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Littérature · Œuvres

Un cœur simple

Un cœur simple est un conte de Gustave Flaubert publié en 1877 dans Trois Contes. Il raconte la vie humble de Félicité, servante dévouée qui perd tous ceux qu’elle aime et reporte son affection sur un perroquet.

Mis à jour le 3 min de lecture

Un cœur simple est le premier des Trois Contes de Gustave Flaubert, publiés en 1877 avec La Légende de saint Julien l’Hospitalier et Hérodias. En une cinquantaine de pages, Flaubert raconte un demi-siècle de la vie d’une servante normande. Écrit en partie pour George Sand, qui lui reprochait la froideur de ses livres, ce récit est souvent considéré comme l’un des sommets de la prose française. Il est fréquemment étudié au lycée.

Résumé

Chapitre I : le portrait

La première phrase pose le cadre : « Pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l’Évêque envièrent à Mme Aubain sa servante Félicité. » Flaubert décrit la maison de Mme Aubain, veuve ruinée, et Félicité, travailleuse infatigable, sans âge apparent, qui semble une « femme en bois ».

Chapitre II : l’amour et l’entrée en service

Félicité a eu une enfance malheureuse. Jeune, elle a aimé Théodore, qui l’a abandonnée pour épouser une femme riche. Elle entre alors au service de Mme Aubain et s’attache aux deux enfants, Paul et Virginie. Elle les accompagne à Trouville, en vacances au bord de la mer.

Chapitre III : les pertes

Virginie part au couvent ; Félicité reporte son affection sur son neveu Victor, matelot. Celui-ci meurt de la fièvre jaune à La Havane. Puis Virginie, fragile, meurt à son tour d’une maladie de poitrine. Félicité veille son corps et entretient sa tombe. Les années passent.

Chapitre IV : le perroquet

Une famille noble offre à Mme Aubain un perroquet, Loulou, qui revient à Félicité. Elle l’aime passionnément. Devenue sourde, elle n’entend plus que lui. Le perroquet meurt ; elle le fait empailler. Dans sa chambre, encombrée de souvenirs, il voisine avec une image du Saint-Esprit, et Félicité finit par confondre l’oiseau et la colombe divine.

Chapitre V : la mort de Félicité

Mme Aubain meurt ; la maison est à vendre, mais Félicité y reste. Malade, elle donne son perroquet, mangé par les vers, pour orner un reposoir de la Fête-Dieu. Au moment de mourir, elle croit voir, dans les cieux entrouverts, un perroquet gigantesque planant au-dessus de sa tête.

Les personnages

PersonnageRôle
FélicitéServante dévouée, simple, généreuse, qui aime sans retour
Mme AubainSa maîtresse, veuve bourgeoise, froide mais qui se rapproche d’elle avec l’âge
Paul et VirginieLes enfants de Mme Aubain
VictorNeveu de Félicité, matelot
ThéodorePremier amour de Félicité
LoulouLe perroquet, dernier objet de son amour

Les thèmes et pistes d’analyse

Une vie humble

Flaubert fait d’une servante l’héroïne d’un récit, ce qui est encore rare. Il montre une existence entièrement tournée vers les autres, faite de travail, de pertes et de dévouement. Le titre souligne la simplicité de son cœur : elle ne comprend pas tout, mais elle aime.

Le sacré et le dérisoire

La confusion finale entre le perroquet et le Saint-Esprit est ambiguë. On peut y lire une ironie sur la naïveté de Félicité, ou au contraire une forme de sainteté : son amour transfigure un objet dérisoire. Flaubert laisse le lecteur juger (voir l'ironie).

Le temps et la mort

Le récit couvre cinquante ans, avec de grandes ellipses. Les morts successives rythment la vie de Félicité. Le temps est marqué par des événements historiques à peine mentionnés, vus de loin.

Le style réaliste

Flaubert recherche l’impersonnalité : le narrateur ne juge pas, il décrit. Les détails concrets (la maison, les objets, les vêtements) disent la condition sociale. La phrase est travaillée, rythmée, avec ses célèbres rythmes ternaires. C’est une application exemplaire du réalisme, que l’on retrouve dans Madame Bovary.

Questions fréquentes

Pourquoi Félicité aime-t-elle tant son perroquet ?

Parce qu’il est le dernier être qui lui reste après la perte de tous ceux qu’elle a aimés, et parce qu’il vient d’Amérique, comme un lien avec Victor mort à La Havane. Devenue sourde, elle n’entend plus que lui.

Un cœur simple est-il un conte ou une nouvelle ?

Flaubert l’appelle conte, mais le récit est réaliste, sans merveilleux. On le classe souvent parmi les nouvelles réalistes du XIXe siècle. Voir aussi le conte.

Pour qui Flaubert a-t-il écrit Un cœur simple ?

Il l’a commencé en pensant à George Sand, qui l’encourageait à montrer plus de tendresse pour ses personnages. Elle mourut en 1876, avant d’avoir pu le lire.

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