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Arts · Peintres et sculpteurs

Vincent van Gogh

Vincent van Gogh (1853-1890) est un peintre néerlandais post-impressionniste. En dix ans de carrière, il a peint plus de 850 tableaux aux couleurs intenses et à la touche tourbillonnante, dont Les Tournesols et La Nuit étoilée.

Mis à jour le 6 min de lecture

Vincent Willem van Gogh, né le 30 mars 1853 à Groot-Zundert, aux Pays-Bas, et mort le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise, est l’un des peintres les plus célèbres au monde. Sa carrière n’a duré qu’une dizaine d’années, de 1880 à 1890, pendant lesquelles il a produit plus de 850 tableaux et près de 1 300 dessins et aquarelles. Il n’en a vendu presque aucun de son vivant. Sa correspondance, surtout avec son frère Theo, constitue un témoignage exceptionnel sur sa vie et sa pensée artistique. Il est l’une des figures majeures du post-impressionnisme.

Repères chronologiques

DateÉvénement
30 mars 1853Naissance à Groot-Zundert, fils d’un pasteur
1869 – 1876Employé de la galerie d’art Goupil & Cie à La Haye, Londres et Paris
1878 – 1880Prédicateur laïc chez les mineurs du Borinage, en Belgique
1880Décide de devenir peintre
1881 – 1885Hollande (Etten, La Haye, Drenthe, Nuenen) : palette sombre
1885Les Mangeurs de pommes de terre
mars 1886 – février 1888Paris, chez Theo : découverte de l’impressionnisme et des estampes japonaises
février 1888S’installe à Arles
octobre – décembre 1888Gauguin le rejoint à la Maison jaune
23 décembre 1888Crise : il se mutile l’oreille gauche
mai 1889 – mai 1890Interné volontaire à l’asile Saint-Paul-de-Mausole, Saint-Rémy-de-Provence
mai – juillet 1890Auvers-sur-Oise, sous la surveillance du docteur Gachet ; plus de 70 tableaux en 70 jours
27 juillet 1890Blessé par balle
29 juillet 1890Mort à Auvers-sur-Oise

La vie de Van Gogh

Les années de recherche

Fils d’un pasteur protestant, Vincent travaille d’abord chez des marchands d’art, puis veut devenir pasteur. Prédicateur auprès des mineurs du Borinage, il est renvoyé pour excès de zèle. À 27 ans, il décide d’être peintre, soutenu financièrement par son frère cadet Theo, marchand de tableaux à Paris.

La période hollandaise

Autodidacte, il dessine énormément et peint des paysans et des tisserands dans des tons bruns et terreux. Les Mangeurs de pommes de terre (1885), son premier grand tableau, montre une famille paysanne à la lueur d’une lampe : il voulait peindre des gens « qui ont labouré la terre avec ces mains mêmes qu’ils mettent dans le plat ».

Paris (1886-1888)

Chez Theo, à Montmartre, il découvre l'impressionnisme, le pointillisme de Seurat et Signac et les estampes japonaises, qu’il collectionne. Sa palette s’éclaircit d’un coup ; sa touche se divise. Il rencontre Toulouse-Lautrec, Émile Bernard, Gauguin.

Arles (1888-1889)

À la recherche de la lumière du Midi, qu’il compare à celle du Japon, il s’installe à Arles. En quinze mois, il peint quelque 200 tableaux : vergers en fleurs, Tournesols, La Chambre, Le Café de nuit, portraits. Il rêve d’un « atelier du Midi » où travailleraient des artistes ; seul Gauguin le rejoint, en octobre 1888. La cohabitation tourne mal. Le 23 décembre, après une dispute, Van Gogh se tranche l’oreille gauche (en tout ou en partie, selon les sources) avec un rasoir.

Saint-Rémy et Auvers (1889-1890)

Il demande lui-même à être interné à l’asile de Saint-Rémy-de-Provence. Entre deux crises, il peint les oliviers, les cyprès, les champs de blé, et La Nuit étoilée, vue imaginaire composée à partir de la fenêtre de sa chambre. En mai 1890, il s’installe à Auvers-sur-Oise, près du docteur Paul Gachet, ami des peintres. Il y peint à un rythme frénétique. Le 27 juillet 1890, il est blessé d’une balle dans le ventre ; il meurt deux jours plus tard, à 37 ans, dans les bras de Theo. Theo meurt six mois après ; les deux frères reposent côte à côte au cimetière d’Auvers.

