Arts · Mouvements artistiques
Le pop art
Le pop art naît à Londres vers 1956 et s’épanouit à New York dans les années 1960. Il fait entrer dans l’art les images de la culture populaire : publicité, bande dessinée, produits de consommation, stars.
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Le pop art, abréviation de popular art, apparaît dans la société de consommation de l’après-guerre. Il prend pour sujets ce que l’art « savant » méprisait : boîtes de soupe, publicités, bandes dessinées, stars de cinéma, hamburgers. Il en reprend aussi les techniques de fabrication, comme la sérigraphie ou l’imitation de l’impression mécanique. Ironique ou fasciné, il interroge la frontière entre art et marchandise, image unique et image reproduite.
Les origines britanniques
À Londres, au début des années 1950, l'Independent Group, qui se réunit à l’Institute of Contemporary Arts, s’intéresse à la culture américaine importée : magazines, publicités, cinéma, design automobile. On attribue au critique Lawrence Alloway l’usage du terme « pop art » au milieu des années 1950.
- Eduardo Paolozzi réalise dès 1947 le collage I Was a Rich Man’s Plaything, où apparaît le mot « Pop! ».
- Richard Hamilton crée pour l’exposition This Is Tomorrow (Whitechapel Gallery, 1956) le petit collage Just What Is It That Makes Today’s Homes So Different, So Appealing? (Kunsthalle de Tübingen), souvent considéré comme la première œuvre pop.
- En 1957, Hamilton définit le pop dans une lettre comme : populaire, éphémère, jetable, bon marché, produit en série, jeune, spirituel, sexy, astucieux, glamour, et « big business ».
Le pop art américain
Aux États-Unis, deux artistes préparent le terrain au milieu des années 1950 : Jasper Johns, qui peint drapeaux et cibles, et Robert Rauschenberg, qui intègre des objets réels à ses Combines. Leur démarche, qualifiée de néo-dada, prolonge le ready-made de Duchamp (voir dadaïsme).
Le pop art américain éclate en 1962, année où Warhol, Lichtenstein, Oldenburg, Rosenquist et Wesselmann s’imposent dans les galeries new-yorkaises.
Les caractéristiques du pop art
- Des sujets tirés de la culture de masse : produits de supermarché, publicités, stars, faits divers, comics.
- Les techniques industrielles : sérigraphie, aplats, imitation de la trame d’impression.
- La répétition et la série, comme dans la production industrielle.
- Les couleurs vives et plates, sans modelé, souvent primaires.
- L’impersonnalité : effacement de la touche, de la main et de l’émotion de l’artiste.
- L’ambiguïté : célébration ou critique de la société de consommation, le pop art laisse souvent la question ouverte.
Les grands artistes
| Artiste | Pays | Dates | Signature |
|---|---|---|---|
| Richard Hamilton | Royaume-Uni | 1922-2011 | Collages, théoricien du pop britannique |
| David Hockney | Royaume-Uni | né en 1937 | Piscines californiennes, couleurs vives (rattaché au pop à ses débuts) |
| Andy Warhol | États-Unis | 1928-1987 | Sérigraphies en série, stars et produits |
| Roy Lichtenstein | États-Unis | 1923-1997 | Cases de comics agrandies, points Ben-Day |
| Claes Oldenburg | Suède / États-Unis | 1929-2022 | Objets du quotidien en sculptures géantes ou molles |
| James Rosenquist | États-Unis | 1933-2017 | Fragments publicitaires à l’échelle des panneaux d’affichage |
| Tom Wesselmann | États-Unis | 1931-2004 | Great American Nude, natures mortes de consommation |
Œuvres majeures
| Œuvre | Artiste | Date | Lieu de conservation |
|---|---|---|---|
| Just What Is It That Makes Today’s Homes So Different, So Appealing? | Hamilton | 1956 | Kunsthalle de Tübingen |
| Flag | Jasper Johns | 1954-1955 | Museum of Modern Art, New York |
| Campbell’s Soup Cans | Warhol | 1962 | Museum of Modern Art, New York |
| Marilyn Diptych | Warhol | 1962 | Tate Modern, Londres |
| Whaam! | Lichtenstein | 1963 | Tate Modern, Londres |
| Drowning Girl | Lichtenstein | 1963 | Museum of Modern Art, New York |
| F-111 | Rosenquist | 1964-1965 | Museum of Modern Art, New York |
Les équivalents en Europe
En France, le critique Pierre Restany fonde en 1960 le nouveau réalisme avec Yves Klein, Arman, Jean Tinguely, Martial Raysse, Daniel Spoerri, puis César et Niki de Saint Phalle : appropriation des objets et des déchets de la société de consommation, dans un esprit proche du pop. La figuration narrative (Hervé Télémaque, Bernard Rancillac, Erró, Jacques Monory) reprend dans les années 1960 les images des médias avec une intention plus critique et politique.
Héritage
Le pop art a brouillé définitivement la frontière entre culture savante et culture populaire, entre art et commerce. Jeff Koons, Takashi Murakami, une grande part du street art et de l'art contemporain en sont les héritiers directs. Les œuvres de Warhol comptent parmi les plus chères vendues aux enchères : son Shot Sage Blue Marilyn (1964) a été adjugé environ 195 millions de dollars chez Christie’s en 2022.
Questions fréquentes
Qui est l’inventeur du pop art ?
Le pop art est né en Grande-Bretagne avec l’Independent Group (Richard Hamilton, Eduardo Paolozzi, le critique Lawrence Alloway) au milieu des années 1950. Andy Warhol en est devenu la figure la plus célèbre aux États-Unis.
Pourquoi Warhol a-t-il peint des boîtes de soupe ?
Pour faire entrer dans l’art un objet banal, consommé par tous et identique pour tous, et interroger ainsi la valeur de l’art à l’ère de la production en série et de la publicité.
Le pop art critique-t-il la société de consommation ?
Les avis divergent. Certaines œuvres semblent la célébrer, d’autres en montrent la face sombre (séries de Warhol sur les accidents et la chaise électrique). Cette ambiguïté est une caractéristique du mouvement.