Histoire · Histoire de France
La débâcle de 1940
La débâcle de 1940 désigne l’effondrement de l’armée française face à l’offensive allemande de mai-juin 1940. En six semaines, la France est vaincue ; l’armistice est signé le 22 juin 1940.
Mis à jour le 4 min de lecture
La débâcle (ou bataille de France) est la défaite la plus brutale de l’histoire militaire française. Le 10 mai 1940, l’Allemagne attaque les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France. En quelques jours, ses divisions blindées percent le front dans les Ardennes, à Sedan, et foncent vers la Manche, encerclant les meilleures armées alliées. Le 14 juin, les Allemands entrent dans Paris ; des millions de civils fuient sur les routes, c’est l'exode. Le 22 juin, le gouvernement du maréchal Pétain signe l’armistice à Rethondes. Cette défaite entraîne la fin de la IIIe République et la naissance du régime de Vichy.
La « drôle de guerre » (septembre 1939 – mai 1940)
Après l’invasion de la Pologne, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939. Mais pendant huit mois, presque rien ne se passe sur le front de l’Ouest : l’armée française attend derrière la ligne Maginot, chaîne de fortifications construite le long de la frontière allemande dans les années 1930. L’écrivain Roland Dorgelès popularise l’expression « drôle de guerre ». Pendant ce temps, l’Allemagne écrase la Pologne puis envahit le Danemark et la Norvège (avril 1940).
Chronologie de la bataille de France
| Date | Événement |
|---|---|
| 10 mai 1940 | Offensive allemande aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg ; les armées franco-britanniques avancent en Belgique ; Churchill devient Premier ministre |
| 13-15 mai | Percée allemande à Sedan après la traversée des Ardennes ; capitulation des Pays-Bas (15 mai) |
| 19-20 mai | Weygand remplace Gamelin ; les blindés allemands atteignent la Manche à Abbeville |
| 28 mai | Capitulation de l’armée belge |
| 26 mai – 4 juin | Évacuation de Dunkerque : environ 338 000 soldats, dont plus de 100 000 Français, rejoignent l’Angleterre |
| 5 juin | Offensive allemande sur la Somme et l’Aisne |
| 10 juin | Le gouvernement quitte Paris ; l’Italie déclare la guerre à la France |
| 14 juin | Entrée des Allemands dans Paris, déclarée ville ouverte |
| 16 juin | Démission de Paul Reynaud ; Pétain président du Conseil |
| 17 juin | Pétain annonce à la radio qu’il faut cesser le combat |
| 18 juin | Appel du 18 juin du général de Gaulle |
| 22 juin | Armistice franco-allemand signé à Rethondes |
| 25 juin | Entrée en vigueur des armistices avec l’Allemagne et l’Italie |
Pourquoi l’armée française a-t-elle été battue ?
Contrairement à une idée répandue, l’armée française n’était pas inférieure en nombre ni en matériel : elle disposait d’autant de chars que l’Allemagne, parfois meilleurs. La défaite tient surtout à des erreurs de doctrine et de commandement :
- Une stratégie défensive : l’état-major, marqué par 1914-1918, mise sur la ligne Maginot et une guerre longue.
- Le piège belge : les meilleures armées alliées entrent en Belgique pour y arrêter l’ennemi, tandis que l’effort principal allemand passe par les Ardennes, jugées infranchissables par des blindés.
- Une utilisation dispersée des chars, répartis en soutien de l’infanterie, face aux divisions blindées allemandes concentrées et appuyées par l’aviation (bombardiers en piqué Stuka) : c’est la « guerre éclair » (Blitzkrieg).
- Des communications lentes et un commandement débordé par la vitesse des événements.
- Une supériorité aérienne allemande au moment décisif.
L’historien Marc Bloch, qui a combattu en 1940 et sera fusillé comme résistant en 1944, analyse cette défaite dans L’Étrange Défaite, écrit dès l’été 1940.
L’exode
Fuyant l’avancée allemande et le souvenir des violences de 1914, 8 à 10 millions de personnes, Belges, Néerlandais, Luxembourgeois et Français, prennent les routes vers le sud en mai-juin 1940. Des villes comme Lille ou Paris se vident en grande partie. Les colonnes de réfugiés, à pied, à vélo, en charrette ou en voiture, sont parfois mitraillées par l’aviation ; des milliers d’enfants sont séparés de leurs parents. Ce traumatisme a marqué la mémoire collective.
Le bilan
| Bilan | Chiffres approximatifs |
|---|---|
| Soldats français tués | environ 60 000 en six semaines |
| Prisonniers français | environ 1,8 million, dont la plupart restent en captivité en Allemagne jusqu’en 1945 |
| Pertes allemandes | environ 27 000 à 30 000 tués à l’Ouest |
| Réfugiés de l’exode | 8 à 10 millions |
L’armistice et ses conséquences
L’armistice est signé le 22 juin 1940 à Rethondes, dans le wagon même de l'armistice de 1918. Il prévoit :
- la division du pays en une zone occupée au nord et à l’ouest et une zone libre au sud, séparées par une ligne de démarcation ;
- une armée française réduite à 100 000 hommes ;
- le maintien de la flotte et de l’empire sous l’autorité du gouvernement français ;
- le paiement de lourds frais d’occupation ;
- le maintien en captivité des prisonniers de guerre.
L’Alsace et la Moselle sont annexées de fait. Le 10 juillet 1940, à Vichy, les parlementaires votent les pleins pouvoirs à Pétain : c’est la fin de la IIIe République.
Questions fréquentes
Combien de temps a duré la bataille de France ?
Environ six semaines, du 10 mai à l’armistice du 22 juin 1940 (entré en vigueur le 25 juin).
Qu’est-ce que la ligne Maginot ?
Une ligne de fortifications construite dans les années 1930 le long de la frontière franco-allemande. Elle n’a pas été percée de front en mai 1940 : les Allemands l’ont contournée par les Ardennes et la Belgique.
Pourquoi parle-t-on de « drôle de guerre » ?
Parce que de septembre 1939 à mai 1940, la France et le Royaume-Uni sont en guerre contre l’Allemagne sans presque combattre à l’Ouest.