Littérature · Œuvres
Le Fantôme de Canterville
Le Fantôme de Canterville est une nouvelle d’Oscar Wilde (1887). Une famille américaine achète un château hanté et ridiculise son fantôme, jusqu’à ce que la jeune Virginia l’aide à trouver la paix.
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Le Fantôme de Canterville est la première nouvelle publiée par Oscar Wilde, et l’un des textes anglais les plus lus au collège en France, souvent en 6e ou en 5e. Wilde y renverse le récit de fantôme : au lieu de terrifier les vivants, le spectre est ridiculisé par une famille d’Américains pragmatiques. Derrière la comédie, la fin prend un ton grave et émouvant.
Résumé
L’achat du château
Hiram B. Otis, ministre (diplomate) des États-Unis en Angleterre, achète Canterville Chase. Lord Canterville le prévient honnêtement : le château est hanté depuis trois siècles. M. Otis répond qu’il ne croit pas aux fantômes et que, s’il en existait un, on l’exposerait dans un musée américain. Il s’installe avec sa femme, son fils aîné Washington, sa fille Virginia, quinze ans, et deux jumeaux farceurs.
La tache de sang
Dans la bibliothèque, une tache de sang ancienne marque le sol : c’est celui de Lady Eleanore de Canterville, tuée par son mari, Sir Simon, en 1575. Washington l’efface aussitôt avec un détachant américain. Elle réapparaît chaque matin, chaque fois d’une couleur différente, rouge vif, pourpre, vert émeraude.
Un fantôme humilié
Sir Simon, fantôme fier de sa longue carrière d’épouvanteur, tente tous ses effets : bruits de chaînes, ricanements, apparitions sinistres. M. Otis lui conseille de huiler ses chaînes et lui offre un lubrifiant. Les jumeaux lui lancent des oreillers, lui tendent des pièges, et lui font peur avec un faux fantôme. Le spectre, vexé et épuisé, tombe malade et finit par se cacher.
Virginia et le jardin de la Mort
Seule Virginia ne s’est jamais moquée de lui. Un jour, elle le trouve triste près d’une fenêtre. Il lui avoue qu’il n’a pas dormi depuis trois cents ans et qu’il voudrait reposer dans le jardin de la Mort. Une prophécie, inscrite sur un vitrail, annonce que cela sera possible quand une jeune fille au cœur pur priera pour lui. Virginia accepte de l’aider et disparaît avec lui à travers le mur.
Le repos
La famille la cherche toute la nuit. À minuit, Virginia réapparaît, pâle, avec un coffret de bijoux que le fantôme lui a donné. Elle conduit sa famille dans une pièce secrète où se trouve le squelette de Sir Simon, enchaîné au mur : les frères de sa femme l’avaient laissé mourir de faim. Le vieil amandier stérile du jardin fleurit : la prophécie est accomplie. Sir Simon est enterré. Quelques années plus tard, Virginia épouse le jeune duc de Cheshire. Elle ne révèle jamais ce qui s’est passé, mais dit que le fantôme lui a fait comprendre ce que sont la vie, la mort, et pourquoi l’amour est plus fort que les deux.
Les personnages
| Personnage | Rôle |
|---|---|
| Sir Simon de Canterville | Le fantôme, vaniteux, théâtral, finalement pitoyable |
| Hiram B. Otis | Diplomate américain, rationnel, poli et pratique |
| Mme Otis | Son épouse, solide et pragmatique |
| Washington Otis | Fils aîné, qui efface la tache |
| Les jumeaux | Farceurs, véritables persécuteurs du fantôme |
| Virginia Otis | Jeune fille sensible et courageuse, qui sauve le fantôme |
| Lord Canterville | Ancien propriétaire, honnête et inquiet |
| Le duc de Cheshire | Amoureux puis époux de Virginia |
Les thèmes
La parodie du récit d’épouvante
Wilde reprend tous les clichés du roman gothique (château, chaînes, tache de sang, apparitions, prophétie) pour les tourner en dérision. Le comique vient du renversement : le fantôme a peur des vivants.
L’Amérique et l’Angleterre
Les Otis représentent l’Amérique moderne, matérialiste, sûre d’elle, qui ne respecte rien des traditions. Le fantôme incarne la vieille Angleterre aristocratique. Wilde se moque des deux : de la vanité du spectre et du pragmatisme un peu borné des Américains.
La compassion
Virginia est la seule à voir dans le fantôme une âme qui souffre. La fin montre que la bonté et la prière peuvent racheter une faute ancienne. Le ton passe du comique à l’émotion.
L’amour et la mort
Le jardin de la Mort, décrit comme un lieu paisible, et la conclusion de Virginia donnent au conte une portée plus profonde : l’amour triomphe de la mort.
Le mélange des registres
Wilde mêle le comique (farces des jumeaux, répliques ironiques de M. Otis), le fantastique (apparitions, prophétie) et le pathétique (la souffrance du spectre, le sacrifice de Virginia). Voir les registres littéraires.
Pistes d’analyse pour un élève
- Relever les procédés comiques dans les scènes où le fantôme échoue à faire peur.
- Comparer les réactions des membres de la famille face au fantôme.
- Étudier le changement de ton à partir de la rencontre avec Virginia.
- Comparer avec une vraie nouvelle fantastique comme La Vénus d’Ille : même univers, effet opposé.
Questions fréquentes
Pourquoi le fantôme hante-t-il Canterville ?
Sir Simon a tué sa femme, Lady Eleanore, en 1575. Ses beaux-frères l’ont laissé mourir de faim, et son âme erre depuis dans le château sans trouver le repos.
Comment Virginia aide-t-elle le fantôme ?
Elle accepte de prier pour lui et de l’accompagner jusqu’au jardin de la Mort, accomplissant la prophécie qui lui permet enfin de reposer.
Le Fantôme de Canterville fait-il peur ?
Très peu : c’est surtout une nouvelle comique qui parodie les histoires de fantômes. La fin est plus émouvante qu’effrayante.
Qui a écrit Le Fantôme de Canterville ?
L’écrivain irlandais Oscar Wilde, en 1887, quelques années avant Le Portrait de Dorian Gray (1890).