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Histoire · XXe siècle

L’insurrection de Budapest

L’insurrection de Budapest, ou révolution hongroise de 1956, est un soulèvement populaire contre le régime communiste et la tutelle soviétique, du 23 octobre au 10 novembre 1956. Elle est écrasée par l’Armée rouge.

Mis à jour le 3 min de lecture

L'insurrection de Budapest, que les Hongrois appellent révolution de 1956, commence le 23 octobre 1956 par une manifestation étudiante dans la capitale hongroise. En quelques jours, elle devient un soulèvement national contre le régime communiste et la présence soviétique. Le nouveau chef du gouvernement, Imre Nagy, annonce le multipartisme, puis la sortie de la Hongrie du pacte de Varsovie et sa neutralité. Le 4 novembre, l’armée soviétique lance une offensive massive et écrase la révolte. C’est l’une des crises majeures de la guerre froide : elle montre que l'URSS n’accepte aucune sortie de son bloc.

Le contexte

Depuis 1949, la Hongrie est une démocratie populaire dirigée par Mátyás Rákosi, qui imite le modèle stalinien : parti unique, police politique (ÁVH), collectivisation, procès truqués. Après la mort de Staline (1953), un premier dégel a lieu avec Imre Nagy à la tête du gouvernement, mais Rákosi l’écarte en 1955.

En février 1956, Khrouchtchev dénonce les crimes de Staline au XXe congrès (voir stalinisme). Cette « déstalinisation » donne de l’espoir dans les pays de l’Est. En juin 1956, une révolte ouvrière éclate à Poznań en Pologne ; en octobre, le réformateur Władysław Gomułka revient au pouvoir à Varsovie avec l’accord de Moscou. Les Hongrois espèrent obtenir autant.

Chronologie

DateÉvénement
23 octobre 1956Manifestation étudiante de solidarité avec la Pologne ; la statue géante de Staline est abattue ; la police politique tire devant la radio
24 octobrePremières interventions des chars soviétiques ; Imre Nagy nommé chef du gouvernement
25-28 octobreCombats de rue, formation de conseils ouvriers et révolutionnaires dans tout le pays
28-30 octobreCessez-le-feu, retrait des troupes soviétiques de Budapest ; Nagy annonce la fin du parti unique
1er novembreNagy proclame la neutralité de la Hongrie et sa sortie du pacte de Varsovie ; il en appelle à l’ONU
4 novembreOffensive soviétique générale (opération « Tourbillon ») ; János Kádár forme un gouvernement prosoviétique
10-11 novembreFin des derniers combats organisés
16 juin 1958Imre Nagy est exécuté après un procès secret

Pourquoi l’URSS intervient-elle ?

Les Soviétiques acceptent des réformes limitées, comme en Pologne, mais pas la fin du monopole communiste ni la sortie du pacte de Varsovie, qui risquerait de faire éclater tout le bloc de l’Est. Le moment est aussi favorable à Moscou : l’Occident est divisé par la crise de Suez, et les États-Unis ont fait savoir qu’ils n’interviendraient pas militairement.

La répression

Les insurgés, souvent très jeunes, combattent les chars avec des armes légères et des cocktails Molotov, mais ils sont écrasés en quelques jours. Le bilan humain est lourd :

BilanEstimation
Morts hongroisenviron 2 500 à 3 000
Morts soviétiquesenviron 700
Réfugiésenviron 200 000 Hongrois fuient vers l’Autriche et la Yougoslavie
Répression ultérieureenviron 20 000 condamnations à la prison, plus de 200 exécutions, dont Imre Nagy

Réfugié à l’ambassade de Yougoslavie, Nagy en sort sur la promesse d’un sauf-conduit ; il est aussitôt arrêté par les Soviétiques, puis jugé en secret et pendu en 1958.

Les réactions internationales

L’Assemblée générale de l’ONU condamne l’intervention soviétique, sans effet. Les Occidentaux accueillent les réfugiés mais n’interviennent pas : c’est la preuve que chaque camp respecte la sphère d’influence de l’autre en Europe. À l’Ouest, de nombreux intellectuels et militants rompent avec les partis communistes, notamment en France et en Italie.

Les conséquences

János Kádár dirige la Hongrie jusqu’en 1988. Après une répression dure, il mène à partir des années 1960 une politique plus souple, parfois appelée « communisme du goulash ». La révolution reste un traumatisme et une référence. En juin 1989, Imre Nagy reçoit des funérailles solennelles à Budapest devant environ 250 000 personnes, étape de la chute du communisme en Hongrie. Le 23 octobre est aujourd’hui fête nationale.

Questions fréquentes

Pourquoi les Hongrois se sont-ils révoltés en 1956 ?

Pour obtenir la liberté politique, la fin de la police politique, le départ des troupes soviétiques et le retour d’Imre Nagy, dans le contexte d’espoir créé par la déstalinisation.

Qui était Imre Nagy ?

Un dirigeant communiste réformateur, chef du gouvernement hongrois pendant la révolution. Il a été exécuté en 1958 et réhabilité en 1989.

Combien de personnes ont fui la Hongrie en 1956 ?

Environ 200 000, soit 2 % de la population, principalement vers l’Autriche.

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