Histoire · Histoire de France
Jacques Cartier
Jacques Cartier (1491-1557), navigateur malouin envoyé par François Ier, explore le golfe et le fleuve Saint-Laurent lors de trois voyages (1534-1542) et prend possession du Canada.
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Jacques Cartier (1491-1557) est un navigateur de Saint-Malo chargé par François Ier de trouver un passage vers l’Asie et des métaux précieux. Lors de son premier voyage, il plante le 24 juillet 1534 une croix à Gaspé et prend possession du territoire au nom du roi. En 1535, il remonte le fleuve qu’il nomme Saint-Laurent jusqu’aux villages iroquoiens de Stadaconé (Québec) et Hochelaga (Montréal). Son troisième voyage (1541-1542) échoue à fonder une colonie. Il est considéré comme le découvreur du Canada pour la France, bien que ces terres fussent habitées depuis des millénaires et fréquentées par des pêcheurs européens. Il s’inscrit dans le mouvement des grandes découvertes.
Les trois voyages
| Voyage | Dates | Navires et hommes | Résultats |
|---|---|---|---|
| Premier | Avril-septembre 1534 | 2 navires, 61 hommes | Exploration du golfe du Saint-Laurent ; croix de Gaspé ; deux fils de Donnacona emmenés en France |
| Deuxième | Mai 1535-juillet 1536 | 3 navires (Grande Hermine, Petite Hermine, Émérillon) | Remontée du fleuve jusqu’à Hochelaga ; hivernage à Stadaconé ; Donnacona emmené en France |
| Troisième | 1541-1542 | 5 navires, avec des colons | Établissement de Charlesbourg-Royal ; échec de la colonie avec Roberval |
Le premier voyage (1534)
Parti de Saint-Malo le 20 avril 1534, Cartier atteint Terre-Neuve en vingt jours, longe la côte du Labrador, qu’il juge être « la terre que Dieu donna à Caïn », puis explore le golfe : îles de la Madeleine, Île-du-Prince-Édouard, baie des Chaleurs, où il rencontre des Micmacs. À Gaspé, il rencontre des Iroquoiens du Saint-Laurent venus pêcher, dirigés par Donnacona. Le 24 juillet 1534, il fait ériger une croix de trente pieds portant l’inscription « Vive le roi de France ». Donnacona proteste ; Cartier emmène en France ses deux fils, Domagaya et Taignoagny, qui lui serviront de guides.
Le deuxième voyage (1535-1536)
Guidé par les deux jeunes hommes, Cartier remonte en 1535 le « chemin du Canada ». Il donne le nom de saint Laurent à une baie de la côte nord, nom qui s’étendra ensuite au golfe et au fleuve. Il arrive en septembre à Stadaconé, village de Donnacona. Malgré l’opposition de celui-ci, il poursuit jusqu’à Hochelaga, grand village fortifié de plusieurs centaines de maisons longues, où il arrive le 2 octobre 1535. Il gravit la montagne voisine, qu’il nomme mont Royal, d’où viendra le nom de Montréal.
L’hiver 1535-1536, passé près de Stadaconé, est terrible : le scorbut frappe l’équipage et tue 25 hommes. Domagaya enseigne aux Français un remède, une infusion d’un conifère appelé annedda, probablement le thuya (cèdre blanc), riche en vitamine C, qui sauve les survivants. Au printemps, Cartier s’empare par ruse de Donnacona et de plusieurs Iroquoiens pour les présenter au roi ; aucun ne reverra son pays.
Le troisième voyage (1541-1542)
François Ier décide une véritable colonisation, confiée au protestant Jean-François de La Rocque de Roberval, Cartier étant chargé de la navigation. Cartier part le premier en 1541 et s’installe à Charlesbourg-Royal, à Cap-Rouge, près de Québec. Les relations avec les Iroquoiens se dégradent. Au printemps 1542, Cartier repart vers la France avec des pierres qu’il croit être de l’or et des diamants : ce ne sont que de la pyrite et du quartz, d’où l’expression « faux comme des diamants du Canada ». Il croise Roberval à Terre-Neuve et refuse de faire demi-tour. La colonie de Roberval est abandonnée en 1543.
Le mot « Canada »
Dans le récit de son deuxième voyage, Cartier note que les Iroquoiens appellent une ville Canada. Le mot iroquoien kanata signifie « village ». Cartier l’emploie pour désigner la région de Stadaconé, puis le nom s’étend à la colonie de la vallée du Saint-Laurent et, au XIXe siècle, à l’ensemble du pays (voir Canada).
Les Iroquoiens du Saint-Laurent
Les peuples rencontrés par Cartier à Stadaconé et Hochelaga, agriculteurs cultivant le maïs, la courge et le haricot, avaient disparu de la vallée lorsque Champlain arrive en 1603. Les causes de cette disparition, peut-être les guerres avec d’autres nations et des épidémies, restent discutées. Les récits de Cartier sont l’un des rares témoignages sur ces peuples.
Fin de vie
Après 1542, Cartier ne retourne plus en Amérique. Il vit à Saint-Malo et dans son manoir de Limoëlou, où il est consulté comme expert en navigation. Il meurt le 1er septembre 1557, probablement de la peste. Sa ville natale conserve sa mémoire, et le musée du manoir de Limoëlou lui est consacré.
Questions fréquentes
Jacques Cartier a-t-il découvert le Canada ?
Pour la France, il est le premier à explorer officiellement le golfe et le fleuve Saint-Laurent. Mais le territoire était peuplé par les peuples autochtones depuis des millénaires, et des pêcheurs européens fréquentaient Terre-Neuve avant lui, sans compter les Vikings vers l’an 1000.
Qu’est-ce que la croix de Gaspé ?
Une croix de bois de trente pieds que Cartier fait ériger le 24 juillet 1534 à Gaspé, portant les armes de France et l’inscription « Vive le roi de France », en signe de prise de possession.
Jacques Cartier a-t-il fondé Québec ?
Non. Il a hiverné près du village iroquoien de Stadaconé, sur le site de Québec, en 1535-1536, et fondé Charlesbourg-Royal en 1541, abandonné. Québec a été fondé par Samuel de Champlain en 1608.