Arts · Peintres et sculpteurs
Amedeo Modigliani
Amedeo Modigliani (1884-1920) est un peintre et sculpteur italien de l’école de Paris. Ses portraits aux visages ovales, aux cous allongés et aux yeux en amande sont parmi les plus reconnaissables du XXe siècle.
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Amedeo Modigliani, né le 12 juillet 1884 à Livourne, en Toscane, et mort à Paris le 24 janvier 1920, à 35 ans, est l’une des figures légendaires de Montparnasse. Venu à Paris en 1906, il fréquente Picasso, Brancusi, Soutine et Chagall, sans adhérer à aucun mouvement. Sculpteur avant tout à ses débuts, il se consacre ensuite à la peinture et crée un style immédiatement identifiable : visages étirés, yeux vides ou en amande, lignes souples. Sa vie de misère, d’alcool et de maladie, et sa mort précoce, ont nourri le mythe de l’artiste maudit.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 12 juillet 1884 | Naissance à Livourne, dans une famille juive séfarade ruinée |
| 1898 – 1900 | Apprend la peinture à Livourne ; atteint de pleurésie puis de tuberculose |
| 1902 – 1905 | Études à Florence et à Venise |
| 1906 | S’installe à Paris, à Montmartre |
| 1907 | Rencontre le docteur Paul Alexandre, premier mécène |
| 1909 – 1914 | Se consacre à la sculpture sous l’influence de Brancusi ; Têtes en pierre |
| 1914 | Abandonne la sculpture ; liaison avec la poétesse anglaise Beatrice Hastings |
| 1916 | Le marchand Léopold Zborowski devient son agent |
| 1917 | Rencontre Jeanne Hébuterne ; unique exposition personnelle, galerie Berthe Weill, fermée par la police pour ses nus |
| 1918 – 1919 | Séjour à Nice et Cagnes ; naissance de leur fille Jeanne |
| 24 janvier 1920 | Mort de méningite tuberculeuse à l’hôpital de la Charité, à Paris |
| 25 janvier 1920 | Suicide de Jeanne Hébuterne, enceinte de huit mois |
La vie de Modigliani
Quatrième enfant d’une famille cultivée de Livourne, « Dedo » est un enfant fragile, frappé à quatorze ans par une pleurésie puis la tuberculose. Il découvre l’art de la Renaissance à Florence et Venise, puis part pour Paris, capitale des avant-gardes. Élégant malgré la pauvreté, lettré, récitant Dante par cœur, il devient une figure de Montmartre puis de Montparnasse, où il vit dans des ateliers de fortune et paye parfois ses repas avec des dessins.
Sa santé se détériore avec l’abus d’alcool et de drogues. En 1917, il rencontre Jeanne Hébuterne, jeune élève de l’Académie Colarossi, qui devient sa compagne et son modèle. Le marchand polonais Léopold Zborowski le soutient et l’envoie se soigner sur la Côte d’Azur. Revenu à Paris, il meurt en janvier 1920 ; le lendemain, Jeanne se jette d’une fenêtre. Ils reposent ensemble au cimetière du Père-Lachaise.
Le style de Modigliani
La sculpture
Entre 1909 et 1914, Modigliani taille directement dans la pierre une série de Têtes allongées, au nez long et fin, à la bouche minuscule, inspirées de l’art africain, des sculptures khmères, de l’art cycladique et de Brancusi. Il projetait un « temple de la beauté » orné de cariatides. La poussière de la pierre, nocive pour ses poumons, et le coût des matériaux l’obligent à renoncer.
Le portrait
Il reporte dans la peinture les formes de ses sculptures : visage ovale, long cou cylindrique, épaules tombantes, nez droit, yeux souvent sans pupilles, en amande. Il peint presque exclusivement des figures : amis artistes (Picasso, Soutine, Diego Rivera, Jean Cocteau), poètes, marchands, enfants, servantes, et surtout Jeanne Hébuterne.
Les nus
Entre 1916 et 1919, il peint une série d’une trentaine de grands nus féminins allongés, sensuels, aux couleurs chaudes, dans la tradition de Titien, Giorgione et Ingres. Ils provoquent la fermeture de son exposition en 1917. L’un d’eux, Nu couché, a été vendu aux enchères en 2015 pour plus de 170 millions de dollars.
Héritage italien
Ses lignes souples rappellent la peinture siennoise et le maniérisme ; la simplification des formes et la frontalité viennent de Cézanne, qu’il admirait.
Œuvres majeures de Modigliani
| Titre | Date | Lieu de conservation |
|---|---|---|
| Tête (pierre) | 1911 – 1912 | Tate Modern, Londres |
| Portrait de Paul Guillaume (Novo Pilota) | 1915 | Musée de l’Orangerie, Paris |
| Chaïm Soutine | 1917 | National Gallery of Art, Washington |
| Nu couché | 1917 – 1918 | Collection particulière |
| Nu couché (autre version) | vers 1919 | Museum of Modern Art, New York |
| Jeanne Hébuterne au grand chapeau | 1918 | Collection particulière |
| Le Jeune Apprenti | vers 1918 | Musée de l’Orangerie, Paris |
| Autoportrait | 1919 | Musée d’art contemporain de l’université de São Paulo |
L’héritage
Modigliani n’a pas fondé d’école, mais il incarne l'école de Paris, cette communauté d’artistes étrangers installés à Paris entre 1900 et 1940. Sa cote a explosé après sa mort, ce qui a aussi suscité un grand nombre de faux, au point que son œuvre reste difficile à cataloguer. Le musée de l’Orangerie et le Centre Pompidou en conservent des œuvres à Paris ; le LaM de Villeneuve-d’Ascq possède un ensemble important.
Questions fréquentes
Pourquoi Modigliani peint-il des cous si longs ?
L’allongement vient de sa pratique de la sculpture et de ses sources : art africain, art des Cyclades, maniérisme italien. Il simplifie et étire les formes pour atteindre une beauté idéale et une forte présence.
Pourquoi les yeux de ses portraits sont-ils vides ?
Modigliani peint souvent les yeux sans pupille, comme des amandes de couleur. Une phrase qui lui est prêtée dit qu’il peindrait les yeux quand il connaîtrait l’âme du modèle ; elle n’est pas documentée avec certitude.
Modigliani est-il cubiste ?
Non. Il est l’ami des cubistes et partage leur intérêt pour l’art africain et Cézanne, mais il ne décompose jamais les formes. Il reste fidèle à la figure et à la ligne.
Où voir des Modigliani en France ?
Au musée de l’Orangerie (collection Walter-Guillaume), au Centre Pompidou et au LaM, le musée d’art moderne de Lille Métropole à Villeneuve-d’Ascq.