Histoire · Histoire de France
Girondins et Montagnards
Girondins et Montagnards sont deux groupes de députés républicains de la Convention. Les Girondins, plus modérés et attachés aux départements, sont éliminés le 2 juin 1793 par les Montagnards, appuyés sur les sans-culottes parisiens.
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Pendant la Révolution française, la Convention nationale, élue en septembre 1792 après la chute de la monarchie, est dominée par deux groupes rivaux de républicains : les Girondins et les Montagnards. Entre eux siège la Plaine (ou le Marais), majorité de députés hésitants. Les deux groupes s’affrontent sur le sort du roi, le rôle de Paris, la guerre et les mesures économiques. Le conflit se termine par l'élimination des Girondins lors des journées du 31 mai et du 2 juin 1793 ; les Montagnards, menés par Robespierre, gouvernent alors jusqu’en juillet 1794, pendant la Terreur.
Tableau comparatif
| Girondins | Montagnards | |
|---|---|---|
| Chefs | Brissot, Vergniaud, Roland et Mme Roland, Condorcet, Pétion | Robespierre, Danton, Marat, Saint-Just, Couthon |
| Club | D’abord Jacobins, puis salons (Mme Roland) | Club des Jacobins |
| Base sociale | Bourgeoisie des grandes villes de province et des ports | Petite bourgeoisie et sans-culottes parisiens |
| Paris | Se méfient de l’influence de Paris et de la Commune ; défendent les départements | S’appuient sur Paris et ses sections |
| Économie | Libéralisme, liberté du commerce, refus du contrôle des prix | Acceptent, sous la pression populaire, des mesures d’exception (maximum des prix) |
| Guerre | Ont voulu la guerre en 1792 pour exporter la Révolution | Robespierre y était opposé en 1792, puis organise la guerre |
| Procès du roi | Beaucoup votent pour l'appel au peuple et le sursis | Votent la mort sans appel ni sursis |
| Libertés | Attachés aux libertés et à la légalité | Prêts à suspendre les libertés pour sauver la République |
Les deux groupes sont républicains et issus de la bourgeoisie. Ils ne forment pas des partis organisés au sens moderne : les frontières sont parfois floues.
Les grandes étapes de l’affrontement
| Date | Événement |
|---|---|
| Printemps 1792 | Gouvernement girondin ; déclaration de guerre (20 avril) |
| Septembre 1792 | Massacres de Septembre, que les Girondins reprochent aux Montagnards ; élection de la Convention |
| Décembre 1792 - janvier 1793 | Procès de Louis XVI : la mort est votée ; l’appel au peuple, soutenu par de nombreux Girondins, est rejeté |
| 21 janvier 1793 | Exécution du roi |
| Mars 1793 | Soulèvement de la Vendée ; défaites militaires ; trahison du général Dumouriez, proche des Girondins |
| Avril 1793 | Création du Comité de salut public ; les Girondins font traduire Marat devant le Tribunal révolutionnaire, qui l’acquitte |
| 31 mai - 2 juin 1793 | Les sections parisiennes encerclent la Convention avec des canons ; 29 députés girondins sont mis en arrestation |
| Juin-juillet 1793 | Insurrections fédéralistes à Lyon, Marseille, Bordeaux, Caen ; Marat est assassiné par Charlotte Corday (13 juillet) |
| 31 octobre 1793 | Exécution de 21 Girondins, dont Brissot et Vergniaud |
| 8 novembre 1793 | Exécution de Mme Roland |
Le 2 juin 1793
Au printemps 1793, la situation est dramatique : défaites aux frontières, guerre de Vendée, hausse des prix. Les sans-culottes réclament des mesures radicales et accusent les Girondins de trahir. Le 2 juin 1793, environ 80 000 gardes nationaux et sans-culottes, commandés par Hanriot, encerclent la Convention. Les députés, impuissants, votent l’arrestation des chefs girondins. Certains s’enfuient en province et tentent de soulever les départements : c’est le fédéralisme, durement réprimé.
Après la chute des Girondins
Les Montagnards dominent la Convention. Ils adoptent la Constitution de l’an I (juin 1793), très démocratique mais jamais appliquée, puis le gouvernement révolutionnaire et la Terreur. Ils se divisent à leur tour : Hébertistes (plus radicaux) et Indulgents (Danton) sont éliminés au printemps 1794. Robespierre tombe le 9 thermidor an II (27 juillet 1794). Les Girondins survivants reviennent ensuite à la Convention.
Exercice corrigé
Cite deux points de désaccord entre Girondins et Montagnards.
- Le sort du roi : de nombreux Girondins voulaient un appel au peuple ou un sursis, les Montagnards voulaient l’exécution immédiate.
- Le rôle de Paris : les Girondins se méfiaient des sans-culottes parisiens, alors que les Montagnards s’appuyaient sur eux.
Questions fréquentes
Qui étaient les Montagnards ?
Des députés républicains de la Convention, siégeant en haut des gradins, proches du club des Jacobins et des sans-culottes parisiens : Robespierre, Danton, Marat, Saint-Just.
Pourquoi les Girondins ont-ils été éliminés ?
Parce qu’ils étaient accusés de mollesse face aux ennemis de la République, de complicité avec le général traître Dumouriez et d’hostilité envers Paris. Les sans-culottes ont imposé leur arrestation le 2 juin 1793.
Qu’est-ce que la Plaine ?
Le groupe le plus nombreux de la Convention, formé de députés modérés sans parti fixe, qui votent tantôt avec les Girondins, tantôt avec les Montagnards.