Littérature · Mouvements littéraires
Le réalisme
Le réalisme est un mouvement littéraire du XIXe siècle (environ 1830-1880) qui cherche à représenter fidèlement la réalité sociale, y compris dans ses aspects ordinaires, sans l’idéaliser.
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Le réalisme est un courant littéraire et artistique qui s’affirme en France au milieu du XIXe siècle. Contre les rêveries et les épanchements du romantisme, il veut montrer le monde tel qu’il est : la vie quotidienne, l’argent, les classes sociales, la province, les ambitions et les médiocrités. Le roman devient son genre roi. Balzac, Stendhal et Flaubert en sont les trois grands noms, même si aucun ne s’est réclamé d’une « école réaliste ».
Origine du mot
Le terme s’impose vers 1855 à propos du peintre Gustave Courbet, qui, refusé à l’Exposition universelle, organise une exposition personnelle intitulée « Le Réalisme ». Le romancier Champfleury publie un recueil d’articles intitulé Le Réalisme en 1857 et Edmond Duranty dirige une revue du même nom (1856-1857). Les romanciers rattachés aujourd’hui au réalisme sont souvent antérieurs à ces débats.
Le contexte
La France connaît une transformation rapide : révolution industrielle, essor de la bourgeoisie, exode rural, croissance des villes, développement de la presse et du roman-feuilleton. Les sciences (biologie, médecine, sociologie naissante) proposent un modèle d’observation que les écrivains veulent imiter. Le positivisme d’Auguste Comte valorise les faits observables.
Les caractéristiques du réalisme
Peindre toute la société
Le roman réaliste s’intéresse à toutes les classes : bourgeois, paysans, domestiques, employés, banquiers. Balzac se présente comme le « secrétaire » de la société française dans l’avant-propos de La Comédie humaine (1842).
Des sujets ordinaires
Plus besoin de héros exceptionnels : une femme de médecin de campagne qui s’ennuie (Madame Bovary), un vieil avare de province (Eugénie Grandet). Les thèmes récurrents sont l’argent, l’ambition sociale, le mariage, l’adultère, la désillusion.
La documentation
Les auteurs se documentent sur les lieux, les métiers, les usages. Flaubert lit des centaines d’ouvrages pour certains romans.
L’objectivité et l’effacement du narrateur
Flaubert prône l'impersonnalité : l’auteur ne doit pas juger ses personnages. Le recours au point de vue interne et au discours indirect libre fait voir le monde par les yeux du personnage (voir la focalisation).
Les descriptions et l'« effet de réel »
Les descriptions détaillées ancrent le récit dans un lieu et une époque précis. Roland Barthes a appelé « effet de réel » ces détails sans fonction narrative (le baromètre dans « Un cœur simple » de Flaubert) qui servent seulement à faire croire au réel.
Le réalisme, procédés d’écriture
| Procédé | Effet |
|---|---|
| Ancrage spatio-temporel précis (dates, lieux réels) | Rendre le récit crédible |
| Descriptions détaillées | Faire voir le milieu, expliquer le personnage |
| Vocabulaire technique ou populaire | Restituer les métiers et les parlers |
| Personnages types | Représenter une catégorie sociale |
| Focalisation interne, discours indirect libre | Montrer la subjectivité sans juger |
| Retour des personnages (Balzac) | Créer un monde cohérent |
Les auteurs et les œuvres
| Auteur | Œuvres majeures |
|---|---|
| Stendhal (1783-1842) | Le Rouge et le Noir (1830), La Chartreuse de Parme (1839) |
| Honoré de Balzac (1799-1850) | Eugénie Grandet (1833), Le Père Goriot (1835), Illusions perdues (1837-1843) |
| Gustave Flaubert (1821-1880) | Madame Bovary (1857), L’Éducation sentimentale (1869), Trois Contes (1877) |
| Edmond et Jules de Goncourt | Germinie Lacerteux (1865) |
| Guy de Maupassant (1850-1893) | Une vie (1883), Bel-Ami (1885) |
Le réalisme a aussi ses maîtres hors de France : Charles Dickens et George Eliot en Angleterre, Tolstoï et Dostoïevski en Russie.
Réalisme et naturalisme
Le naturalisme, mené par Zola à partir des années 1870, prolonge le réalisme en lui donnant une ambition scientifique.
| Réalisme | Naturalisme | |
|---|---|---|
| Période | 1830-1880 | 1870-1893 |
| Chef de file | Pas d’école unifiée (Balzac, Flaubert) | Zola |
| Ambition | Peindre fidèlement la société | Démontrer scientifiquement l’action de l’hérédité et du milieu |
| Milieux privilégiés | Bourgeoisie, province | Monde ouvrier, misère |
| Méthode | Observation | Observation et expérimentation |
Le réalisme en peinture
Courbet (Un enterrement à Ornans, 1849-1850 ; Les Casseurs de pierres, 1849) et Millet (Des glaneuses, 1857) peignent des paysans et des ouvriers avec la dignité réservée jusque-là aux sujets historiques. Voir l'histoire de l’art.
Questions fréquentes
Quelles sont les caractéristiques du réalisme ?
La représentation fidèle de la société contemporaine, des personnages ordinaires, des descriptions précises, la documentation, l’objectivité du narrateur et l’importance de l’argent et des classes sociales.
Qui est le fondateur du réalisme ?
En littérature, Balzac et Stendhal sont considérés comme les précurseurs ; Flaubert en est le maître. Le mot vient de la peinture de Courbet.
Quel est le roman réaliste le plus célèbre ?
Madame Bovary de Flaubert (1857) est souvent cité comme le modèle du roman réaliste. Voir la fiche Madame Bovary.