Histoire · XXe siècle
Adolf Hitler
Adolf Hitler (1889-1945) est le dirigeant du Parti nazi et le dictateur de l’Allemagne de 1933 à 1945. Il est responsable de la Seconde Guerre mondiale en Europe et de l’extermination de six millions de Juifs.
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Adolf Hitler naît le 20 avril 1889 à Braunau am Inn, en Autriche-Hongrie, et se suicide le 30 avril 1945 dans son bunker de Berlin. Chef du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), il est nommé chancelier en janvier 1933 par des voies légales, puis transforme en quelques mois la république de Weimar en dictature totalitaire. Son idéologie, fondée sur un racisme et un antisémitisme radicaux et sur la conquête d’un « espace vital » à l’Est, conduit à la Seconde Guerre mondiale et à la Shoah. Cette fiche présente les faits établis par les historiens.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 20 avril 1889 | Naissance à Braunau am Inn (Autriche) |
| 1907-1913 | Vie précaire à Vienne ; échecs à l’Académie des beaux-arts |
| 1913 | Installation à Munich |
| 1914-1918 | Soldat dans l’armée bavaroise ; décoré de la croix de fer |
| 1919-1920 | Adhésion au Parti ouvrier allemand, renommé NSDAP |
| 8-9 novembre 1923 | Putsch de la Brasserie à Munich, échec |
| 1924 | Emprisonnement à Landsberg ; rédaction de Mein Kampf |
| Septembre 1930 | Le NSDAP obtient 18,3 % aux législatives |
| Juillet 1932 | Le NSDAP devient le premier parti (37,3 %) |
| 30 janvier 1933 | Nommé chancelier par le président Hindenburg |
| 27-28 février 1933 | Incendie du Reichstag ; suspension des libertés |
| 23 mars 1933 | Loi des pleins pouvoirs |
| 30 juin 1934 | Nuit des Longs Couteaux |
| Août 1934 | Mort de Hindenburg : Hitler devient « Führer et chancelier » |
| 1935 | Lois de Nuremberg |
| 1938 | Anschluss ; accords de Munich ; nuit de Cristal |
| 1er septembre 1939 | Invasion de la Pologne |
| 22 juin 1941 | Invasion de l’URSS |
| 20 janvier 1942 | Conférence de Wannsee |
| 20 juillet 1944 | Attentat manqué de Stauffenberg |
| 30 avril 1945 | Suicide dans le bunker de la Chancellerie |
Jeunesse et formation politique
Fils d’un fonctionnaire des douanes autrichien, Hitler est un élève médiocre. À Vienne, il échoue deux fois au concours de l’Académie des beaux-arts (1907 et 1908) et vit de la vente d’aquarelles. Il y absorbe les idées pangermanistes et antisémites répandues dans la capitale autrichienne. En 1913, il s’installe à Munich pour échapper au service militaire autrichien, puis s’engage dans l’armée bavaroise en 1914. Estafette sur le front occidental, il est blessé et décoré. Il vit la défaite de 1918 comme une trahison, adhérant au mythe du « coup de poignard dans le dos » attribué aux révolutionnaires et aux Juifs.
La conquête du pouvoir
En 1919, il adhère au petit Parti ouvrier allemand, qui devient en 1920 le NSDAP, dont il prend la tête en 1921. Orateur de brasserie au talent démagogique, il exploite le ressentiment contre le traité de Versailles, l’humiliation de la défaite et l’antisémitisme. Le putsch de la Brasserie de Munich (novembre 1923) échoue ; condamné à cinq ans de forteresse, il n’en purge que neuf mois, pendant lesquels il dicte Mein Kampf (« Mon combat »), où il expose sa vision raciale du monde, sa haine des Juifs et son projet de conquête de l’Est.
Il choisit ensuite la voie légale. La crise de 1929, qui jette au chômage environ six millions d’Allemands, fait exploser le vote nazi. En juillet 1932, le NSDAP devient le premier parti au Reichstag. Le 30 janvier 1933, le président Hindenburg, conseillé par des conservateurs qui pensent pouvoir le contrôler, le nomme chancelier. Le parti n’a jamais obtenu la majorité absolue lors d’élections libres.
