Nature et animaux · Animaux marins
Le poisson-clown
Le poisson-clown est un petit poisson des récifs coralliens qui vit à l’abri d’une anémone de mer, protégé de ses tentacules urticants. Tous naissent mâles, et le plus grand du groupe devient femelle.
Mis à jour le 4 min de lecture
Les poissons-clowns, ou poissons-anémones, forment un groupe d’une trentaine d’espèces de la famille des Pomacentridés (demoiselles). Ils vivent dans les eaux chaudes de l’océan Indien et du Pacifique occidental, de la mer Rouge à la Polynésie, en passant par l’Australie et l’Asie du Sud-Est ; il n’y en a pas naturellement dans l’Atlantique ni en Méditerranée. Le film d’animation Le Monde de Nemo (2003) a fait du poisson-clown à trois bandes l’un des poissons les plus connus au monde.
Fiche d’identité (poisson-clown à trois bandes)
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Amphiprion ocellaris |
| Classe / famille | Poissons osseux (Actinoptérygiens) / Pomacentridés |
| Taille | 8 à 11 cm |
| Poids | quelques grammes à une vingtaine de grammes |
| Longévité | 6 à 10 ans dans la nature ; plus de 20 ans possible en aquarium |
| Habitat | Récifs coralliens et lagons peu profonds, toujours associé à une anémone |
| Régime | Omnivore : zooplancton, petits crustacés, algues, restes de proies de l’anémone |
| Statut UICN | La plupart des espèces de poissons-clowns sont classées Préoccupation mineure (LC) ou n’ont pas été évaluées en détail |
Description
Le poisson-clown à trois bandes est orange vif avec trois bandes blanches bordées de noir : une derrière les yeux, une au milieu du corps et une à la base de la queue. Les autres espèces varient : poisson-clown à collier, poisson-clown rose, poisson-clown de Clark aux couleurs plus sombres, poisson-clown à joues épineuses, d’un rouge profond. Leurs motifs permettent de reconnaître l’espèce, même si les couleurs varient selon l’anémone et la région.
Une symbiose avec l’anémone de mer
Le poisson-clown vit dans les tentacules d’une anémone de mer, un animal cousin des coraux et des méduses, dont les cellules urticantes (cnidocytes) paralysent les petits poissons. Une dizaine d’espèces d’anémones seulement accueillent des poissons-clowns.
Le poisson-clown n’est pas piqué grâce au mucus qui recouvre sa peau : sa composition empêcherait le déclenchement des cellules urticantes. Lorsqu’il s’installe dans une nouvelle anémone, il s’en approche prudemment et la touche à plusieurs reprises, ce qui pourrait l’aider à s’acclimater.
Les deux partenaires y gagnent : c’est un mutualisme.
| Ce que gagne le poisson-clown | Ce que gagne l’anémone |
|---|---|
| un abri contre les prédateurs | la défense contre les poissons qui broutent ses tentacules (poissons-papillons) |
| un site protégé pour pondre | des nutriments issus des excréments du poisson |
| des restes de proies | une meilleure oxygénation grâce aux mouvements du poisson entre ses tentacules |
Le poisson-clown s’éloigne rarement de plus de quelques mètres de son anémone : il passe toute sa vie adulte au même endroit.
Tous nés mâles
Les poissons-clowns sont hermaphrodites protandres : ils naissent tous mâles et peuvent devenir femelles. Dans chaque anémone vit un petit groupe strictement hiérarchisé par la taille :
- la femelle, la plus grande, qui domine le groupe ;
- le mâle reproducteur, le deuxième en taille ;
- plusieurs jeunes mâles non reproducteurs, de plus en plus petits.
Si la femelle meurt, le mâle reproducteur change de sexe et devient femelle en quelques semaines, et le plus grand des jeunes devient le nouveau mâle reproducteur. Les individus subordonnés limitent leur croissance pour ne pas entrer en conflit avec ceux qui les dominent. Dans la réalité, le père de Nemo serait donc devenu femelle après la disparition de sa compagne.
Reproduction
| Étape | Donnée |
|---|---|
| Ponte | toute l’année en milieu tropical, souvent autour de la pleine lune |
| Site | rocher ou corail nettoyé au pied de l’anémone |
| Nombre d’œufs | de quelques centaines à plus d’un millier par ponte |
| Soins | le mâle ventile les œufs avec ses nageoires et retire les œufs morts |
| Incubation | 6 à 10 jours, éclosion la nuit |
| Larves | dérivent environ 1 à 2 semaines dans le plancton avant de chercher une anémone, guidées notamment par l’odeur et les sons du récif |
Menaces
- Le blanchissement des coraux et des anémones lié aux vagues de chaleur marines ; une anémone blanchie offre moins de protection et nourrit moins bien les poissons, dont la reproduction chute.
- La collecte pour l’aquariophilie : le poisson-clown est l’un des poissons marins les plus vendus. Après la sortie du Monde de Nemo, la demande a fortement augmenté, entraînant des prélèvements localement excessifs. Une grande partie des poissons-clowns vendus en Europe provient aujourd’hui d’élevages.
- La dégradation des récifs par la pollution, la sédimentation et la pêche destructrice.
Questions fréquentes
Pourquoi le poisson-clown n’est-il pas piqué par l’anémone ?
Le mucus qui recouvre sa peau empêche les cellules urticantes de l’anémone de se déclencher. Il s’acclimate progressivement à son anémone en la touchant à plusieurs reprises.
Le poisson-clown change-t-il vraiment de sexe ?
Oui. Tous naissent mâles. Quand la femelle dominante du groupe meurt, le mâle reproducteur devient femelle, de façon irréversible.
Où vivent les poissons-clowns ?
Dans les récifs coralliens de l’océan Indien et du Pacifique ouest, de la mer Rouge à la Polynésie française, dont la Nouvelle-Calédonie, Mayotte et La Réunion.
Peut-on avoir un poisson-clown en aquarium ?
Oui, c’est l’un des poissons marins les plus faciles à maintenir. Il est préférable de choisir des individus d’élevage plutôt que capturés en mer. Il peut vivre sans anémone en aquarium.