Littérature · Auteurs
Émile Zola
Émile Zola (1840-1902) est un romancier français, chef de file du naturalisme et auteur des vingt romans des Rougon-Macquart, dont Germinal. Il est aussi célèbre pour son engagement dans l’affaire Dreyfus avec « J’accuse… ! ».
Mis à jour le 4 min de lecture
Émile Zola, né le 2 avril 1840 à Paris et mort le 29 septembre 1902 à Paris, est l’un des romanciers français les plus lus et les plus traduits. Théoricien du naturalisme, il a voulu faire du roman une étude scientifique de la société et a consacré vingt-deux ans à son grand cycle, Les Rougon-Macquart. Intellectuel engagé, il a pris la défense du capitaine Dreyfus au prix d’une condamnation et de l’exil. Ses cendres reposent au Panthéon depuis 1908.
Biographie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1840 | Naissance à Paris, fils d’un ingénieur italien, François Zola |
| 1847 | Mort de son père à Aix-en-Provence ; la famille connaît la gêne |
| 1852-1858 | Collège Bourbon à Aix, où il se lie d’amitié avec Paul Cézanne |
| 1859 | Échoue deux fois au baccalauréat |
| 1862-1866 | Employé à la librairie Hachette, chef de la publicité ; journaliste |
| 1866 | Critique d’art, défend Manet et les futurs impressionnistes |
| 1867 | Thérèse Raquin |
| 1871 | La Fortune des Rougon, premier volume des Rougon-Macquart |
| 1877 | L’Assommoir, succès et scandale ; il devient riche et célèbre |
| 1878 | Achète une maison à Médan |
| 1880 | Nana ; Le Roman expérimental ; Les Soirées de Médan |
| 1885 | Germinal |
| 1893 | Le Docteur Pascal, dernier volume du cycle |
| 13 janvier 1898 | « J’accuse… ! » dans L’Aurore |
| Juillet 1898 – juin 1899 | Condamné, s’exile en Angleterre |
| 29 septembre 1902 | Meurt asphyxié par la fumée d’une cheminée obstruée dans son appartement parisien |
| 4 juin 1908 | Transfert de ses cendres au Panthéon |
Les Rougon-Macquart
Le cycle porte le sous-titre Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire. Il compte vingt romans, publiés de 1871 à 1893, qui suivent cinq générations des descendants d’Adélaïde Fouque, dite tante Dide. Deux principes l’organisent :
- l’hérédité : une « fêlure » nerveuse et l’alcoolisme se transmettent dans la famille ;
- le milieu : chaque roman explore un milieu social du Second Empire (1851-1870).
| Roman | Année | Milieu ou sujet | Personnage principal |
|---|---|---|---|
| La Fortune des Rougon | 1871 | Coup d’État de 1851 en Provence | Pierre et Félicité Rougon |
| La Curée | 1872 | Spéculation immobilière à Paris | Aristide Saccard |
| Le Ventre de Paris | 1873 | Les Halles | Lisa Quenu |
| L’Assommoir | 1877 | Ouvriers parisiens, alcoolisme | Gervaise Macquart |
| Nana | 1880 | Théâtre, demi-monde | Nana |
| Au Bonheur des Dames | 1883 | Grand magasin | Octave Mouret, Denise Baudu |
| Germinal | 1885 | Mines du Nord, grève | Étienne Lantier |
| L’Œuvre | 1886 | Peintres | Claude Lantier |
| La Terre | 1887 | Paysans de la Beauce | Jean Macquart |
| La Bête humaine | 1890 | Chemins de fer | Jacques Lantier |
| L’Argent | 1891 | Bourse | Aristide Saccard |
| La Débâcle | 1892 | Guerre de 1870, Sedan | Jean Macquart |
| Le Docteur Pascal | 1893 | Synthèse scientifique du cycle | Pascal Rougon |
Le plus célèbre a sa fiche : Germinal. L’Œuvre provoqua la rupture avec Cézanne, qui crut se reconnaître dans le peintre raté Claude Lantier.
La méthode de Zola
Zola prépare chaque roman avec rigueur : il constitue un dossier préparatoire (ébauche, fiches des personnages, plans, notes d’enquête). Il visite les lieux, interroge, se documente dans les livres et la presse. Pour Germinal, il descend dans une mine à Anzin en février-mars 1884 ; pour La Bête humaine, il voyage sur une locomotive. Cette méthode s’appuie sur la médecine expérimentale de Claude Bernard (voir la méthode scientifique).
Le style de Zola
Malgré ses ambitions scientifiques, Zola est un écrivain visionnaire et épique :
- Les grands symboles : la mine-monstre du Voreux dans Germinal, l’alambic dans L’Assommoir, la locomotive la Lison dans La Bête humaine, le grand magasin comme machine.
- Les foules en mouvement (la marche des grévistes).
- Les descriptions puissantes et les métaphores filées (voir les figures de style).
- Le discours indirect libre et la langue populaire.
L’affaire Dreyfus et « J’accuse… ! »
Le capitaine Alfred Dreyfus, officier juif, est condamné en 1894 pour trahison sur des preuves fabriquées. Le 13 janvier 1898, après l’acquittement du véritable coupable, le commandant Esterhazy, Zola publie dans le journal L’Aurore une lettre ouverte au président de la République, Félix Faure, titrée par Clemenceau « J’accuse… ! ». Il y nomme les responsables de l’erreur judiciaire. Poursuivi pour diffamation, il est condamné à un an de prison et 3 000 francs d’amende ; il s’exile en Angleterre de juillet 1898 à juin 1899. Dreyfus est gracié en 1899 et réhabilité en 1906. Ce texte est considéré comme l’acte de naissance de la figure de l'intellectuel engagé.
Les derniers cycles
Après les Rougon-Macquart, Zola écrit Les Trois Villes (Lourdes, Rome, Paris, 1894-1898) et Les Quatre Évangiles (Fécondité, Travail, Vérité ; Justice restera inachevé), romans plus utopiques.
Questions fréquentes
Combien de romans compte Les Rougon-Macquart ?
Vingt romans, publiés de 1871 à 1893.
Comment Zola est-il mort ?
Il est mort asphyxié dans la nuit du 28 au 29 septembre 1902, par les émanations d’une cheminée obstruée. L’hypothèse d’un acte criminel d’anti-dreyfusards a été avancée mais n’a jamais été prouvée.
Qu’est-ce que « J’accuse… ! » ?
Une lettre ouverte publiée par Zola dans L’Aurore le 13 janvier 1898 pour défendre le capitaine Dreyfus et dénoncer ceux qui l’avaient fait condamner injustement.
Quel est le roman le plus connu de Zola ?
Germinal (1885), suivi de L’Assommoir (1877) et de Nana (1880).