Nature et animaux · Animaux marins
Le requin-baleine
Le requin-baleine (Rhincodon typus) est le plus grand poisson vivant : il dépasse souvent 10 m et peut approcher 18 m. Ce requin inoffensif se nourrit de plancton qu’il filtre ; il est classé en danger depuis 2016.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le requin-baleine vit dans les eaux chaudes tropicales et tempérées chaudes de tous les océans, sauf la Méditerranée. Malgré son nom, ce n’est pas une baleine mais un poisson cartilagineux, un requin, qui respire par des branchies. Le nom vient de sa taille et de son mode d’alimentation, semblable à celui des grandes baleines à fanons. Paisible, il se laisse souvent approcher par les plongeurs, ce qui en fait une vedette de l’écotourisme.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Rhincodon typus |
| Classe / famille | Poissons cartilagineux (Chondrichthyens) / Rhincodontidés |
| Taille | 4 à 12 m en général ; les plus grands individus mesurés approchent 18 m |
| Poids | jusqu’à 20 t environ pour les plus grands |
| Longévité | estimée à 80 ans ou plus, peut-être plus de 100 ans |
| Habitat | Eaux de surface tropicales et chaudes, côtes et haute mer |
| Régime | Filtreur : plancton, krill, œufs de poissons, petits poissons et calmars |
| Statut UICN | En danger (EN), évaluation mondiale de 2016 |
Description
Le requin-baleine a une tête large et aplatie, une bouche terminale (à l’avant du museau, et non dessous comme chez la plupart des requins) qui peut s’ouvrir sur plus de 1,5 m. Son dos gris-bleu à brun est constellé de taches blanches et de lignes claires formant un damier unique à chaque individu. Les chercheurs utilisent des photos de la zone située derrière les fentes branchiales pour identifier les individus, avec des algorithmes initialement conçus pour cartographier les étoiles.
Sa peau, épaisse de 10 à 15 cm sur le dos, est l’une des plus épaisses du règne animal. Il possède environ 3 000 dents minuscules, qui ne lui servent pas à se nourrir.
Alimentation
Le requin-baleine est l’un des trois requins filtreurs, avec le requin pèlerin et le requin grande gueule. Il nage lentement, bouche ouverte, ou se tient presque vertical en aspirant activement de grandes quantités d’eau. Des plaques filtrantes dans ses branchies retiennent le plancton, les œufs et les petits organismes. Il se rassemble là où la nourriture abonde, par exemple lors des pontes massives de coraux ou de poissons.
Reproduction
La reproduction du requin-baleine reste mal connue : on n’a presque jamais observé d’accouplement ni de naissance.
| Aspect | Donnée connue |
|---|---|
| Mode de reproduction | ovovivipare : les œufs éclosent dans le corps de la femelle |
| Portée | une femelle capturée en 1995 au large de Taïwan portait environ 300 embryons |
| Taille à la naissance | environ 40 à 60 cm |
| Maturité sexuelle | tardive, vers 25 à 30 ans ou une taille de 8 à 9 m |
Cette maturité tardive rend l’espèce très sensible à la pêche.
Migrations et plongées
Les requins-baleines suivis par balise satellite parcourent des milliers de kilomètres ; l’un d’eux a traversé plus de 20 000 km dans le Pacifique. Ils plongent régulièrement à plusieurs centaines de mètres et ont été enregistrés à près de 2 000 m de profondeur. Ils se regroupent saisonnièrement sur certains sites côtiers, principalement des jeunes mâles.
Menaces
Les populations de requins-baleines auraient diminué de plus de 50 % en 75 ans dans l’Indo-Pacifique, d’où leur classement « en danger » en 2016. Les causes :
- la pêche ciblée, autrefois très importante en Inde, aux Philippines et à Taïwan, et encore pratiquée illégalement en Chine, pour la viande, les ailerons et l’huile ;
- les captures accidentelles dans les filets à thon et les filets maillants ;
- les collisions avec les navires, car il passe beaucoup de temps près de la surface ;
- l’ingestion de plastique, en filtrant d’énormes volumes d’eau ;
- un tourisme mal encadré, comme le nourrissage à Oslob (Philippines), qui modifie son comportement.
Son commerce international est encadré par l’annexe II de la CITES depuis 2003, et de nombreux pays l’ont intégralement protégé.
Questions fréquentes
Le requin-baleine est-il dangereux ?
Non. Il se nourrit de plancton et n’attaque pas l’homme. Le seul risque est un coup de queue involontaire ou une blessure si un plongeur s’approche trop près.
Le requin-baleine est-il une baleine ?
Non. C’est un poisson, un requin à squelette cartilagineux qui respire par des branchies. Les baleines sont des mammifères qui respirent de l’air.
Quelle est la taille maximale du requin-baleine ?
Les individus de 12 m sont fréquents chez les adultes. Les plus grands mesurés de façon fiable approchent 18 m, mais ces tailles restent exceptionnelles.
Que mange le requin-baleine ?
Du plancton, du krill, des œufs de poissons et coraux, et de petits poissons qu’il filtre à travers ses branchies.