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Arts · Mouvements artistiques

Le romantisme en peinture

Le romantisme est un mouvement artistique européen de la première moitié du XIXe siècle. Il oppose à la raison néoclassique la passion, l’imagination, la nature sublime et la couleur.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le romantisme naît à la fin du XVIIIe siècle en Allemagne et en Angleterre, puis triomphe en France dans les années 1820-1830. Il touche la littérature (voir le romantisme littéraire), la musique et la peinture. En peinture, il s’oppose au néoclassicisme : à la ligne, il préfère la couleur ; à la raison, l’émotion ; à l’Antiquité, l’histoire récente, le Moyen Âge, l’Orient ou la nature sauvage.

Le contexte

Le romantisme naît dans un monde bouleversé : la Révolution française, les guerres napoléoniennes, la révolution industrielle naissante. Les certitudes des Lumières vacillent. Le philosophe britannique Edmund Burke avait distingué en 1757 le beau, qui plaît par l’harmonie, et le sublime, qui saisit par la grandeur et la terreur (tempêtes, montagnes, abîmes). Les peintres romantiques cherchent ce sublime.

Les caractéristiques de la peinture romantique

  • La couleur et la touche : touche visible, couleurs vives et contrastées, héritées de Rubens et des Vénitiens.
  • Le mouvement : compositions en diagonale, foules agitées, chevaux cabrés.
  • L’émotion et la passion : souffrance, désespoir, violence, mort, amour.
  • La nature sublime : mers déchaînées, brumes, ruines, clairs de lune, montagnes.
  • L’actualité et l’engagement : naufrages, massacres, révolutions, luttes de libération (Grèce).
  • L’exotisme et l’orientalisme : Maghreb, Proche-Orient, harems, chasses.
  • Le Moyen Âge et le rêve : chevaliers, légendes, cauchemars, fantastique.

Les grands peintres romantiques

PeintrePaysDatesThèmes
Francisco de GoyaEspagne1746-1828Horreurs de la guerre, cauchemars, peintures noires
Johann Heinrich FüssliSuisse / Angleterre1741-1825Fantastique et cauchemar
William TurnerAngleterre1775-1851Lumière, tempêtes, dissolution des formes
John ConstableAngleterre1776-1837Paysage observé, ciels changeants
Caspar David FriedrichAllemagne1774-1840Paysage spirituel, solitude, contemplation
Théodore GéricaultFrance1791-1824Chevaux, naufrage, folie
Eugène DelacroixFrance1798-1863Couleur, histoire, Orient, littérature

Œuvres majeures

ŒuvreArtisteDateLieu de conservation
Le CauchemarFüssli1781Detroit Institute of Arts
Tres de Mayo (Le 3 mai 1808)Goya1814Musée du Prado, Madrid
Le Voyageur contemplant une mer de nuagesFriedrichv. 1818Kunsthalle de Hambourg
Le Radeau de la MéduseGéricault1818-1819Musée du Louvre, Paris
La Charrette de foinConstable1821National Gallery, Londres
Scènes des massacres de ScioDelacroix1824Musée du Louvre, Paris
La Mort de SardanapaleDelacroix1827Musée du Louvre, Paris
La Liberté guidant le peupleDelacroix1830Musée du Louvre, Paris
Pluie, vapeur et vitesseTurner1844National Gallery, Londres

Deux œuvres emblématiques

Le Radeau de la Méduse (Géricault, présenté au Salon de 1819) représente les survivants du naufrage de la frégate La Méduse (1816), abandonnés sur un radeau. Géricault traite un fait divers contemporain, qui était aussi un scandale politique, dans un format géant (environ 5 m sur 7 m) jusque-là réservé à la peinture d’histoire. La composition pyramidale culmine sur un homme agitant un tissu vers un navire à l’horizon.

La Liberté guidant le peuple (Delacroix, 1830) célèbre les Trois Glorieuses, la révolution de juillet 1830. Une allégorie de la Liberté, coiffée du bonnet phrygien et brandissant le drapeau tricolore, entraîne des insurgés de toutes conditions par-dessus une barricade. Le tableau est devenu une icône de la République.

La querelle Ingres-Delacroix

Dans la France des années 1820-1850, la critique oppose Ingres, champion du dessin et de la tradition, et Delacroix, champion de la couleur et du mouvement. La rivalité reprend l’ancienne querelle du coloris (voir classicisme). Le poète Charles Baudelaire, dans ses Salons, défend Delacroix.

Héritage

Par l’attention portée à la lumière et au plein air, Constable et Turner annoncent l'impressionnisme. Par sa couleur libre, Delacroix est admiré par Van Gogh et Cézanne. Au milieu du siècle, le réalisme de Courbet rejette à la fois l’idéal néoclassique et l’imaginaire romantique.

Questions fréquentes

Comment reconnaître un tableau romantique ?

Des couleurs intenses, une touche visible, un mouvement dramatique, une émotion forte, une nature grandiose ou menaçante, ou un sujet tiré de l’actualité, du Moyen Âge, de l’Orient ou du rêve.

Quelles sont les dates du romantisme en peinture ?

En gros de 1800 à 1850. En France, on retient souvent le Salon de 1819 (Le Radeau de la Méduse) et celui de 1824 (Massacres de Scio) comme moments fondateurs.

Goya est-il romantique ?

Il est souvent rattaché au romantisme par ses œuvres tardives (Tres de Mayo, Désastres de la guerre, peintures noires), mais sa carrière commence dans l’esthétique du XVIIIe siècle. C’est un précurseur plus qu’un membre d’une école.

Quelle différence entre romantisme et réalisme ?

Le romantisme cherche l’émotion, l’imagination et le grandiose ; le réalisme veut représenter la réalité ordinaire et contemporaine, sans idéalisation ni exaltation.

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