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Arts · Peintres et sculpteurs

La Joconde

La Joconde est un portrait peint à l’huile sur bois de peuplier par Léonard de Vinci entre 1503 et 1519 environ. Il représente très probablement Lisa Gherardini, épouse d’un marchand florentin, et est conservé au Louvre.

Mis à jour le 5 min de lecture

La Joconde (en italien La Gioconda, en anglais Mona Lisa) est le tableau le plus célèbre du monde. Peinte par Léonard de Vinci au début du XVIe siècle, elle appartient aux collections royales françaises depuis le règne de François Ier et se trouve au musée du Louvre depuis la Révolution. Sa renommée tient à la perfection de sa technique, à l’ambiguïté de son sourire, mais aussi à une histoire mouvementée, dont un vol retentissant en 1911.

Fiche d’identité

ÉlémentInformation
ArtisteLéonard de Vinci (1452-1519)
TitrePortrait de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo, dit La Joconde
Datecommencé vers 1503, retouché jusqu’en 1517-1519
TechniqueHuile sur panneau de bois de peuplier
Dimensions77 × 53 cm
Lieu de conservationMusée du Louvre, Paris, salle des États
MouvementRenaissance artistique (Haute Renaissance)
Numéro d’inventaireINV. 779

Qui est le modèle ?

Le modèle est identifié par la plupart des historiens comme Lisa Gherardini (1479-1542), épouse du riche marchand de soie florentin Francesco del Giocondo. Le nom du tableau vient de là : la Gioconda, « la femme de Giocondo », qui signifie aussi en italien « la joyeuse ».

Cette identification, déjà donnée par Giorgio Vasari en 1550, a été confirmée en 2005 par la découverte, dans un livre de la bibliothèque de l’université de Heidelberg, d’une note marginale d’Agostino Vespucci datée d’octobre 1503, qui mentionne que Léonard travaille à un portrait de Lisa del Giocondo.

Le portrait a sans doute été commandé par le mari, peut-être à l’occasion de la naissance d’un fils ou de l’achat d’une maison. Mais Léonard ne l’a jamais livré : il l’a emporté à Milan, à Rome puis en France, et l’a retouché pendant plus de dix ans.

Description et composition

Une jeune femme est assise de trois quarts, le buste tourné vers la gauche, le visage presque de face. Ses mains sont posées l’une sur l’autre sur l’accoudoir d’un fauteuil. Elle porte une robe sombre, un voile transparent sur les cheveux, aucun bijou. Derrière elle, au-delà d’une loggia dont on devine les bases de colonnes sur les bords, s’étend un paysage imaginaire de rochers, de chemins sinueux, d’un pont et de lacs.

  • Composition pyramidale : la figure forme un triangle stable, des mains à la tête.
  • Ligne d’horizon décalée : l’horizon de gauche est plus bas que celui de droite, ce qui crée un léger déséquilibre et anime le visage.
  • Regard : les yeux semblent suivre le spectateur, effet dû à la direction frontale du regard.
  • Pose de trois quarts : elle sera imitée pendant des siècles, à commencer par Raphaël.

Pour une démarche complète, voir la méthode pour analyser un tableau.

La technique : le sfumato

La Joconde est l’exemple le plus abouti du sfumato. Léonard a superposé des dizaines de couches de glacis extrêmement fines, parfois de quelques microns, pour estomper les contours. Les commissures des lèvres et les coins des yeux, laissés dans l’ombre et sans ligne nette, rendent l’expression indécidable : c’est l’origine du fameux sourire, qui semble apparaître ou disparaître selon l’endroit où l’on regarde.

Le paysage illustre la perspective atmosphérique : les lointains se perdent dans un brouillard bleuté. L’absence de sourcils et de cils s’explique peut-être par la mode, peut-être par des nettoyages anciens ; la question reste débattue.

Ces termes sont définis dans le vocabulaire de la peinture.

L’histoire du tableau

DateÉvénement
vers 1503Léonard commence le portrait à Florence
1516Il l’emporte en France, à Amboise
après 1519Le tableau entre dans les collections de François Ier
XVIIe siècleExposé au château de Versailles sous Louis XIV
1797Entre au musée du Louvre
1800 – 1804Accroché dans la chambre de Bonaparte aux Tuileries
21 août 1911Volé au Louvre
décembre 1913Retrouvé à Florence
1956Endommagé par un jet d’acide puis par une pierre ; placé sous verre
1963Exposé aux États-Unis (Washington, New York)
1974Exposé à Tokyo et à Moscou
2005Installé dans la salle des États rénovée, derrière une vitrine blindée

Le vol de 1911

Le lundi 21 août 1911, jour de fermeture du musée, un ancien ouvrier vitrier du Louvre, l’Italien Vincenzo Peruggia, décroche le tableau et repart avec, caché sous sa blouse. L’absence n’est remarquée que le lendemain. L’enquête piétine ; le poète Guillaume Apollinaire est brièvement incarcéré, et Pablo Picasso interrogé, à cause d’une affaire de statuettes volées au Louvre. Peruggia garde le tableau plus de deux ans dans sa chambre à Paris, puis tente de le vendre à un antiquaire florentin en décembre 1913. Il est arrêté ; il affirme avoir voulu rendre l’œuvre à l’Italie. Le tableau revient au Louvre le 4 janvier 1914. Ce vol, couvert par la presse du monde entier, a puissamment contribué à la célébrité mondiale de l’œuvre.

Pourquoi la Joconde est-elle si célèbre ?

  1. La virtuosité technique : le sfumato n’avait jamais été poussé aussi loin.
  2. Le mystère : identité du modèle longtemps discutée, sourire ambigu, paysage imaginaire.
  3. L’auteur : Léonard de Vinci, déjà légendaire au XVIe siècle.
  4. Le vol de 1911, qui en a fait une vedette médiatique.
  5. Les détournements : la L.H.O.O.Q. de Marcel Duchamp (1919), moustache ajoutée à une reproduction, puis les séries d’Andy Warhol en ont fait une icône de la culture populaire.

Questions fréquentes

Quelle est la taille de la Joconde ?

77 × 53 cm. Beaucoup de visiteurs sont surpris par ce format modeste, qui est celui d’un portrait de l’époque.

Combien vaut la Joconde ?

Elle n’a pas de prix : elle appartient au domaine public de l’État français, inaliénable, et ne peut être vendue. Pour son exposition aux États-Unis en 1962-1963, elle avait été assurée pour 100 millions de dollars, record homologué à l’époque.

Pourquoi la Joconde est-elle en France ?

Parce que Léonard de Vinci l’a apportée en France en 1516, à l’invitation de François Ier, qui l’a acquise après la mort du peintre. Elle n’a jamais été volée à l’Italie, contrairement à une idée répandue.

Pourquoi la Joconde n’a-t-elle pas de sourcils ?

On l’ignore avec certitude. Des analyses par imagerie multispectrale ont suggéré la présence d’un sourcil peint à l’origine, effacé par le temps ou par des nettoyages ; d’autres invoquent une mode d’épilation.

Existe-t-il d’autres versions de la Joconde ?

Il en existe de nombreuses copies anciennes. La plus remarquable, conservée au musée du Prado à Madrid, a été restaurée en 2012 : elle a été peinte dans l’atelier de Léonard, en même temps que l’original, probablement par un de ses élèves.

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