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Arts · Peintres et sculpteurs

Léonard de Vinci

Léonard de Vinci (1452-1519) est un peintre, ingénieur et savant italien de la Renaissance, auteur de La Joconde et de La Cène. Il a laissé moins de vingt tableaux et des milliers de pages de carnets.

Mis à jour le 5 min de lecture

Léonard de Vinci (Leonardo da Vinci), né le 15 avril 1452 près de Vinci, en Toscane, et mort le 2 mai 1519 au Clos Lucé, à Amboise, est la figure emblématique de la Renaissance artistique. Peintre, dessinateur, ingénieur, architecte, anatomiste, il incarne l’idéal de l’homme universel. Paradoxalement, son œuvre peinte est très réduite — une quinzaine de tableaux dont l’attribution est admise — et plusieurs sont restés inachevés. Son influence vient autant de ses innovations techniques que de ses carnets, qui révèlent une curiosité sans limite.

Repères chronologiques

DateÉvénement
15 avril 1452Naissance à Anchiano, près de Vinci, fils illégitime du notaire ser Piero et d’une jeune femme nommée Caterina
vers 1469Entre dans l’atelier d’Andrea del Verrocchio à Florence
1472Inscrit à la guilde des peintres de Florence (compagnie de Saint-Luc)
vers 1482Part pour Milan, au service de Ludovic Sforza, dit le More
1495 – 1498Peint La Cène
1499Chute de Ludovic Sforza ; Léonard quitte Milan
1500 – 1506Retour à Florence ; commence La Joconde ; rivalité avec Michel-Ange
1506 – 1513Second séjour milanais, au service des Français
1513 – 1516À Rome, sous la protection de Julien de Médicis
1516S’installe en France à l’invitation de François Ier, au Clos Lucé
2 mai 1519Mort au Clos Lucé ; inhumé à Amboise

Une formation d’atelier

Léonard grandit à Vinci, reçoit une instruction limitée — il ne maîtrise pas le latin, langue des savants — et entre adolescent dans l’atelier de Verrocchio, sculpteur et peintre florentin. Il y apprend le dessin, la peinture, la sculpture et la mécanique. Selon Vasari, l’ange qu’il peint dans Le Baptême du Christ de son maître (vers 1475, Offices) aurait surpassé le reste du tableau.

Milan : le peintre-ingénieur

En arrivant à Milan, Léonard se présente à Ludovic Sforza dans une lettre où il vante surtout ses talents d’ingénieur militaire, avant de mentionner la peinture. Pendant près de vingt ans, il organise des fêtes de cour, étudie l’hydraulique, prépare une gigantesque statue équestre en bronze (jamais fondue) et peint La Vierge aux rochers et La Cène pour le couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie.

La Cène n’est pas une fresque : Léonard a peint à sec sur le mur, à la détrempe et à l’huile, pour travailler lentement. La peinture s’écaille dès les années 1500 ; une restauration achevée en 1999 a duré plus de vingt ans.

Le style de Léonard

Le sfumato

Le sfumato (« enfumé ») consiste à superposer de très fines couches transparentes pour estomper les contours et faire passer insensiblement la lumière à l’ombre. Les visages semblent baignés d’une atmosphère vaporeuse, comme dans La Joconde.

La perspective atmosphérique

Léonard observe que les lointains paraissent plus bleus et plus flous à cause de l’air interposé. Il peint donc des paysages bleutés en arrière-plan, qui accentuent la profondeur.

La composition pyramidale

Ses groupes de figures s’inscrivent dans des triangles qui donnent stabilité et unité (La Vierge aux rochers, Sainte Anne).

Les « mouvements de l’âme »

Pour Léonard, la peinture doit exprimer les pensées par les gestes et les visages. Dans La Cène, il saisit l’instant où le Christ annonce « L’un de vous me trahira », et chaque apôtre réagit différemment.

Ces notions sont définies dans le vocabulaire de la peinture.

