Nature et animaux · Animaux marins
L’hippocampe
L’hippocampe, ou cheval de mer, est un petit poisson osseux qui nage à la verticale. C’est le mâle qui porte les œufs dans une poche ventrale et met au monde les petits, comme chez ses cousins syngnathes.
Mis à jour le 4 min de lecture
Les hippocampes forment le genre Hippocampus, qui compte environ 46 espèces, de moins de 2 cm (hippocampes pygmées vivant sur les gorgones) à plus de 30 cm. Ils vivent dans les eaux côtières peu profondes, tropicales et tempérées, parmi les herbiers, les coraux, les mangroves et les algues. Leur nom vient du grec hippos (cheval) et kampos (monstre marin). Ce sont de vrais poissons, qui respirent par des branchies et appartiennent à la même famille que les syngnathes (poissons-aiguilles).
Fiche d’identité (hippocampe moucheté)
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Hippocampus guttulatus |
| Classe / famille | Poissons osseux (Actinoptérygiens) / Syngnathidés |
| Taille | 12 à 18 cm |
| Poids | quelques grammes à une vingtaine de grammes |
| Longévité | 3 à 5 ans environ |
| Habitat | Herbiers de zostères et de posidonies, fonds algaux côtiers de l’Atlantique Nord-Est et de la Méditerranée |
| Régime | Carnivore : petits crustacés (copépodes, mysidacés, amphipodes), larves |
| Statut UICN | Données insuffisantes (DD) pour les deux espèces européennes ; plusieurs espèces tropicales sont vulnérables ou en danger |
Une anatomie étonnante
L’hippocampe n’a pas d’écailles : son corps est couvert de plaques osseuses articulées sous la peau, qui forment une sorte d’armure. Sa tête, à angle droit avec le corps, se prolonge par un museau tubulaire sans dents. Il n’a pas de nageoire caudale, mais une queue préhensile qui s’enroule autour des algues et des herbes pour s’ancrer, comme celle d’un singe. Ses yeux bougent indépendamment l’un de l’autre, ce qui lui permet de surveiller deux directions à la fois.
Il nage en position verticale en faisant onduler très rapidement sa petite nageoire dorsale (jusqu’à 30 à 70 battements par seconde) et se dirige avec ses nageoires pectorales. C’est l’un des poissons les plus lents : certaines espèces ne parcourent que 1,5 m par heure. Beaucoup changent de couleur pour se camoufler, et certaines développent des filaments imitant les algues.
Alimentation
L’hippocampe est un chasseur à l’affût. Immobile, il attend qu’une proie passe près de son museau, puis l’aspire d’un coup en une fraction de seconde, grâce à un mouvement brusque de la tête. Comme il n’a pas d’estomac véritable et digère très vite, il doit manger presque en permanence : un adulte peut capturer des milliers de petits crustacés par jour.
Le mâle porte les petits
| Étape | Donnée |
|---|---|
| Parade | plusieurs jours de « danse » quotidienne : le couple s’enlace par la queue, change de couleur et nage côte à côte |
| Transfert des œufs | la femelle dépose ses œufs dans la poche incubatrice du mâle, sur son ventre |
| Fécondation | dans la poche, par le mâle |
| Gestation | 2 à 4 semaines selon les espèces et la température |
| Rôle du mâle | la poche, comparable à un placenta, fournit oxygène, nutriments et protection |
| Naissance | le mâle expulse par contractions de quelques dizaines à plus d’un millier de petits, autonomes dès la naissance |
Chez beaucoup d’espèces, les couples sont fidèles au moins pendant une saison de reproduction, et la femelle vient saluer le mâle chaque matin pendant la gestation. Les jeunes, livrés à eux-mêmes, ont une mortalité très élevée : moins d’un sur mille survivrait jusqu’à l’âge adulte.
Les hippocampes de France
Deux espèces vivent sur les côtes françaises de la Manche, de l’Atlantique et de la Méditerranée :
- l'hippocampe moucheté (Hippocampus guttulatus), couvert de petites taches blanches et souvent de filaments sur la tête et le dos ;
- l'hippocampe à museau court (Hippocampus hippocampus), au museau plus court et au corps lisse.
On les rencontre notamment dans le bassin d’Arcachon, la rade de Brest, l’étang de Thau et sur les herbiers de posidonies méditerranéens. Leur présence dépend étroitement de la bonne santé des herbiers.
Menaces
- La médecine traditionnelle : des dizaines de millions d’hippocampes séchés sont échangés chaque année, surtout vers la Chine et l’Asie du Sud-Est.
- Les captures accidentelles par le chalutage de fond, qui détruit aussi les herbiers.
- La destruction des habitats : herbiers arrachés par les ancres, mangroves et récifs dégradés, pollution côtière.
- Le commerce aquariophile d’animaux vivants et de souvenirs séchés.
En 2004, les hippocampes sont devenus le premier groupe de poissons marins exploités commercialement à être inscrit à l’annexe II de la CITES, qui encadre leur commerce international.
Questions fréquentes
Est-ce vraiment le mâle hippocampe qui accouche ?
Oui. La femelle dépose ses œufs dans la poche ventrale du mâle, qui les féconde, les nourrit et les protège pendant la gestation, puis expulse les petits par contractions.
L’hippocampe est-il un poisson ?
Oui. Malgré sa forme, c’est un poisson osseux : il respire par des branchies, possède des nageoires et une vessie natatoire.
Où voir des hippocampes en France ?
En plongée ou en randonnée palmée dans les herbiers du bassin d’Arcachon, de la rade de Brest, de l’étang de Thau ou en Méditerranée. Ils sont très difficiles à repérer grâce à leur camouflage.
Combien de temps vit un hippocampe ?
De 1 an pour les petites espèces à 4 ou 5 ans pour les plus grandes, dans la nature.