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Littérature · Auteurs

Gustave Flaubert

Gustave Flaubert (1821-1880) est un romancier français, auteur de Madame Bovary (1857) et de L’Éducation sentimentale (1869). Obsédé par la perfection du style, il est considéré comme le maître du roman réaliste.

Mis à jour le 4 min de lecture

Gustave Flaubert, né le 12 décembre 1821 à Rouen et mort le 8 mai 1880 à Croisset, près de Rouen, a publié peu de livres mais chacun a fait date. Fils d’un chirurgien-chef de l’Hôtel-Dieu de Rouen, il consacre sa vie à l’écriture, retiré dans sa maison de Croisset au bord de la Seine. Son exigence stylistique, son refus de juger ses personnages et son ironie font de lui le maître du réalisme et un précurseur du roman moderne.

Biographie

DateÉvénement
1821Naissance à l’Hôtel-Dieu de Rouen, où son père est chirurgien
1836À Trouville, rencontre Élisa Schlésinger, passion de jeunesse qui inspirera Mme Arnoux
1841-1843Études de droit à Paris, sans enthousiasme
Janvier 1844Première crise nerveuse (probablement épileptique) : il abandonne le droit
1846Mort de son père et de sa sœur ; s’installe à Croisset avec sa mère ; liaison avec la poétesse Louise Colet
1849-1851Voyage en Orient (Égypte, Liban, Palestine, Turquie, Grèce) avec Maxime Du Camp
1851-1856Rédaction de Madame Bovary
1856Publication de Madame Bovary dans la Revue de Paris
Janvier-février 1857Procès pour « outrage à la morale publique et religieuse » ; acquittement le 7 février
1862Salammbô, roman sur Carthage
1869L’Éducation sentimentale
1874La Tentation de saint Antoine
1877Trois Contes
1880Mort à Croisset ; Bouvard et Pécuchet, inachevé, paraît en 1881

Les œuvres

ŒuvreAnnéeRésumé
Madame Bovary1857Emma, épouse d’un médecin de campagne, se perd dans les rêves romanesques, l’adultère et les dettes
Salammbô1862Révolte des mercenaires contre Carthage après la première guerre punique
L’Éducation sentimentale1869Frédéric Moreau, jeune homme indécis, aime en vain Mme Arnoux, sur fond de révolution de 1848
La Tentation de saint Antoine1874Visions et tentations de l’ermite, en forme dialoguée
Trois Contes1877« Un cœur simple », « La Légende de saint Julien l’Hospitalier », « Hérodias »
Bouvard et Pécuchet1881 (posthume)Deux copistes tentent d’explorer tous les savoirs et échouent
Dictionnaire des idées reçuesposthumeRecueil ironique des clichés bourgeois

Son premier chef-d’œuvre a sa fiche détaillée : Madame Bovary.

Le procès de Madame Bovary

Le roman paraît en feuilleton dans la Revue de Paris d’octobre à décembre 1856. Flaubert, le directeur de la revue et l’imprimeur sont poursuivis pour atteinte aux bonnes mœurs, en raison des scènes d’adultère et de la mort d’Emma. Le procureur Ernest Pinard voit dans le livre une glorification de l’adultère ; l’avocat Jules Senard plaide que le roman montre au contraire les conséquences de la faute. Flaubert est acquitté le 7 février 1857. Le procès assure au livre un immense succès. La même année, le même procureur fera condamner Les Fleurs du mal de Baudelaire.

La méthode de Flaubert

Le travail du style

Flaubert écrit lentement, parfois une page par semaine. Il rédige d’innombrables brouillons (plus de 4 500 feuillets pour Madame Bovary) et cherche le mot juste. Il éprouve ses phrases en les déclamant à pleine voix dans son « gueuloir » : une phrase qui sonne mal est une phrase mal écrite.

L’impersonnalité

« L’auteur, dans son œuvre, doit être comme Dieu dans l’univers, présent partout, et visible nulle part », écrit-il à Louise Colet (lettre du 9 décembre 1852). Le romancier ne doit ni juger ni commenter.

La focalisation interne et le discours indirect libre

Flaubert fait voir le monde par les yeux de ses personnages et mêle leur pensée à la voix du narrateur sans guillemets ni verbe introducteur : c’est le discours indirect libre, qu’il porte à la perfection. Voir la focalisation.

Un livre « sur rien »

Dans une lettre à Louise Colet du 16 janvier 1852, il rêve d’écrire « un livre sur rien », qui tiendrait par la seule force du style.

La documentation

Pour Salammbô, il se rend en Tunisie en 1858 ; pour Bouvard et Pécuchet, il aurait lu plus de 1 500 ouvrages.

Les thèmes

  • La bêtise et les idées reçues, qu’il traque chez les bourgeois (Homais dans Madame Bovary).
  • La désillusion : rêves romantiques confrontés à la médiocrité du réel. On parle de bovarysme pour désigner l’insatisfaction de qui se rêve autre qu’il n’est.
  • L’échec : Emma, Frédéric, Bouvard et Pécuchet échouent tous.
  • L’Orient et l’Antiquité, rêvés comme évasion (Salammbô, Hérodias).

Flaubert et le réalisme

Flaubert détestait l’étiquette de « réaliste » : il voulait avant tout faire œuvre d’art. Pourtant, son souci d’exactitude et d’objectivité en fait le modèle du roman réaliste. Il a été le maître et le mentor de Maupassant, qu’il a formé à l’écriture.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le gueuloir de Flaubert ?

C’est la pratique de Flaubert qui consistait à lire ses phrases à voix haute, en les criant, pour en éprouver le rythme et l’harmonie. Le mot désigne aussi la pièce où il le faisait.

Flaubert a-t-il dit « Madame Bovary, c’est moi » ?

La phrase n’apparaît dans aucun de ses écrits. Elle est rapportée de façon indirecte et tardive, et son authenticité est douteuse.

Quelles sont les œuvres principales de Flaubert ?

Madame Bovary (1857), Salammbô (1862), L’Éducation sentimentale (1869) et Trois Contes (1877).

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