Littérature · Auteurs
Marcel Proust
Marcel Proust (1871-1922) est un écrivain français, auteur d’À la recherche du temps perdu, roman en sept volumes sur le temps, la mémoire et l’art, prix Goncourt 1919 pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs.
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Marcel Proust, né le 10 juillet 1871 à Paris (Auteuil) et mort le 18 novembre 1922 à Paris, est l’auteur d’une œuvre unique : À la recherche du temps perdu, publiée de 1913 à 1927, soit plus de 3 000 pages. Ce roman, où un narrateur raconte sa vie jusqu’à la découverte de sa vocation d’écrivain, est souvent considéré comme le plus grand roman du XXe siècle. Il explore le temps, la mémoire, l’amour, la jalousie, la société mondaine et la création artistique.
Biographie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1871 | Naissance à Auteuil ; père médecin, Adrien Proust ; mère issue d’une famille juive aisée, Jeanne Weil |
| 1881 | Première crise d’asthme, maladie qui le poursuivra toute sa vie |
| 1882-1889 | Lycée Condorcet |
| 1890-1895 | Fréquente les salons aristocratiques ; licence de lettres (philosophie) |
| 1896 | Les Plaisirs et les Jours, recueil de nouvelles et poèmes, préfacé par Anatole France |
| 1898 | Prend parti pour Dreyfus |
| 1904-1906 | Traduit le critique anglais John Ruskin (La Bible d’Amiens, Sésame et les lys) |
| 1905 | Mort de sa mère, dont il est très proche |
| 1907-1909 | Abandonne un essai, Contre Sainte-Beuve, qui se transforme en roman |
| 1913 | Du côté de chez Swann, publié à compte d’auteur chez Grasset après des refus (dont celui de Gallimard) |
| 1919 | À l’ombre des jeunes filles en fleurs, prix Goncourt |
| 1922 | Mort d’une pneumonie, en corrigeant encore son manuscrit |
| 1927 | Publication du dernier volume, Le Temps retrouvé |
Proust vit, à partir de 1910, dans une chambre tapissée de liège boulevard Haussmann, pour se protéger du bruit, travaillant la nuit.
À la recherche du temps perdu
Les sept volumes
| Volume | Publication | Contenu principal |
|---|---|---|
| Du côté de chez Swann | 1913 | Enfance à Combray, la madeleine ; « Un amour de Swann » pour Odette |
| À l’ombre des jeunes filles en fleurs | 1919 | Gilberte ; séjour à Balbec, rencontre d’Albertine |
| Le Côté de Guermantes | 1920-1921 | Entrée dans le monde aristocratique |
| Sodome et Gomorrhe | 1921-1922 | Homosexualité (Charlus) ; jalousie envers Albertine |
| La Prisonnière | 1923 (posthume) | Albertine vit chez le narrateur |
| Albertine disparue (ou La Fugitive) | 1925 (posthume) | Fuite et mort d’Albertine, deuil |
| Le Temps retrouvé | 1927 (posthume) | Guerre de 1914-1918, matinée chez les Guermantes, révélation de la vocation |
Les personnages
- Le narrateur, qui n’est nommé qu’à deux reprises (Marcel), ne se confond pas tout à fait avec l’auteur.
- Charles Swann, esthète juif et mondain, amoureux d’Odette de Crécy.
- La duchesse de Guermantes et le baron de Charlus, figures de l’aristocratie.
- Albertine, amour jaloux du narrateur.
- Les Verdurin, bourgeois parvenus qui tiennent un salon.
- Les artistes : l’écrivain Bergotte, le peintre Elstir, le musicien Vinteuil.
La madeleine et la mémoire involontaire
L’épisode le plus célèbre se trouve dans Du côté de chez Swann. Le narrateur adulte trempe un morceau de madeleine dans du thé : le goût fait ressurgir d’un coup tout Combray, son enfance et la madeleine que lui offrait sa tante Léonie le dimanche matin.
D’autres « réminiscences » jalonnent l’œuvre : les pavés inégaux de la cour de l’hôtel de Guermantes, le bruit d’une cuillère contre une assiette, la raideur d’une serviette. Dans Le Temps retrouvé, elles révèlent au narrateur que l’art seul peut sauver le temps perdu.
Les thèmes
- Le temps qui détruit les êtres (le « bal de têtes » final où les personnages ont vieilli) et que l’art permet de retrouver.
- L’amour et la jalousie : l’amour naît de l’imagination et se nourrit de l’absence.
- La société : la décadence de l’aristocratie, l’ascension de la bourgeoisie, l’affaire Dreyfus, la guerre.
- L’art : la musique (la « petite phrase » de la sonate de Vinteuil), la peinture, la littérature.
- L’homosexualité, traitée de manière inédite pour l’époque.
Le style de Proust
La phrase proustienne est célèbre pour sa longueur : subordonnées, parenthèses, comparaisons et métaphores s’y enchaînent pour saisir toute la complexité d’une sensation ou d’une pensée. Le roman commence par une phrase brève, devenue célèbre : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. » Le récit à la première personne, rétrospectif, mêle le point de vue du jeune héros et celui du narrateur âgé qui comprend (voir la focalisation).
Questions fréquentes
Combien de tomes compte À la recherche du temps perdu ?
Sept volumes, publiés de 1913 à 1927, dont les trois derniers après la mort de Proust.
Qu’est-ce que la madeleine de Proust ?
L’épisode de Du côté de chez Swann où le goût d’une madeleine trempée dans du thé fait ressurgir l’enfance du narrateur. L’expression désigne aujourd’hui tout objet ou sensation qui réveille un souvenir.
Quelle est la première phrase d’À la recherche du temps perdu ?
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. »
Proust a-t-il reçu le prix Goncourt ?
Oui, en 1919, pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs.