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Nature et animaux · Animaux marins

La raie manta

Les raies mantas sont les plus grandes raies du monde : la manta géante peut dépasser 7 m d’envergure. Ces filtreuses de plancton, sans dard venimeux, sont menacées par la pêche.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les raies mantas vivent dans les eaux tropicales et subtropicales de tous les océans. Leur nom vient de l’espagnol manta, « couverture » ou « cape », en référence à leur forme. Ces poissons cartilagineux, cousins des requins, « volent » sous l’eau en battant lentement leurs grandes nageoires pectorales. On distingue deux espèces, séparées officiellement en 2009 : la manta géante, océanique, et la manta de récif, plus côtière.

Fiche d’identité (manta géante)

CaractéristiqueDonnée
Nom scientifiqueMobula birostris (anciennement Manta birostris)
Classe / famillePoissons cartilagineux / Mobulidés
Tailleenvergure de 4 à 7 m, exceptionnellement un peu plus
Poidsjusqu’à 2 t environ
Longévité40 à 50 ans environ
HabitatHaute mer, monts sous-marins, abords des îles océaniques
RégimeFiltreur : zooplancton (copépodes, krill, larves), petits poissons
Statut UICNEn danger (EN), évaluation de 2020

Manta géante et manta de récif

Manta géanteManta de récif
Nom scientifiqueMobula birostrisMobula alfredi
Envergurejusqu’à environ 7 m3 à 5 m
Milieuocéanique, migratricecôtière, récifs, plus sédentaire
Ventretaches sombres souvent près des fentes branchiales, bouche grisetaches réparties sur le ventre, bouche claire
Statut UICNEn danger (EN)Vulnérable (VU)

Le motif de taches du ventre est unique à chaque individu, ce qui permet de les identifier sur photo.

Description

La raie manta a un corps losangique aplati, noir ou gris foncé dessus, blanc dessous. De chaque côté de la bouche, deux lobes céphaliques en forme de cornes, qui lui valent son surnom de « diable de mer », se déroulent pour canaliser l’eau et le plancton vers la bouche, et s’enroulent pendant la nage. Contrairement aux pastenagues, la raie manta n’a pas de dard venimeux sur la queue.

Elle possède le cerveau le plus gros, par rapport à sa taille, de tous les poissons connus. Une étude menée en aquarium a suggéré qu’elle pourrait réagir à son reflet dans un miroir, un résultat discuté qui alimente l’intérêt pour ses capacités cognitives.

Alimentation

Comme le requin-baleine, la manta filtre l’eau : des plaques dans ses branchies retiennent le plancton. Elle se nourrit en surface la nuit, quand le plancton remonte, ou en profondeur. Elle pratique des techniques étonnantes, comme la ronde en boucle (barrel rolling), où elle enchaîne des saltos arrière au-dessus d’un nuage de plancton, ou l’alimentation en chaîne à plusieurs individus. Elle peut plonger à plus de 1 000 m.

Stations de nettoyage

Les mantas visitent régulièrement des stations de nettoyage, des pointes de récif où de petits poissons, comme les labres nettoyeurs, débarrassent leur peau et leurs branchies des parasites. Elles y reviennent souvent et y passent de longs moments en vol stationnaire. Ces sites sont aussi des lieux privilégiés d’observation pour les plongeurs.

Une reproduction très lente

ÉtapeDonnée
Maturité sexuellevers 8 à 15 ans selon les populations
Accouplementprécédé de « trains » de parade où plusieurs mâles suivent une femelle
Gestationenviron 12 à 13 mois
Mode de reproductionovovivipare : l’œuf éclôt dans le corps de la femelle
Portée1 seul petit, rarement 2, de 1,1 à 1,5 m d’envergure
Intervalle entre naissances2 à 5 ans

Une femelle n’a ainsi qu’une poignée de petits au cours de sa vie : c’est l’un des taux de reproduction les plus faibles des poissons, ce qui rend les populations incapables de supporter une forte pêche.

Menaces

  • La pêche ciblée pour les plaques branchiales, vendues séchées sur certains marchés asiatiques comme remède traditionnel, sans efficacité démontrée. Ce commerce a fortement augmenté dans les années 2000-2010.
  • Les captures accidentelles dans les filets maillants, les sennes et les palangres.
  • Les collisions et blessures par les hélices et les lignes de pêche.
  • Le plastique et les microplastiques ingérés en filtrant l’eau.
  • Le réchauffement climatique, qui modifie la répartition du plancton.

Les deux espèces sont inscrites depuis 2013 à l’annexe II de la CITES, qui encadre leur commerce international. Le tourisme de plongée, à Hawaï, aux Maldives ou en Indonésie, rapporte bien plus que leur pêche, ce qui encourage leur protection.

Questions fréquentes

La raie manta est-elle dangereuse ?

Non. Elle n’a ni dard ni dents fonctionnelles et se nourrit de plancton. Il faut cependant éviter de la toucher, car cela abîme le mucus qui protège sa peau.

Quelle est la taille d’une raie manta ?

La manta de récif mesure 3 à 5 m d’envergure, la manta géante jusqu’à environ 7 m. Ce sont les plus grandes raies du monde.

Que mange la raie manta ?

Du zooplancton (petits crustacés, larves, œufs de poissons) et de petits poissons, qu’elle filtre grâce à des plaques situées dans ses branchies.

Pourquoi la raie manta saute-t-elle hors de l’eau ?

On ignore la raison exacte : ces sauts pourraient servir à communiquer, à se débarrasser de parasites ou intervenir lors de la parade nuptiale.

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