Histoire · XIXe siècle
Garibaldi
Giuseppe Garibaldi (1807–1882), né à Nice, est le chef militaire de l’unité italienne. Avec ses Chemises rouges, il conquiert en 1860 la Sicile et Naples, qu’il remet au roi Victor-Emmanuel II.
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Giuseppe Garibaldi, né le 4 juillet 1807 à Nice et mort le 2 juin 1882 sur l’île de Caprera, en Sardaigne, est avec Cavour, Mazzini et le roi Victor-Emmanuel II l’un des quatre « pères » de l'unité italienne. Marin, révolutionnaire républicain, chef de guérilla, il combat sur deux continents. Son coup d’éclat, l'expédition des Mille de 1860, fait tomber le royaume des Deux-Siciles et rend possible la proclamation du royaume d’Italie en 1861. On le surnomme le « héros des deux mondes ».
Fiche d’identité
| Repère | Donnée |
|---|---|
| Naissance | 4 juillet 1807, Nice, alors française, puis sarde à partir de 1814 |
| Métier | marin, capitaine de navire marchand |
| Engagement | Jeune Italie de Giuseppe Mazzini (1833) |
| Compagne | Anita Garibaldi, Brésilienne, morte en 1849 |
| Exploit | expédition des Mille, 1860 |
| Uniforme | la chemise rouge, adoptée en Uruguay |
| Mort | 2 juin 1882, à Caprera |
Le révolutionnaire exilé (1834 – 1848)
Membre de la Jeune Italie, société secrète républicaine de Mazzini, Garibaldi participe en 1834 à une tentative d’insurrection en Piémont. L’échec lui vaut une condamnation à mort par contumace. Il s’exile en Amérique du Sud :
- au Brésil, il combat pour la république séparatiste du Rio Grande do Sul et rencontre Anita, qui partage ses combats ;
- en Uruguay, il commande la flotte et une Légion italienne contre l’Argentine de Rosas ; ses légionnaires portent des chemises rouges, à l’origine destinées aux ouvriers des abattoirs de Buenos Aires.
Ces années lui apprennent la guerre de partisans et font sa réputation internationale.
1848 – 1849 : la République romaine
Revenu en Italie lors des révolutions de 1848, il combat les Autrichiens, puis défend la République romaine proclamée en 1849 après la fuite du pape. Assiégée par un corps expéditionnaire français envoyé par Louis-Napoléon Bonaparte, Rome tombe en juillet 1849. Garibaldi s’échappe avec quelques milliers d’hommes ; Anita, enceinte et malade, meurt pendant la retraite. Nouvel exil : New York, le Pacifique, puis l’île de Caprera, qu’il achète.
L’expédition des Mille (1860)
En 1859, le royaume de Piémont-Sardaigne, allié à la France de Napoléon III, chasse les Autrichiens de Lombardie ; Garibaldi y commande les Chasseurs des Alpes. En contrepartie, le Piémont cède à la France Nice et la Savoie en 1860, ce que Garibaldi, Niçois, ne pardonne pas à Cavour.
| Date (1860) | Étape |
|---|---|
| 5 – 6 mai | Départ de Quarto, près de Gênes, avec environ 1 000 volontaires |
| 11 mai | Débarquement à Marsala, en Sicile |
| 15 mai | Victoire de Calatafimi |
| Fin mai – juin | Prise de Palerme après des combats de rue |
| Juillet | Victoire de Milazzo ; la Sicile est conquise |
| Août | Franchissement du détroit de Messine |
| 7 septembre | Entrée triomphale à Naples ; le roi François II s’enfuit |
| 1er – 2 octobre | Victoire du Volturno |
| 26 octobre | Rencontre de Teano avec Victor-Emmanuel II |
Le royaume d’Italie est proclamé le 17 mars 1861. Il manque encore la Vénétie, autrichienne, et Rome, protégée par une garnison française.
La question romaine
Garibaldi veut faire de Rome la capitale de l’Italie :
- 1862 : à l'Aspromonte, en Calabre, sa troupe est arrêtée par l’armée italienne elle-même ; il est blessé au pied.
- 1866 : pendant la guerre contre l’Autriche, il remporte la victoire de Bezzecca, mais reçoit l’ordre de se retirer du Trentin. Il répond d’un seul mot : Obbedisco, « j’obéis ».
- 1867 : à Mentana, ses volontaires sont battus par les troupes pontificales et françaises équipées de fusils Chassepot.
Rome n’est prise par l’armée italienne qu’en septembre 1870, après le retrait de la garnison française due à la guerre contre la Prusse.
Au secours de la France (1870 – 1871)
Après la chute du Second Empire, Garibaldi offre ses services à la République française. Il commande l'armée des Vosges et remporte des succès autour de Dijon pendant la guerre de 1870. Élu député à l’Assemblée nationale en février 1871, il est accueilli avec hostilité et démissionne aussitôt.
Mort et légende
Garibaldi passe ses dernières années à Caprera, où il meurt en 1882. Anticlérical, défenseur des peuples opprimés, de l’émancipation des femmes et du suffrage universel, il est l’une des personnalités les plus populaires du XIXe siècle, en Italie comme au Royaume-Uni ou en Amérique latine. Presque chaque ville italienne a une rue ou une place à son nom.
Questions fréquentes
Garibaldi était-il français ?
Il est né à Nice en 1807, quand la ville était française. Elle redevient sarde en 1814 ; il se considérait comme italien et a combattu le rattachement de Nice à la France en 1860.
Qu’est-ce que l’expédition des Mille ?
L’expédition de Garibaldi et d’environ 1 000 volontaires qui, en 1860, conquiert la Sicile puis Naples et fait tomber le royaume des Deux-Siciles.
Pourquoi les Chemises rouges ?
Les volontaires de Garibaldi portaient une chemise rouge, adoptée en Uruguay dans les années 1840. Elle est devenue le symbole de son mouvement.
Garibaldi était-il républicain ?
Oui, mais il a accepté la monarchie de Victor-Emmanuel II pour réaliser l’unité italienne.