Histoire · Histoire de France
La France libre
La France libre désigne l’organisation politique et militaire créée à Londres par le général de Gaulle après l’appel du 18 juin 1940, pour poursuivre la guerre aux côtés des Alliés contre l’Allemagne et contester la légitimité de Vichy.
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La France libre est née du refus de l’armistice du 22 juin 1940. Autour du général Charles de Gaulle, à Londres, des volontaires civils et militaires refusent la défaite et forment les Forces françaises libres (FFL). Avec le ralliement de territoires de l’empire colonial, à commencer par le Tchad en août 1940, elle devient une autorité politique qui prétend incarner la France face au régime de Vichy. En 1943, elle fusionne avec les forces d’Afrique du Nord ; elle conduit à la création du Gouvernement provisoire et à la participation de la France à la victoire de 1945.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 18 juin 1940 | Appel du 18 juin à la BBC |
| 28 juin 1940 | Londres reconnaît de Gaulle comme chef des Français libres |
| 3 juillet 1940 | Mers el-Kébir : la flotte britannique bombarde la flotte française, ce qui freine les ralliements |
| 7 août 1940 | Accord Churchill-de Gaulle sur le statut des FFL |
| 26-28 août 1940 | Ralliement du Tchad (gouverneur Félix Éboué), du Cameroun et du Congo : les « Trois Glorieuses » de la France libre |
| Septembre 1940 | Échec devant Dakar, qui reste fidèle à Vichy |
| 27 octobre 1940 | Manifeste de Brazzaville et création du Conseil de défense de l’Empire |
| 1er-2 mars 1941 | Koufra : la colonne Leclerc prend l’oasis aux Italiens ; serment de Koufra |
| Juin-juillet 1941 | Campagne de Syrie contre les troupes de Vichy, aux côtés des Britanniques |
| Septembre 1941 | Création du Comité national français |
| 26 mai – 11 juin 1942 | Bataille de Bir Hakeim en Libye |
| Juillet 1942 | La France libre devient la « France combattante », incluant la Résistance intérieure |
| 3 juin 1943 | Création à Alger du Comité français de libération nationale (CFLN) |
| 3 juin 1944 | Le CFLN devient le Gouvernement provisoire de la République française |
Une poignée de volontaires
À l’été 1940, les ralliements sont rares : quelques milliers d’hommes seulement, marins de Bretagne (dont la quasi-totalité des hommes de l’île de Sein), soldats revenus de Norvège ou évacués de Dunkerque, aviateurs, étudiants. Les militaires de haut rang restent presque tous fidèles à Pétain ; l’amiral Muselier et le général Catroux font exception. Les FFL comptent environ 7 000 hommes fin juillet 1940, puis plusieurs dizaines de milliers en 1942-1943, dont une majorité de soldats coloniaux d’Afrique.
De Gaulle crée en novembre 1940 l'ordre de la Libération pour récompenser les « compagnons de la Libération » ; 1 038 personnes, 18 unités combattantes et 5 communes en reçoivent la croix.
L’empire, base territoriale
Le ralliement de l'Afrique-Équatoriale française (Tchad, Congo, Oubangui-Chari, Gabon après combats) et du Cameroun donne à la France libre un territoire, des ressources et des soldats. Le gouverneur du Tchad, Félix Éboué, né en Guyane, est le premier haut responsable colonial à se rallier. Les établissements français de l’Inde, la Nouvelle-Calédonie et les possessions du Pacifique rejoignent aussi la France libre ; Saint-Pierre-et-Miquelon est rallié en décembre 1941.
Les combats des Français libres
- Afrique : la colonne du colonel Leclerc prend Koufra (1941) ; à Bir Hakeim (1942), la 1re brigade française libre du général Kœnig résiste plus de deux semaines à l’Afrika Korps de Rommel, ce qui retarde son offensive.
- Mer et air : les Forces navales françaises libres et les Forces aériennes françaises libres, dont l’escadrille Normandie-Niémen qui combat en URSS à partir de 1943.
- Renseignement et action en France : le BCRA (Bureau central de renseignements et d’action) envoie des agents et soutient les réseaux ; Jean Moulin, parachuté en janvier 1942, unifie la Résistance intérieure au nom de De Gaulle (voir Jean Moulin).
Les relations difficiles avec les Alliés
De Gaulle défend avec intransigeance la souveraineté française, ce qui provoque des tensions avec Churchill et surtout avec le président américain Roosevelt, qui ne le reconnaît pas comme représentant de la France. Après le débarquement allié en Afrique du Nord (novembre 1942), les Américains soutiennent l’amiral Darlan puis le général Giraud. De Gaulle finit par s’imposer à Alger en 1943, grâce notamment au soutien de la Résistance intérieure réunie dans le Conseil national de la Résistance.
Vers la Libération
Les Français libres et l’armée d’Afrique forment l'armée française de la Libération : campagne d’Italie (1943-1944), débarquement de Provence (août 1944). La 2e division blindée de Leclerc débarque en Normandie et libère Paris le 25 août 1944 (voir libération de Paris), puis Strasbourg en novembre, tenant le serment de Koufra.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le serment de Koufra ?
Le 2 mars 1941, après la prise de l’oasis de Koufra en Libye, Leclerc et ses hommes jurent de ne déposer les armes que lorsque les couleurs françaises flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. Le serment est tenu le 23 novembre 1944.
Combien de Français libres y a-t-il eu ?
Les estimations des historiens tournent autour de 50 000 à 70 000 personnes engagées dans les Forces françaises libres jusqu’en 1943, dont une part importante de soldats originaires des colonies.
Pourquoi le Tchad est-il important pour la France libre ?
Parce que son ralliement, le 26 août 1940, sous l’impulsion de Félix Éboué, donne pour la première fois à de Gaulle un territoire, des soldats et une base pour attaquer les Italiens en Libye.