Langue française · Orthographe et accords
Ni ou n’y
On écrit n’y (ne + y) quand on peut remplacer par « ne… pas là » ou « ne… pas à cela » ; sinon c’est ni, la conjonction qui relie des éléments niés.
Mis à jour le 4 min de lecture
Ni et n’y se prononcent exactement de la même façon, mais ce sont deux mots de nature totalement différente. Ni est une conjonction de coordination négative ; n’y est l’élision de l’adverbe de négation ne suivi du pronom adverbial y. La confusion est l’une des plus fréquentes des homophones grammaticaux.
N’y : ne + y
N’y se décompose en deux mots :
- ne (n'), première partie de la négation, qui s’élide devant une voyelle ;
- y, pronom qui remplace un lieu (là) ou un complément introduit par à (à cela).
On le trouve donc toujours dans une négation complète (ne… pas, ne… plus, ne… jamais, ne… rien) :
- Je n’y vais pas. → affirmatif : j’y vais (= je vais là).
- Il n’y pense plus. → il y pense (= il pense à cela).
- Il n’y a personne. → il y a quelqu’un.
- Tu n’y peux rien. → tu y peux quelque chose.
- N'y touche pas ! → touches-y.
La locution il n’y a (il n’y a pas de pain, il n’y a qu’à demander) est de loin le cas le plus courant. Elle s’écrit toujours n’y, car elle est la négation de il y a.
Ni : la conjonction négative
Ni coordonne des mots ou des groupes dans une phrase négative. Il équivaut à et ou ou dans une phrase affirmative.
- Il ne boit ni vin ni bière. (affirmatif : il boit du vin et de la bière)
- Je n’ai ni le temps ni l’envie.
- Ni Paul ni Léa ne sont venus.
- Il ne veut pas sortir ni voir personne.
On le reconnaît facilement : ni est souvent répété (ni… ni…) et il est accompagné de ne mais jamais de pas dans le même membre de phrase. On écrit il ne mange ni ne boit, et non « il ne mange pas ni ne boit pas ».
Ni répété ou ni unique
| Construction | Exemple |
|---|---|
| ni… ni… (devant chaque élément) | Je n’aime ni le thé ni le café. |
| ne… pas… ni… (le premier nié par pas) | Je n’aime pas le thé ni le café. |
| ni devant deux verbes | Il ne rit ni ne pleure. |
| sans… ni… | Il est parti sans bagage ni argent. |
Après sans, on emploie ni (et non et ou ou) pour coordonner : sans peur ni reproche.
Tableau récapitulatif
| Forme | Nature | Test | Exemple |
|---|---|---|---|
| n’y | ne + pronom y | à l’affirmatif → y | Je n’y crois pas. |
| ni | conjonction | relie des éléments niés | Ni vu ni connu. |
L’accord du verbe avec « ni… ni… »
Quand deux sujets singuliers sont reliés par ni… ni…, le verbe se met au pluriel si l’action peut concerner les deux, au singulier si elle ne peut concerner qu’un seul :
- Ni sa mère ni son père ne sont venus. (aucun des deux n’est venu)
- Ni Pierre ni Paul ne sera élu président. (un seul poste à pourvoir)
Avec des personnes différentes, le verbe prend la personne prioritaire : Ni toi ni moi ne pouvons le savoir (moi + toi = nous). Pour les autres cas difficiles, voir l’accord du sujet et du verbe.
Les pièges courants
- « Il ni a pas » est une faute : on écrit toujours il n’y a pas.
- « N’y vu ni connu » : l’expression est ni vu ni connu (= sans que personne le sache).
- « Ni plus ni moins » : deux ni, sans n’y.
- « Je n’y suis pour rien » : n’y, car on dit j’y suis pour quelque chose.
- « Ni oui ni non » : ni, car on refuse deux réponses.
Le même raisonnement vaut pour la paire si / s’y : voir si ou s’y.
Mini exercice corrigé
- Je ne sais (ni / n’y) lire (ni / n’y) écrire. → ni, ni
- Il (ni / n’y) a plus de place. → n’y
- Nous (ni / n’y) retournerons jamais. → n’y (nous y retournerons)
- Elle n’a (ni / n’y) frère (ni / n’y) sœur. → ni, ni
- Ne t'(ni / n’y) fie pas. → piège : ne t'y fie pas (te + y)
- Tu (ni / n’y) es pour rien. → n’y
Questions fréquentes
« Il n’y a pas ni » : peut-on cumuler les deux ?
Oui, quand chacun joue son rôle : Il n’y a ni pain ni lait. Le n’y appartient à il y a nié, le ni coordonne pain et lait.
Peut-on écrire « ni » sans « ne » ?
Dans une phrase verbale, ni s’accompagne de ne (je n'aime ni…). Sans verbe, il s’emploie seul : Ni fleurs ni couronnes. Ni oui ni non.
« Ni l’un ni l’autre » : singulier ou pluriel ?
Les deux sont admis : Ni l’un ni l’autre n’est venu ou ne sont venus. Le pluriel est plus courant quand l’action pourrait concerner les deux.