Langue française · Orthographe et accords
Trait d’union : règles d’emploi
Le trait d’union relie les éléments d’un mot composé, le verbe au pronom sujet inversé (viens-tu), le verbe à l’impératif à ses pronoms (dis-le), les nombres inférieurs à cent, et les pronoms à même, -ci et -là.
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Le trait d’union (-) est un signe d’orthographe, distinct du tiret (–) qui est un signe de ponctuation. Il unit des mots qui forment une unité de sens ou de construction. Ses emplois se répartissent en sept grandes catégories.
1. Les mots composés
De nombreux noms, adjectifs et adverbes composés s’écrivent avec un trait d’union : arc-en-ciel, grand-mère, porte-monnaie, sourd-muet, peut-être, c’est-à-dire, vis-à-vis, au-dessus, là-bas. Mais d’autres s’écrivent sans : pomme de terre, chemin de fer, tout à fait, compte rendu, ou soudés : portefeuille, pourboire. Le dictionnaire reste la référence. Pour le pluriel, voir pluriel des noms composés.
2. L’inversion du sujet
Dans l’interrogation ou l’incise, le pronom sujet placé après le verbe est lié par un trait d’union : Viens-tu ? Que dit-elle ? Peut-on entrer ? « Oui », répondit-il.
3. L’impératif suivi d’un pronom
À l’impératif affirmatif, le verbe est lié aux pronoms compléments qui le suivent : Dis-le. Donne-le-moi. Allez-vous-en. Parlez-lui. Prends-en. Vas-y.
Exception : t' élidé (de te) prend une apostrophe et non un trait d’union : va-t’en, garde-t’en (t' = te). Voir impératif sans s.
Pas de trait d’union si le pronom est complément d’un infinitif qui suit : Viens le voir (le est COD de voir), Laisse-moi le faire.
4. Les nombres
En orthographe traditionnelle, le trait d’union relie les éléments inférieurs à cent non reliés par et : dix-huit, quatre-vingt-dix, mais vingt et un, cent deux. Les rectifications de 1990 le généralisent : vingt-et-un, cent-deux. Voir nombres en lettres.
5. Les pronoms personnels + même
Moi-même, toi-même, lui-même, nous-mêmes, eux-mêmes. Voir accord de même.
6. -ci et -là
- Après un nom précédé d’un démonstratif : ce livre-ci, cette fois-là, ces jours-ci.
- Dans les pronoms et adverbes : celui-ci, celle-là, ci-dessous, ci-joint, là-haut, là-dedans, jusque-là.
Pas de trait d’union, en revanche, dans là où, ici même ou ce jour même.
7. Certains préfixes et éléments
- Ex- (= ancien) : l’ex-président.
- Non- devant un nom : la non-violence, un non-lieu (mais sans trait d’union devant un adjectif : non violent, non négligeable).
- Demi-, mi-, semi-, nu- devant le nom : une demi-heure, à mi-chemin. Voir accord de demi, nu et mi.
- Quasi- devant un nom : la quasi-totalité (mais quasi certain devant un adjectif).
- Après-, avant-, arrière-, sous-, vice- : l’après-guerre, l’avant-veille, une arrière-pensée, un sous-sol, le vice-président.
- Anti-, auto-, extra-, inter-, ultra-… : la règle générale est la soudure (antivirus, autoroute, interactif, extraordinaire), le trait d’union restant d’usage quand il évite une rencontre de voyelles gênante (anti-inflammatoire) ou devant un nom propre ou un sigle (anti-OGM).
Noms de lieux et de voies
Les noms composés de lieux, de voies, de fêtes et d’édifices prennent des traits d’union : Saint-Étienne, Île-de-France, Aix-en-Provence, la rue Victor-Hugo, la Saint-Valentin, le lycée Louis-le-Grand.
Tableau des erreurs fréquentes
| Fautif | Correct |
|---|---|
| a-t’il | a-t-il |
| peut être (= probablement) | peut-être |
| c’est à dire | c’est-à-dire |
| quatre vingt | quatre-vingts |
| donne le moi | donne-le-moi |
| tout-à-fait | tout à fait |
| au dessus | au-dessus |
| va t-en | va-t’en |
Questions fréquentes
Pourquoi « va-t’en » avec une apostrophe ?
Parce que t' est ici le pronom te élidé (va-te-en → va-t’en), et non le t euphonique. Comparez avec va-t-il, où le t n’a pas de sens propre.
« Tout à fait » prend-il des traits d’union ?
Non : tout à fait, tout à coup, tout à l’heure s’écrivent sans trait d’union.
« Week-end » ou « weekend » ?
Les deux sont admis : week-end est la forme traditionnelle, weekend la forme soudée recommandée par les rectifications de 1990.