Les œuvres majeures de Léonard de Vinci

TitreDateTechniqueLieu de conservation
L’Annonciationvers 1472 – 1475Huile et tempera sur boisGalerie des Offices, Florence
Portrait de Ginevra de' Bencivers 1474 – 1478Huile sur boisNational Gallery of Art, Washington
L’Adoration des mages (inachevée)1481 – 1482Huile sur boisGalerie des Offices, Florence
La Vierge aux rochers (première version)1483 – vers 1486Huile sur bois transposée sur toileMusée du Louvre, Paris
La Dame à l’herminevers 1489 – 1490Huile sur boisMusée national, Cracovie
L’Homme de Vitruve (dessin)vers 1490Plume et encreGallerie dell’Accademia, Venise
La Belle Ferronnièrevers 1490 – 1497Huile sur boisMusée du Louvre, Paris
La Vierge aux rochers (seconde version)vers 1495 – 1508Huile sur boisNational Gallery, Londres
La Cène1495 – 1498Détrempe et huile sur plâtreSanta Maria delle Grazie, Milan
La Jocondevers 1503 – 1519Huile sur bois de peuplierMusée du Louvre, Paris
La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Annevers 1503 – 1519Huile sur boisMusée du Louvre, Paris
Saint Jean-Baptistevers 1513 – 1516Huile sur boisMusée du Louvre, Paris

Le Louvre conserve cinq peintures de Léonard, la plus importante collection au monde. Le Salvator Mundi, vendu aux enchères en 2017 pour 450,3 millions de dollars, record absolu, reste d’attribution discutée par une partie des spécialistes.

Les carnets et les inventions

Léonard a rempli des milliers de feuillets — environ 7 000 pages nous sont parvenues — écrits de droite à gauche, en écriture spéculaire (lisible dans un miroir). Il était gaucher. Ces notes, dispersées après sa mort, sont aujourd’hui réparties en plusieurs recueils : Codex Atlanticus (Bibliothèque ambrosienne, Milan), manuscrits de l’Institut de France, Codex Leicester (propriété de Bill Gates depuis 1994), dessins de la collection royale de Windsor.

Ils couvrent des domaines très variés :

  • anatomie : il dissèque une trentaine de corps et dessine le cœur, le fœtus, les muscles avec une précision inédite ;
  • mécanique et ingénierie : machines volantes inspirées des oiseaux, vis aérienne (ancêtre lointain de l’hélicoptère), engins de guerre, écluses, roulements ;
  • hydraulique : étude des tourbillons, projets de canaux ;
  • botanique, géologie, optique : observation des fossiles, des plantes, de la lumière.

La plupart de ces inventions sont restées sur le papier : faute de source d’énergie suffisante, ses machines volantes n’auraient pas pu voler. Léonard est un observateur et un expérimentateur, plus qu’un inventeur au sens moderne ; sa démarche annonce la méthode scientifique.

Léonard en France

Invité par François Ier, qui l’admire, Léonard s’installe en 1516 au manoir du Cloux (aujourd’hui Clos Lucé), à Amboise, avec le titre de « premier peintre, ingénieur et architecte du roi ». Il apporte avec lui La Joconde, Sainte Anne et Saint Jean-Baptiste. Il travaille à des projets de palais à Romorantin et organise des fêtes. Il meurt le 2 mai 1519 ; la légende selon laquelle il serait mort dans les bras du roi, popularisée par Vasari et par un tableau d’Ingres, est contredite par la présence de François Ier à Saint-Germain-en-Laye à cette date.

Questions fréquentes

Combien de tableaux Léonard de Vinci a-t-il peints ?

Une quinzaine à une vingtaine selon les spécialistes, plusieurs étant inachevés ou d’attribution discutée. C’est très peu pour un peintre de cette renommée.

Où est enterré Léonard de Vinci ?

À Amboise. Sa tombe d’origine, dans la collégiale Saint-Florentin, a été détruite au début du XIXe siècle ; des ossements supposés être les siens ont été placés dans la chapelle Saint-Hubert du château d’Amboise.

Pourquoi Léonard écrivait-il à l’envers ?

Il était gaucher et écrivait naturellement de droite à gauche, ce qui évitait d’étaler l’encre. Cette écriture en miroir n’était probablement pas destinée à cacher ses idées.

Léonard de Vinci a-t-il inventé l’hélicoptère ?

Non. Il a dessiné vers 1489 une « vis aérienne » qui repose sur un principe proche, mais elle n’aurait pas pu voler. L’hélicoptère moderne date du XXe siècle.

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