Nature et animaux · Animaux marins
Le morse
Le morse (Odobenus rosmarus) est un grand mammifère marin de l’Arctique, reconnaissable à ses longues défenses portées par les deux sexes. Il aspire les coquillages au fond de la mer et dépend de la banquise.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le morse vit autour du pôle Nord, dans les eaux peu profondes du plateau continental : mer de Béring et mer des Tchouktches pour le morse du Pacifique, nord-est du Canada, Groenland, Svalbard et mer de Barents pour le morse de l’Atlantique. Seul survivant de la famille des Odobénidés, il appartient aux pinnipèdes avec les phoques et les otaries. Son nom scientifique, Odobenus, signifie « qui marche avec les dents », en référence à son habitude de s’aider de ses défenses pour se hisser sur la glace.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Odobenus rosmarus |
| Classe / famille | Mammifères / Odobénidés (pinnipèdes) |
| Taille | 2,5 à 3,6 m |
| Poids | 800 à 1 700 kg pour le mâle ; 400 à 1 250 kg pour la femelle |
| Longévité | environ 30 à 40 ans |
| Habitat | Banquise flottante et côtes de l’Arctique, eaux de moins de 100 m de profondeur |
| Régime | Mollusques bivalves surtout (palourdes, coques), vers marins, crustacés, parfois phoques |
| Statut UICN | Vulnérable (VU), évaluation mondiale de 2016 |
Description
Le morse a un corps massif, une peau épaisse, ridée et peu poilue, brun-cannelle, qui devient rosée quand il se réchauffe au soleil, les vaisseaux sanguins se dilatant. Sous la peau, une couche de graisse de 10 à 15 cm l’isole du froid. Comme les otaries, il peut replier ses nageoires arrière sous son corps et se déplacer à quatre pattes sur la glace.
Ses défenses sont des canines supérieures à croissance continue, présentes chez les deux sexes. Elles peuvent atteindre 1 m chez les grands mâles et peser plus de 5 kg chacune. Elles servent :
- à se hisser sur la glace (« marcher avec les dents ») ;
- à percer des trous dans la glace pour respirer ;
- à affirmer sa dominance et à combattre les autres mâles ;
- à se défendre contre les ours polaires et les orques.
Son museau porte plusieurs centaines de vibrisses épaisses et très sensibles, qui lui permettent de repérer les coquillages au toucher dans la vase.
Alimentation
Le morse se nourrit sur le fond marin, en général à moins de 80 m de profondeur. Contrairement à une idée reçue, il ne déterre pas ses proies avec ses défenses : il souffle des jets d’eau pour dégager le sédiment et remue le fond avec ses nageoires et son museau. Il saisit les coquillages avec ses lèvres et aspire la chair hors de la coquille grâce à une puissante succion, sans avaler la coquille. Un morse peut consommer plusieurs milliers de bivalves lors d’une seule session d’alimentation. Certains individus, surtout des mâles, chassent aussi des phoques.
Mode de vie
Le morse est très grégaire. Il se rassemble par centaines, voire par dizaines de milliers, sur la banquise ou sur des plages (échoueries), serrés les uns contre les autres. Les femelles et les jeunes vivent séparés des mâles adultes une partie de l’année. Le morse utilise la banquise flottante comme plateforme de repos entre ses plongées alimentaires, et suit son déplacement saisonnier.
Reproduction
| Étape | Donnée |
|---|---|
| Accouplement | en hiver, dans l’eau ; les mâles chantent sous l’eau pour attirer les femelles |
| Gestation | environ 15 mois, avec ovo-implantation différée |
| Naissance | au printemps, sur la glace ; 1 petit de 45 à 75 kg |
| Allaitement | jusqu’à 2 ans, parfois plus |
| Intervalle entre naissances | environ 3 ans |
| Maturité sexuelle | 5 à 7 ans pour les femelles ; les mâles se reproduisent vers 15 ans |
Les femelles protègent leur petit avec une grande attention, le portant parfois sur le dos dans l’eau.
Menaces
La chasse commerciale pour l’ivoire, l’huile et la peau a décimé les morses aux XVIIIe, XIXe et début du XXe siècle. Leur chasse est aujourd’hui réservée aux peuples autochtones de l’Arctique (Inuits, Tchouktches, Yupiks), pour qui le morse reste une ressource alimentaire et culturelle importante.
La menace principale est désormais la fonte de la banquise liée au réchauffement climatique. Sans glace au-dessus des zones d’alimentation, les morses du Pacifique se regroupent en été sur les côtes de l’Alaska et de la Tchoukotka, en rassemblements immenses. Ces concentrations les éloignent de leurs zones de nourriture et provoquent des bousculades mortelles lorsqu’ils fuient un dérangement (avion, ours, humain), écrasant de nombreux jeunes. Le trafic maritime et l’exploitation pétrolière en Arctique s’ajoutent à ces pressions.
Questions fréquentes
À quoi servent les défenses du morse ?
À se hisser sur la glace, à percer des trous pour respirer, à combattre et à affirmer son rang dans le groupe. Elles ne servent pas à déterrer la nourriture.
Que mange le morse ?
Surtout des coquillages (palourdes, coques), qu’il aspire au fond de la mer, ainsi que des vers marins et des crustacés. Certains mâles mangent aussi des phoques.
Le morse est-il dangereux ?
Il peut l’être s’il se sent menacé, surtout dans l’eau, où il peut renverser une petite embarcation. Il faut garder une grande distance avec les groupes de morses.
Pourquoi le morse devient-il rose ?
Quand il fait chaud, ses vaisseaux sanguins cutanés se dilatent pour évacuer la chaleur, ce qui donne une teinte rosée à sa peau. Dans l’eau froide, il redevient pâle.