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Histoire · XIXe siècle

Simón Bolívar

Simón Bolívar (1783–1830), dit le Libertador, mène les guerres d’indépendance qui libèrent de l’Espagne le Venezuela, la Colombie, l’Équateur, le Pérou et la Bolivie.

Mis à jour le 4 min de lecture

Simón Bolívar, né le 24 juillet 1783 à Caracas et mort le 17 décembre 1830 à Santa Marta, en Colombie, est le principal héros des indépendances de l’Amérique du Sud. Entre 1810 et 1825, il conduit des campagnes militaires à travers les plaines, les Andes et les jungles d’un continent, et libère de la domination espagnole six pays actuels. Son rêve d’une grande union des nations hispano-américaines échoue pourtant de son vivant. Il est vénéré aujourd’hui sous le nom de Libertador.

Fiche d’identité

RepèreDonnée
Origineriche famille créole (descendants d’Espagnols nés en Amérique) de Caracas
Formationprécepteur Simón Rodríguez, lecteur de Rousseau ; voyages en Europe
TitreLibertador, décerné à Mérida puis à Caracas en 1813
Fonctionsprésident de la Grande Colombie (1819 – 1830), dictateur du Pérou (1824 – 1826)
CompagneManuela Sáenz, après la mort précoce de son épouse en 1803
Bras droitAntonio José de Sucre
Mort17 décembre 1830, de la tuberculose, à 47 ans

Un jeune créole en Europe

Orphelin à 9 ans, Bolívar hérite d’une immense fortune. Il épouse à Madrid une jeune Espagnole, qui meurt de fièvre quelques mois après leur arrivée au Venezuela, en 1803. Il repart pour l’Europe, assiste à Paris au sacre de Napoléon en 1804, puis, à Rome en 1805, sur le mont Sacré, il fait le serment de libérer son pays.

De l’échec à la reconquête (1810 – 1819)

L’occupation de l’Espagne par Napoléon en 1808 ébranle l’empire espagnol. Les créoles de Caracas prennent le pouvoir en 1810 et le Venezuela proclame son indépendance le 5 juillet 1811, sous la direction de Francisco de Miranda.

DateÉvénement
1812Chute de la Première République ; Bolívar se réfugie à Carthagène, où il rédige un manifeste
1813Campagne admirable : reprise de Caracas ; décret de « guerre à mort » contre les Espagnols
1814Chute de la Deuxième République, battue par les cavaliers des plaines (llaneros) du royaliste Boves
1815Exil en Jamaïque : la Lettre de Jamaïque expose sa vision de l’avenir du continent
1816Aide du président haïtien Alexandre Pétion, en échange de la promesse d’abolir l’esclavage
1817 – 1818Implantation dans les plaines de l’Orénoque ; ralliement des llaneros de José Antonio Páez

Les grandes victoires (1819 – 1824)

En 1819, Bolívar tente un coup audacieux : il franchit les Andes en pleine saison des pluies avec une armée épuisée et surprend les Espagnols en Nouvelle-Grenade.

DateBatailleConséquence
7 août 1819BoyacáLibération de la Nouvelle-Grenade (Colombie)
24 juin 1821CaraboboLibération du Venezuela
24 mai 1822Pichincha (Sucre)Libération de Quito (Équateur)
6 août 1824JunínVictoire de cavalerie au Pérou
9 décembre 1824Ayacucho (Sucre)Défaite de la dernière grande armée espagnole d’Amérique du Sud

En juillet 1822, Bolívar rencontre à Guayaquil l’autre grand libérateur, l’Argentin José de San Martín, qui a libéré le Chili et une partie du Pérou. L’entretien reste secret ; San Martín se retire ensuite et laisse à Bolívar la fin de la guerre.

En 1825, le Haut-Pérou devient une république et prend le nom de Bolivie en son honneur ; sa capitale constitutionnelle porte le nom de Sucre.

Le rêve brisé de la Grande Colombie

Dès 1819, le congrès d’Angostura crée la Grande Colombie, réunissant le Venezuela, la Nouvelle-Grenade puis l’Équateur, dont Bolívar est président. En 1826, il réunit le congrès de Panama pour fonder une confédération des républiques hispano-américaines : la tentative échoue.

Les rivalités régionales, l’opposition des libéraux à ses projets de présidence à vie et les ambitions des généraux minent son œuvre. Il prend des pouvoirs dictatoriaux en 1828 et échappe à une tentative d’assassinat à Bogotá, sauvé par Manuela Sáenz. Le Venezuela et l’Équateur font sécession. Malade, il démissionne en 1830 et meurt en route vers l’exil. Peu avant sa mort, il écrit dans une lettre amère que servir la révolution, c’est « labourer la mer ».

L’héritage

  • Six pays le considèrent comme libérateur : Venezuela, Colombie, Équateur, Pérou, Bolivie et Panama, alors partie de la Colombie.
  • Des monnaies portent son nom : le bolívar vénézuélien, le boliviano bolivien.
  • Il inspire aujourd’hui des courants politiques très divers, qui se réclament de son idéal d’unité latino-américaine.
  • Les historiens rappellent aussi son autoritarisme croissant et sa méfiance envers la démocratie, qu’il jugeait inadaptée aux jeunes républiques.

Questions fréquentes

Quels pays Simón Bolívar a-t-il libérés ?

Le Venezuela, la Colombie (avec le Panama), l’Équateur, le Pérou et la Bolivie, avec l’aide de généraux comme Sucre.

Pourquoi la Bolivie s’appelle-t-elle ainsi ?

En l’honneur de Bolívar : le Haut-Pérou, libéré en 1825, a pris son nom à sa création.

Quelle est la différence entre Bolívar et San Martín ?

Bolívar a libéré le nord de l’Amérique du Sud, San Martín le sud (Argentine, Chili) et une partie du Pérou. Ils se sont rencontrés à Guayaquil en 1822.

Comment est mort Simón Bolívar ?

De la tuberculose, le 17 décembre 1830, à Santa Marta, en Colombie, à 47 ans.

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