La thèse du suicide, admise depuis toujours, a été contestée en 2011 par deux biographes qui ont évoqué un tir accidentel ; elle reste l’hypothèse retenue par le musée Van Gogh d’Amsterdam.

La nature exacte de sa maladie reste débattue : épilepsie, trouble bipolaire, troubles liés à l’alcool (notamment l’absinthe) ont été proposés.

Le style de Van Gogh

  • La couleur expressive : couleurs pures, saturées, souvent complémentaires (jaune et bleu, rouge et vert), choisies pour exprimer une émotion plutôt que pour imiter. « J’ai cherché à exprimer avec le rouge et le vert les terribles passions humaines », écrit-il à propos du Café de nuit.
  • La touche : épaisse, visible, en virgules, en traits parallèles ou en tourbillons qui donnent du mouvement au ciel, aux arbres et aux champs.
  • Les contours appuyés : influencés par les estampes japonaises et le cloisonnisme.
  • Le jaune : couleur emblématique de la période d’Arles, symbole de lumière et d’amitié.
  • Les autoportraits : il en peint plus de 35, faute de pouvoir payer des modèles.

Son usage libre et émotionnel de la couleur influence directement le fauvisme et l'expressionnisme.

Œuvres majeures de Van Gogh

TitreDateLieu de conservation
Les Mangeurs de pommes de terre1885Musée Van Gogh, Amsterdam
Autoportrait au chapeau de feutre gris1887Musée Van Gogh, Amsterdam
Le Café de nuit1888Yale University Art Gallery, New Haven
Terrasse du café le soir1888Musée Kröller-Müller, Otterlo
La Nuit étoilée sur le Rhône1888Musée d’Orsay, Paris
Les Tournesols (version de Londres)1888National Gallery, Londres
La Chambre à Arles (première version)1888Musée Van Gogh, Amsterdam
La Chambre à Arles (troisième version)1889Musée d’Orsay, Paris
Autoportrait à l’oreille bandée1889Courtauld Gallery, Londres
La Nuit étoilée1889Museum of Modern Art, New York
Les Iris1889J. Paul Getty Museum, Los Angeles
Autoportrait (fond tourbillonnant bleu)1889Musée d’Orsay, Paris
Amandier en fleurs1890Musée Van Gogh, Amsterdam
L’Église d’Auvers-sur-Oise1890Musée d’Orsay, Paris
Portrait du docteur Gachet (version d’Orsay)1890Musée d’Orsay, Paris
Champ de blé aux corbeaux1890Musée Van Gogh, Amsterdam

Les Tournesols existent en plusieurs versions : Van Gogh en a peint quatre à Arles en août 1888, puis trois répétitions en janvier 1889 (Amsterdam, Philadelphie, Tokyo).

Le mythe et la réalité

La légende du génie maudit est en partie vraie : pauvreté, maladie, solitude, mort précoce. Mais Van Gogh n’était pas un peintre naïf : il lisait beaucoup, connaissait l’histoire de l’art et théorisait sa pratique dans ses quelque 900 lettres conservées. Il n’était pas non plus totalement ignoré : en 1890, le critique Albert Aurier lui consacre un article élogieux dans le Mercure de France, et il vend au moins un tableau, La Vigne rouge, aujourd’hui au musée Pouchkine de Moscou. C’est Johanna van Gogh-Bonger, la veuve de Theo, qui a fait connaître son œuvre et publié ses lettres.

Questions fréquentes

Pourquoi Van Gogh s’est-il coupé l’oreille ?

Le 23 décembre 1888, à Arles, lors d’une crise survenue après une dispute avec Gauguin, il se tranche l’oreille gauche avec un rasoir. Les causes profondes, liées à sa maladie, restent débattues.

Combien de tableaux Van Gogh a-t-il vendus de son vivant ?

Un seul est documenté avec certitude, La Vigne rouge, acheté en 1890 par la peintre belge Anna Boch. Il en a peut-être vendu ou échangé quelques autres.

Où voir des tableaux de Van Gogh ?

Au musée Van Gogh d’Amsterdam, qui possède la plus grande collection au monde, au musée Kröller-Müller d’Otterlo, et au musée d’Orsay à Paris.

Où Van Gogh est-il enterré ?

Au cimetière d’Auvers-sur-Oise (Val-d’Oise), à côté de son frère Theo, dont les restes y ont été transférés en 1914.

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