Histoire · XIXe siècle
Le congrès de Vienne
Le congrès de Vienne réunit les puissances européennes de septembre 1814 à juin 1815 pour réorganiser l’Europe après Napoléon. Il redessine les frontières au profit des vainqueurs et restaure les monarchies.
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Le congrès de Vienne est la grande conférence diplomatique qui réorganise l’Europe après la chute de Napoléon. Il se tient dans la capitale autrichienne de septembre 1814 à juin 1815 ; l'Acte final est signé le 9 juin 1815, quelques jours avant Waterloo. Les quatre vainqueurs, Autriche, Russie, Prusse et Royaume-Uni, y dominent les discussions, rejoints par la France de Louis XVIII. Les décisions reposent sur trois idées : restaurer les souverains légitimes, établir un équilibre entre les grandes puissances et contenir la France. Les aspirations des peuples, nées de la Révolution, sont ignorées, ce qui nourrira les révolutions du XIXe siècle.
Les acteurs
| Pays | Représentant principal | Objectifs |
|---|---|---|
| Autriche | Le prince de Metternich, ministre des Affaires étrangères, hôte du congrès | Ordre conservateur, domination en Italie et en Allemagne |
| Russie | Le tsar Alexandre Ier en personne | Obtenir la Pologne |
| Royaume-Uni | Lord Castlereagh, puis Wellington | Équilibre européen, sécurité de la Belgique, empire maritime |
| Prusse | Le prince de Hardenberg | Obtenir la Saxe et des territoires à l’ouest |
| France | Talleyrand | Éviter l’isolement, défendre le principe de légitimité |
Le congrès n’est jamais réuni en séance plénière : tout se négocie entre les grandes puissances, en comités et en coulisses. Les fêtes et les bals sont si nombreux qu’on a dit du congrès qu’il « danse mais ne marche pas », mot attribué au prince de Ligne.
Les principes
- La légitimité : rendre leur trône aux dynasties chassées par la Révolution et Napoléon (Bourbons en France, en Espagne et à Naples). Talleyrand en fait un argument pour protéger la France.
- L’équilibre des puissances : aucun État ne doit dominer le continent comme la France napoléonienne.
- L’encerclement de la France : la renforcer sur ses frontières par des États « tampons ».
- Les compensations : chaque vainqueur reçoit des territoires, sans tenir compte des populations.
La nouvelle carte de l’Europe
| Pays | Ce qu’il obtient |
|---|---|
| Russie | L’essentiel de l’ancien grand-duché de Varsovie, qui devient le royaume de Pologne dont le tsar est roi ; la Finlande (acquise en 1809) |
| Prusse | Environ 40 % de la Saxe, la Rhénanie et la Westphalie, ce qui la place au contact de la France |
| Autriche | La Lombardie-Vénétie, l’Illyrie, le Tyrol ; influence dominante en Italie |
| Royaume-Uni | Des bases stratégiques : Malte, les îles Ioniennes (protectorat), Le Cap, Ceylan, Heligoland |
| Royaume des Pays-Bas | Créé en réunissant Hollande et Belgique (ancienne Belgique autrichienne), pour surveiller la France |
| Piémont-Sardaigne | Récupère la Savoie, Nice et reçoit Gênes |
| Suisse | Agrandie et reconnue neutre |
| Allemagne | 39 États regroupés dans la Confédération germanique, présidée par l’Autriche |
| Suède | Obtient la Norvège, prise au Danemark (1814) |
L’Italie reste divisée en plusieurs États ; l’Allemagne aussi. La Pologne reste partagée.
Le sort de la France
Après la première abdication de Napoléon, le premier traité de Paris (30 mai 1814) laisse à la France ses frontières de 1792. Pendant les Cent-Jours, le retour de Napoléon inquiète les alliés, qui le mettent « au ban de l’Europe ». Après Waterloo, le second traité de Paris (20 novembre 1815) est plus dur :
- retour aux frontières de 1790 environ (perte de la Sarre, de Landau, de Philippeville et Mariembourg, de la Savoie) ;
- une indemnité de 700 millions de francs ;
- une occupation militaire de 150 000 soldats alliés dans le nord-est pendant trois à cinq ans (elle prend fin en 1818).
La Sainte-Alliance et le « concert européen »
- La Sainte-Alliance (26 septembre 1815) : proposée par Alexandre Ier, elle unit la Russie, l’Autriche et la Prusse au nom des principes chrétiens. Elle devient le symbole de la solidarité des monarchies contre les révolutions.
- La Quadruple-Alliance (20 novembre 1815) : Autriche, Russie, Prusse et Royaume-Uni s’engagent à se réunir régulièrement en congrès pour maintenir l’ordre européen. La France y est intégrée en 1818. C’est le système des congrès, ou concert européen.
Des interventions ont lieu contre les révolutions libérales : en Italie (Naples, Piémont, 1821) par l’Autriche, en Espagne (1823) par la France.
Le bilan
| Réussites | Limites |
|---|---|
| Pas de guerre générale en Europe pendant près d’un siècle (jusqu’en 1914), malgré des conflits limités | Les nationalités sont ignorées : Italiens, Allemands, Polonais, Belges sont divisés ou soumis à des souverains étrangers |
| Un système de concertation entre grandes puissances | Les libertés et idées révolutionnaires sont combattues |
| Déclaration contre la traite des Noirs (février 1815) | Des frontières contestées rapidement : indépendance de la Belgique (1830-1831), révolutions de 1848, unifications italienne et allemande |
Le congrès a aussi codifié des règles diplomatiques durables, comme le classement des diplomates et la libre navigation sur certains fleuves internationaux (Rhin).
Exercice corrigé
Pourquoi dit-on que le congrès de Vienne ne tient pas compte des peuples ?
- Parce que les frontières sont tracées selon les intérêts des grandes puissances et le principe de légitimité des souverains, sans consulter les populations : par exemple, les Belges sont rattachés aux Pays-Bas, les Italiens de Lombardie-Vénétie à l’Autriche et les Polonais restent partagés.
Questions fréquentes
Qui a dirigé le congrès de Vienne ?
Le prince de Metternich, ministre autrichien, en était l’hôte et l’un des principaux organisateurs, avec les représentants de la Russie, du Royaume-Uni et de la Prusse.
Quel a été le rôle de Talleyrand ?
Représentant de Louis XVIII, il a su faire admettre la France vaincue parmi les grandes puissances en défendant le principe de légitimité et en jouant des divisions entre les vainqueurs.
Le congrès de Vienne a-t-il empêché les guerres ?
Il a évité une guerre générale en Europe jusqu’en 1914, mais pas les guerres limitées (Crimée, unification italienne, guerre franco-prussienne de 1870) ni les révolutions.