Nature et animaux · Animaux marins
L’orque
L’orque (Orcinus orca), aussi appelée épaulard, est le plus grand membre de la famille des dauphins. Superprédateur de tous les océans, elle vit en groupes familiaux matriarcaux aux traditions de chasse propres.
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Son nom anglais de killer whale (« baleine tueuse ») vient des baleiniers qui la voyaient attaquer de grandes baleines ; en réalité, l’orque est un dauphin, et non une baleine. C’est, après l’humain, le mammifère le plus largement réparti sur la planète : on la trouve de l’Arctique à l’Antarctique, avec une préférence pour les eaux froides et riches des hautes latitudes.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Orcinus orca |
| Classe / famille | Mammifères / Delphinidés |
| Taille | mâle 6 à 8 m, jusqu’à près de 10 m ; femelle 5 à 7 m |
| Poids | mâle jusqu’à 6 tonnes et plus ; femelle 3 à 4 tonnes |
| Longévité | femelle 50 ans en moyenne, jusqu’à 80-90 ans ; mâle 30 ans en moyenne, jusqu’à 50-60 ans |
| Habitat | Tous les océans, surtout eaux froides côtières |
| Régime | Carnivore : poissons, phoques, otaries, dauphins, baleines, requins, manchots selon les populations |
| Statut UICN | Données insuffisantes (DD), évaluation de 2017 ; la sous-population du détroit de Gibraltar est en danger critique |
Description
L’orque est noire avec une tache blanche au-dessus de l’œil, une gorge et un ventre blancs, et une selle grise derrière la nageoire dorsale. La nageoire dorsale du mâle adulte est droite et peut atteindre 1,8 m de haut ; celle de la femelle est plus courte et recourbée. La forme de la dorsale et de la selle, avec ses entailles et cicatrices, permet aux chercheurs d’identifier chaque individu sur photo. Ses dents coniques, une quarantaine, mesurent jusqu’à 10 cm.
Une société matriarcale
L’orque vit en groupes familiaux stables organisés autour d’une femelle âgée, la matriarche, avec ses enfants et petits-enfants. Chez les orques « résidentes » du Pacifique Nord-Est, les fils comme les filles restent toute leur vie avec leur mère, un cas unique chez les mammifères. Chaque groupe possède son propre dialecte, un répertoire de cris transmis par apprentissage.
L’orque est l’une des rares espèces, avec l’humain et quelques autres cétacés, où les femelles connaissent une ménopause et vivent encore des décennies après leur dernière mise bas. Les grands-mères guident le groupe vers les zones de pêche, surtout les années de pénurie de saumons, et leur mort réduit la survie de leurs petits-enfants.
Les écotypes : des cultures de chasse différentes
Les orques d’une même région peuvent avoir des régimes et des comportements si différents qu’elles ne se mélangent pas. Les chercheurs parlent d'écotypes, dont certains pourraient être des espèces distinctes.
| Écotype (exemples) | Région | Proies | Technique |
|---|---|---|---|
| Résidentes | Pacifique Nord-Est (Colombie-Britannique, État de Washington) | Saumons, surtout le saumon chinook | Écholocation, partage des prises |
| Transitoires (de Bigg) | Pacifique Nord-Est | Phoques, otaries, marsouins | Chasse silencieuse en petits groupes |
| Type B | Antarctique | Phoques | Vague provoquée pour faire tomber les phoques des glaces flottantes |
| Orques de Patagonie | Péninsule Valdés (Argentine) | Jeunes otaries | Échouage volontaire sur la plage |
| Orques de Norvège | Atlantique Nord | Harengs | « Carrousel » : bancs regroupés puis assommés à coups de queue |
Des orques tuent aussi des requins, dont le requin blanc, et chassent en groupe des baleineaux de baleines grises ou à bosse, voire des baleines bleues adultes, comme l’ont documenté des chercheurs australiens en 2019 et 2021.
Reproduction
| Étape | Donnée |
|---|---|
| Gestation | environ 15 à 18 mois |
| Naissance | un petit de 2 à 2,5 m |
| Allaitement | au moins 1 an |
| Intervalle entre naissances | 3 à 10 ans, 5 ans en moyenne |
| Maturité | femelle vers 12-15 ans |
Les orques et les bateaux de la péninsule Ibérique
Depuis 2020, des orques de la petite population du détroit de Gibraltar et des côtes portugaises et galiciennes s’en prennent aux safrans des voiliers, au point de les briser et de rendre des bateaux ingouvernables ; quelques voiliers ont coulé. Les causes restent débattues (jeu, comportement de mode transmis entre jeunes, réaction à un incident). Cette sous-population, de quelques dizaines d’individus, dépend du thon rouge.
Menaces
- Pollution chimique : les PCB, accumulés dans la graisse, sont à des niveaux qui menacent la reproduction de plusieurs populations d’Europe ; la population côtière du Royaume-Uni est proche de l’extinction ;
- raréfaction des proies, comme le saumon chinook pour les orques résidentes du Sud, classées en voie de disparition au Canada et aux États-Unis ;
- bruit et trafic maritime ;
- captivité : les captures pour les parcs marins ont décimé certaines populations dans les années 1960-1970. En France, une loi de 2021 interdit à terme la détention de cétacés dans les delphinariums (échéance fin 2026).
Questions fréquentes
L’orque est-elle une baleine ou un dauphin ?
Un dauphin : elle appartient à la famille des Delphinidés, dont elle est le plus grand représentant.
L’orque est-elle dangereuse pour l’humain ?
Aucune attaque mortelle d’orque sauvage sur l’humain n’est documentée. Les accidents mortels connus se sont produits en captivité.
Pourquoi l’appelle-t-on épaulard ?
Épaulard est un autre nom français de l’orque, courant au Québec et dans la langue des marins. Son étymologie est discutée ; le terme scientifique orque vient du latin orca, qui désignait un cétacé.