. Leur statut sera fixé par la Proclamation royale (1763) puis l'Acte de Québec (1774).

La mémoire de la bataille

  • Le monument Wolfe-Montcalm, érigé en 1827-1828 dans le jardin des Gouverneurs à Québec, rend hommage aux deux généraux.
  • Les plaines sont devenues en 1908 le parc des Champs-de-Bataille, l’un des grands parcs urbains du Canada, où se tiennent aujourd’hui concerts et fêtes nationales.
  • Dans la mémoire québécoise, la défaite de 1759 symbolise la Conquête, perçue comme un traumatisme fondateur ; la devise « Je me souviens » est souvent rattachée à cette histoire.
  • Le tableau de Benjamin West La Mort du général Wolfe (1770) a fait de Wolfe un héros de l’Empire britannique.

Questions fréquentes

Qui a gagné la bataille des plaines d’Abraham ?

L’armée britannique du général Wolfe. Sa victoire entraîne la capitulation de Québec cinq jours plus tard, puis, après la campagne de 1760, celle de tout le Canada.

Combien de temps a duré la bataille des plaines d’Abraham ?

L’affrontement principal n’a duré qu’une vingtaine de minutes environ, au matin du 13 septembre 1759, après plusieurs heures de manœuvres et d’escarmouches.

Pourquoi les plaines s’appellent-elles « d’Abraham » ?

D’après Abraham Martin, dit l’Écossais, pilote du roi installé à Québec au XVIIe siècle, qui possédait des terres sur ce plateau.

Pourquoi la France n’a-t-elle pas récupéré le Canada en 1763 ?

Au traité de Paris, la France a préféré conserver ses îles à sucre des Antilles, Guadeloupe et Martinique, jugées bien plus rentables, et des droits de pêche à Terre-Neuve avec Saint-Pierre-et-Miquelon.

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