Arts · Peintres et sculpteurs
Fra Angelico
Fra Angelico (vers 1395-1455) est un frère dominicain et peintre florentin de la première Renaissance. Ses fresques du couvent San Marco unissent la clarté de la perspective nouvelle à une ferveur religieuse lumineuse.
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Fra Angelico, de son vrai nom Guido di Pietro, né vers 1395 dans le Mugello, près de Florence, et mort à Rome le 18 février 1455, est l’un des grands peintres de la première Renaissance florentine. Entré chez les dominicains sous le nom de Fra Giovanni da Fiesole, il met son art au service de la prière. Ses couleurs claires, ses ors et ses figures sereines lui ont valu, peu après sa mort, le surnom d'« Angelico » (« l’angélique »). Il a été béatifié par Jean-Paul II en 1982 et proclamé patron des artistes.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| vers 1395 | Naissance de Guido di Pietro dans le Mugello |
| vers 1417 | Mentionné comme peintre à Florence |
| vers 1420 – 1423 | Entre au couvent dominicain de Fiesole ; devient Fra Giovanni |
| vers 1425 – 1426 | Annonciation du Prado |
| 1433 | Tabernacle des Linaioli (corporation des liniers), Florence |
| 1438 – 1445 | Fresques du couvent San Marco, Florence, financé par Cosme de Médicis |
| 1445 – 1449 | Appelé à Rome ; travaille pour les papes Eugène IV et Nicolas V |
| 1447 – 1449 | Fresques de la chapelle Nicoline, au Vatican |
| 1450 – 1452 | Prieur du couvent de Fiesole |
| 18 février 1455 | Mort à Rome ; inhumé à Santa Maria sopra Minerva |
| 1982 | Béatifié par Jean-Paul II |
Un frère peintre
Guido di Pietro est déjà peintre lorsqu’il entre au couvent de Fiesole, une communauté dominicaine réformée et rigoureuse. Il continue à peindre en religieux, pour son ordre et pour des commanditaires extérieurs : confréries, églises, puis les plus puissants de son temps. La tradition le décrit humble et pieux, refusant les honneurs ; Vasari rapporte qu’il ne prenait jamais ses pinceaux sans avoir prié.
Sa carrière culmine avec le couvent San Marco, que Cosme de Médicis fait reconstruire par l’architecte Michelozzo pour les dominicains. Fra Angelico et son atelier peignent une fresque dans chacune des quarante-quatre cellules des frères, ainsi que dans les couloirs, la salle capitulaire et le cloître. Appelé ensuite à Rome, il décore pour le pape Nicolas V une chapelle privée consacrée aux saints Étienne et Laurent.
Le style de Fra Angelico
Entre gothique et Renaissance
Fra Angelico hérite de l'art gothique international ses ors, ses couleurs pures et ses figures gracieuses. Mais il adopte très tôt les nouveautés de la Renaissance florentine : la perspective de Brunelleschi, les volumes de Masaccio, une lumière naturelle et cohérente.
La clarté
Ses tableaux sont lisibles d’un coup d’œil : peu de personnages, des fonds architecturaux simples, des couleurs claires (bleu, rose, vermillon, or). L’émotion est retenue, jamais dramatique.
Une peinture pour la méditation
Les fresques des cellules de San Marco sont dépouillées : une scène du Christ, un ou deux saints dominicains en prière, un fond presque nu. Elles ne sont pas faites pour être admirées mais pour soutenir la contemplation du frère qui vit devant elles.
L’Annonciation de San Marco
En haut de l’escalier du dortoir de San Marco, la grande Annonciation (vers 1440 – 1445) accueille les frères. Sous un portique à colonnes, l’ange aux ailes multicolores s’incline devant Marie assise, les bras croisés sur la poitrine. Le jardin clos à gauche évoque la virginité de Marie. L’inscription invite chaque frère passant devant à réciter un Ave Maria. Fra Angelico a peint le thème de l’Annonciation à plusieurs reprises (Prado, Cortone, San Marco).
Œuvres majeures de Fra Angelico
| Titre | Date | Lieu de conservation |
|---|---|---|
| Annonciation | vers 1425 – 1426 | Musée du Prado, Madrid |
| Tabernacle des Linaioli | 1433 – 1435 | Musée national de San Marco, Florence |
| Annonciation de Cortone | vers 1433 – 1434 | Musée diocésain, Cortone |
| Déposition de croix (retable Strozzi) | vers 1432 – 1434 | Musée national de San Marco, Florence |
| Le Couronnement de la Vierge | vers 1430 – 1432 | Musée du Louvre, Paris |
| Le Jugement dernier | vers 1431 | Musée national de San Marco, Florence |
| Fresques des cellules et Annonciation du couloir | 1438 – 1445 | Couvent San Marco, Florence |
| Fresques de la chapelle Nicoline | 1447 – 1449 | Palais apostolique, Vatican |
L’héritage
Fra Angelico forme ou influence Benozzo Gozzoli, son assistant à Rome, et marque la génération de Filippo Lippi et de Botticelli. Au XIXe siècle, les préraphaélites anglais et les peintres religieux français voient en lui l’idéal d’une peinture pure et sincère. Le couvent San Marco, devenu musée national, conserve aujourd’hui la plus grande collection au monde de ses œuvres.
Questions fréquentes
Pourquoi l’appelle-t-on Fra Angelico ?
« Fra » signifie « frère » (religieux) ; « Angelico » est un surnom donné peu après sa mort en raison de la beauté pieuse de sa peinture. De son vivant, il se nommait Fra Giovanni da Fiesole.
Où voir les œuvres de Fra Angelico ?
Surtout au musée national de San Marco, à Florence, où l’on visite les cellules peintes. Le Louvre possède Le Couronnement de la Vierge, le Prado une Annonciation.
Fra Angelico est-il un saint ?
Il a été béatifié en 1982 par Jean-Paul II, qui l’a proclamé patron universel des artistes en 1984. Il porte le titre de bienheureux.
Quel lien avec les Médicis ?
Cosme de Médicis a financé la reconstruction du couvent San Marco et y disposait d’une cellule double, elle aussi décorée par Fra Angelico et son atelier.