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Arts · Peintres et sculpteurs

Jackson Pollock

Jackson Pollock (1912-1956) est un peintre américain, figure majeure de l’expressionnisme abstrait. Sa technique du dripping, peinture coulée sur une toile posée au sol, a révolutionné la peinture d’après-guerre.

Mis à jour le 4 min de lecture

Paul Jackson Pollock, né le 28 janvier 1912 à Cody, dans le Wyoming, et mort le 11 août 1956 à Springs, dans l’État de New York, est le peintre qui a fait de New York la nouvelle capitale de l’art moderne. Entre 1947 et 1950, il invente une peinture entièrement nouvelle : la toile est posée au sol, et l’artiste, tournant autour, y fait couler, goutter et projeter la peinture. Ces immenses réseaux de lignes entrelacées, sans centre ni bord, sont devenus l’emblème de l'expressionnisme abstrait et de l'action painting. Il meurt à 44 ans dans un accident de voiture.

Repères chronologiques

DateÉvénement
28 janvier 1912Naissance à Cody (Wyoming), cadet de cinq garçons
1930S’installe à New York ; élève de Thomas Hart Benton à l’Art Students League
1936Atelier expérimental du muraliste mexicain David Alfaro Siqueiros
1935 – 1942Employé par le Federal Art Project du New Deal
1937 – 1938Premières cures contre l’alcoolisme ; psychanalyse jungienne
1943Contrat avec Peggy Guggenheim ; première exposition personnelle ; Mural
1945Épouse la peintre Lee Krasner ; installation à Springs, Long Island
1947Premiers drip paintings
1949Article du magazine Life : « Est-il le plus grand peintre vivant des États-Unis ? »
1950Lavender Mist, Autumn Rhythm, One : Number 31 ; film de Hans Namuth
1951Retour à la figuration en noir et blanc (black pourings)
1952Blue Poles (Number 11)
11 août 1956Mort dans un accident de voiture à Springs, sous l’emprise de l’alcool

La vie de Jackson Pollock

Élevé dans l’Ouest américain, dans une famille souvent déménagée, Pollock rejoint ses frères à New York à 18 ans. Il apprend la peinture auprès de Thomas Hart Benton, peintre régionaliste aux compositions tournoyantes. Il découvre aussi les muralistes mexicains et l’œuvre de Picasso et des surréalistes en exil à New York, dont il retient l’idée de l’automatisme.

Alcoolique dès sa jeunesse, sujet à de graves dépressions, il suit une psychanalyse jungienne qui nourrit sa peinture de symboles. Peggy Guggenheim le soutient à partir de 1943 et lui commande une immense peinture murale pour son appartement. Avec sa femme Lee Krasner, peintre importante de l’expressionnisme abstrait, il s’installe dans une ferme de Long Island, où la grange devient son atelier : c’est là qu’il invente le dripping.

En 1949, le magazine Life le présente au grand public ; en 1950, le photographe Hans Namuth le filme au travail. Il devient une célébrité, mais replonge dans l’alcool. Il meurt au volant de sa voiture, qui tue aussi une passagère.

Le dripping et l’action painting

La technique

Pollock pose sur le sol des toiles non tendues, souvent immenses. À l’aide de bâtons, de pinceaux durcis ou de boîtes percées, il laisse couler de la peinture fluide, souvent de la peinture industrielle laquée, en gestes amples. Il ajoute parfois du sable, du verre ou des clous.

Le geste

Le critique Harold Rosenberg forge en 1952 l’expression d'action painting : la toile devient l’arène d’un acte, la trace d’un engagement physique total de l’artiste. Pollock affirmait contrôler la coulure et refusait qu’on parle d’accident.

Le all-over

Ses toiles n’ont ni centre, ni haut, ni bas, ni figure principale : la surface est couverte uniformément, dans une composition dite all-over. Le spectateur est enveloppé par le réseau de lignes.

Œuvres majeures de Jackson Pollock

TitreDateLieu de conservation
The She-Wolf1943Museum of Modern Art, New York
Mural1943University of Iowa Stanley Museum of Art, Iowa City
Full Fathom Five1947Museum of Modern Art, New York
Alchemy1947Collection Peggy Guggenheim, Venise
Number 1A, 19481948Museum of Modern Art, New York
Number 1, 1950 (Lavender Mist)1950National Gallery of Art, Washington
Autumn Rhythm (Number 30)1950Metropolitan Museum of Art, New York
One : Number 31, 19501950Museum of Modern Art, New York
Number 26 A, 1948 : Black and White1948Centre Pompidou, Paris
Blue Poles (Number 11, 1952)1952National Gallery of Australia, Canberra

L’héritage

Pollock a fait basculer le centre du monde de l’art de Paris à New York. Sa manière de considérer la peinture comme un événement ouvre la voie au happening, à la performance et à l’art conceptuel des années 1960, ainsi qu’au pop art, qui se construit en réaction. Lee Krasner, après sa mort, a créé la Pollock-Krasner Foundation, qui aide les artistes. Leur maison de Springs, le Pollock-Krasner House and Study Center, conserve le sol maculé de peinture de l’atelier.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le dripping ?

Une technique qui consiste à faire couler ou goutter de la peinture fluide sur une toile posée à plat, sans contact direct du pinceau. Max Ernst l’avait expérimentée, mais Pollock l’a généralisée et en a fait un langage.

Pourquoi les tableaux de Pollock sont-ils si chers ?

Parce qu’ils sont rares — il a peint ses grands drippings en à peine quatre ans —, qu’ils marquent un tournant de l’histoire de l’art et qu’ils appartiennent presque tous à des musées. Ceux qui restent sur le marché atteignent des dizaines de millions de dollars.

Pollock est-il le seul expressionniste abstrait ?

Non. Le mouvement réunit aussi Willem de Kooning, Franz Kline, Lee Krasner, Mark Rothko, Barnett Newman, Clyfford Still et Robert Motherwell.

Où voir des tableaux de Pollock en France ?

Au Centre Pompidou, à Paris, qui possède notamment The Deep (1953) et Number 26 A, 1948 : Black and White.

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