L’installation de la dictature
En quelques mois, Hitler détruit la démocratie :
- après l'incendie du Reichstag (27 février 1933), un décret suspend les libertés fondamentales ; communistes et sociaux-démocrates sont arrêtés et envoyés dans les premiers camps de concentration, comme Dachau (mars 1933) ;
- la loi des pleins pouvoirs (23 mars 1933) donne au gouvernement le pouvoir de légiférer sans le Parlement ;
- les syndicats sont dissous, les partis interdits : le NSDAP devient parti unique en juillet 1933 ;
- lors de la nuit des Longs Couteaux (30 juin 1934), il fait assassiner les chefs des SA, dont Ernst Röhm, et des opposants conservateurs ;
- à la mort de Hindenburg (2 août 1934), il cumule les fonctions de président et de chancelier sous le titre de Führer ; l’armée lui prête serment personnellement.
Le régime s’appuie sur la SS de Heinrich Himmler, la police secrète Gestapo, la propagande de Joseph Goebbels et l’embrigadement de la jeunesse (Jeunesses hitlériennes). Les caractéristiques communes et les différences avec les autres régimes totalitaires sont analysées dans la fiche montée des totalitarismes.
La persécution des Juifs
L’antisémitisme est au cœur de l’idéologie nazie. Les étapes de la persécution :
| Date | Mesure |
|---|---|
| Avril 1933 | Boycott des commerces juifs ; exclusion des Juifs de la fonction publique |
| Septembre 1935 | Lois de Nuremberg : les Juifs perdent la citoyenneté ; mariages mixtes interdits |
| 9-10 novembre 1938 | Nuit de Cristal : pogroms dans toute l’Allemagne, synagogues incendiées, 30 000 hommes envoyés en camp |
| 1939-1941 | Ghettos en Pologne occupée ; massacres par les Einsatzgruppen à l’Est à partir de juin 1941 |
| 1942-1945 | « Solution finale » : déportation et assassinat dans des centres de mise à mort (Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Sobibor…) |
Environ six millions de Juifs sont assassinés. Le régime extermine aussi les Roms et les Sintis, tue environ 70 000 handicapés lors du programme « T4 » (1939-1941) puis d’autres victimes, et persécute les homosexuels, les opposants politiques et les Témoins de Jéhovah. Des millions de prisonniers de guerre soviétiques meurent en captivité.
La guerre
Hitler rétablit le service militaire (1935), remilitarise la Rhénanie (1936), annexe l’Autriche (Anschluss, mars 1938), puis obtient aux accords de Munich (septembre 1938) les Sudètes tchécoslovaques, avant d’occuper Prague en mars 1939. Après le pacte germano-soviétique, il envahit la Pologne le 1er septembre 1939 : la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre. Vainqueur de la France en 1940, il attaque l’URSS en juin 1941 et déclare la guerre aux États-Unis en décembre 1941.
Les défaites de Stalingrad (février 1943), d’Afrique du Nord, puis le débarquement de Normandie (juin 1944) retournent la situation. Hitler échappe à l’attentat du colonel Claus von Stauffenberg (20 juillet 1944). Refusant toute capitulation, il ordonne de détruire les infrastructures allemandes face à l’avancée alliée.
La fin
Retranché dans le bunker de la Chancellerie à Berlin encerclée par l’Armée rouge, Hitler épouse Eva Braun le 29 avril 1945, désigne l’amiral Dönitz comme successeur et se suicide avec elle le 30 avril 1945. Leurs corps sont brûlés dans le jardin de la Chancellerie. L’Allemagne capitule sans condition le 8 mai 1945 (le 9 mai pour Moscou). Les principaux dirigeants nazis survivants sont jugés lors du procès de Nuremberg (1945-1946).
Questions fréquentes
Comment Hitler est-il arrivé au pouvoir ?
Légalement, en étant nommé chancelier le 30 janvier 1933 par le président Hindenburg, après les succès électoraux du Parti nazi pendant la crise économique. Il a ensuite détruit la démocratie en quelques mois par la terreur et la loi des pleins pouvoirs.
Hitler était-il allemand ?
Il était autrichien de naissance. Il n’obtint la nationalité allemande qu’en février 1932, par une nomination comme fonctionnaire de l’État de Brunswick, ce qui lui permit de se présenter à l’élection présidentielle.
Comment Hitler est-il mort ?
Il s’est suicidé d’une balle dans la tête le 30 avril 1945, dans son bunker de Berlin, tandis qu’Eva Braun s’empoisonnait au cyanure. Les restes ont été récupérés par les Soviétiques.
Pourquoi Mein Kampf est-il important ?
Parce qu’il expose dès 1925 les idées qui guideront la politique d’Hitler : antisémitisme radical, hiérarchie des races, conquête d’un espace vital à l’Est. En France, une édition critique abondamment annotée par des historiens a été publiée en 2021 sous le titre Historiciser le mal.