Arts · Peintres et sculpteurs
Jacques-Louis David
Jacques-Louis David (1748-1825) est le chef de file du néoclassicisme français. Peintre du Serment des Horaces, de La Mort de Marat et du Sacre de Napoléon, il a été l’artiste de la Révolution puis de l’Empire.
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Jacques-Louis David, né le 30 août 1748 à Paris et mort en exil à Bruxelles le 29 décembre 1825, est le peintre qui a imposé le néoclassicisme en France. Contre la grâce du rococo, il propose une peinture austère, héroïque, inspirée de l’Antiquité romaine. Engagé dans la Révolution française, député jacobin, régicide, il devient ensuite le premier peintre de Napoléon. Son atelier forme une génération entière, dont Ingres, Gros et Girodet.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 30 août 1748 | Naissance à Paris dans une famille de marchands |
| 1764 | Entre dans l’atelier de Joseph-Marie Vien, sur les conseils de Boucher |
| 1774 | Prix de Rome, après plusieurs échecs |
| 1775 – 1780 | Pensionnaire à Rome : découverte de l’antique et de Poussin |
| 1784 – 1785 | Le Serment des Horaces, peint à Rome, triomphe au Salon |
| 1787 | La Mort de Socrate |
| 1789 | Les Licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils |
| 1792 | Député de Paris à la Convention ; vote la mort de Louis XVI |
| 1793 | La Mort de Marat ; organise les fêtes révolutionnaires |
| 1794 | Emprisonné après la chute de Robespierre |
| 1799 | Les Sabines |
| 1804 | Nommé premier peintre de l’empereur |
| 1805 – 1807 | Le Sacre de Napoléon |
| 1816 | Exilé comme régicide ; s’installe à Bruxelles |
| 29 décembre 1825 | Mort à Bruxelles |
Du Salon à la Révolution
Formé par Vien, David échoue trois fois au prix de Rome avant de l’obtenir en 1774. À Rome, il étudie les statues antiques, Raphaël et Poussin, et rompt avec le style galant de sa jeunesse. Le Serment des Horaces, commande royale, fait sensation au Salon de 1785 : trois frères jurent de mourir pour Rome devant leur père, tandis que les femmes s’effondrent de douleur. La vertu civique y triomphe des sentiments privés.
Sous la Révolution, David met son art et sa personne au service de la République. Ami de Robespierre, membre du Comité de sûreté générale, il dessine les costumes et les fêtes civiques (fête de l’Être suprême, 1794), fait supprimer l’Académie royale et participe à la création du Muséum du Louvre. Après Thermidor, il est emprisonné quelques mois ; c’est en prison qu’il conçoit Les Sabines, appel à la réconciliation.
Le peintre de Napoléon
Séduit par Bonaparte, David devient son premier peintre. Il réalise le portrait équestre Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard et surtout l’immense Sacre, plus de 6 mètres sur 9. À la Restauration, régicide, il est banni ; il refuse de solliciter son pardon et meurt à Bruxelles. Son corps n’est pas autorisé à revenir en France ; son cœur est inhumé au Père-Lachaise.
Le style de David
La leçon de l’antique
Sujets tirés de l’histoire romaine et grecque, costumes et architectures archéologiques, figures inspirées des statues et des bas-reliefs antiques.
La clarté de la composition
Peu de personnages, disposés en frise sur un fond simple ; espace peu profond, comme une scène de théâtre. Le Serment des Horaces est construit sur une architecture à trois arcades qui répond aux trois groupes de figures.
Le primat du dessin
Contours nets, modelé lisse, touche invisible, lumière franche : le dessin domine la couleur. Le tableau doit être lisible et édifiant.
Le portrait
David est un portraitiste remarquable, d’une grande simplicité : Madame Récamier allongée sur un divan antique, sur un fond nu, est devenue un modèle d’élégance.
Œuvres majeures de Jacques-Louis David
| Titre | Date | Lieu de conservation |
|---|---|---|
| Le Serment des Horaces | 1784 – 1785 | Musée du Louvre, Paris |
| La Mort de Socrate | 1787 | Metropolitan Museum of Art, New York |
| Portrait d’Antoine Laurent Lavoisier et de sa femme | 1788 | Metropolitan Museum of Art, New York |
| Les Licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils | 1789 | Musée du Louvre, Paris |
| La Mort de Marat | 1793 | Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles |
| Les Sabines | 1799 | Musée du Louvre, Paris |
| Madame Récamier | 1800 | Musée du Louvre, Paris |
| Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard (première version) | 1801 | Château de Malmaison, Rueil-Malmaison |
| Le Sacre de Napoléon | 1805 – 1807 | Musée du Louvre, Paris |
| Mars désarmé par Vénus et les Grâces | 1824 | Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles |
La Mort de Marat
Le 13 juillet 1793, le député Jean-Paul Marat est poignardé dans sa baignoire par Charlotte Corday. David, son ami, peint en quelques mois un tableau-icône : le corps du « martyr de la Révolution » s’affaisse, le bras pendant comme celui d’un Christ déposé ; la lettre de la meurtrière à la main, une caisse de bois en guise de pupitre, un fond vide. La meurtrière est absente. Le tableau, laïcisation de l’image du martyr chrétien, est l’un des chefs-d’œuvre de la peinture politique.
Le Sacre de Napoléon
Le tableau représente non le couronnement de l’empereur par lui-même mais celui de Joséphine par Napoléon, à Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804. David y transforme la réalité : la mère de l’empereur, absente, figure en bonne place. Une seconde version, peinte en exil, est au château de Versailles. Voir aussi Napoléon Bonaparte.
L’héritage
Par son enseignement — des centaines d’élèves —, David domine la peinture européenne pendant trente ans. Ingres prolonge son culte du dessin ; Gros et Géricault annoncent le romantisme, qui se construit en partie contre lui. Sa Mort de Marat a été admirée par Baudelaire et reprise par de nombreux artistes modernes.
Questions fréquentes
Pourquoi David est-il le peintre du néoclassicisme ?
Parce qu’il en a fixé les principes — sujets antiques, vertu civique, dessin net, composition claire — et les a imposés par ses tableaux et son atelier, le plus influent d’Europe.
David a-t-il voté la mort de Louis XVI ?
Oui. Député de Paris à la Convention, il a voté la mort du roi en janvier 1793, ce qui lui a valu l’exil sous la Restauration.
Où voir Le Sacre de Napoléon ?
La première version est au musée du Louvre, dans la salle Daru ; la seconde, achevée en 1822, au château de Versailles.
Où est le tableau La Mort de Marat ?
L’original est conservé aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique, à Bruxelles. Le Louvre et Versailles en possèdent des copies d’atelier.