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Littérature · Œuvres

La Parure

La Parure est une nouvelle de Guy de Maupassant publiée en 1884. Pour un bal, Mathilde Loisel emprunte une rivière de diamants, la perd et passe dix ans de misère à la rembourser, avant d’apprendre qu’elle était fausse.

Mis à jour le 4 min de lecture

La Parure est l’une des nouvelles les plus étudiées de Maupassant, souvent en 4e. Elle est célèbre pour sa chute, l’une des plus cruelles de la littérature française : la dernière réplique renverse tout le sens de l’histoire. En quelques pages, la nouvelle peint aussi la condition des petits employés parisiens et le rêve d’ascension sociale.

Résumé

Les rêves de Mathilde

Mathilde est jolie et charmante, mais née dans une famille d’employés, sans dot. Elle a épousé un petit commis du ministère de l’Instruction publique, M. Loisel. Elle souffre de la médiocrité de son appartement et rêve de salons luxueux, de dîners fins, de bijoux et de toilettes. Elle a une amie riche, Mme Forestier, qu’elle ne veut plus voir tant elle revient malheureuse de ses visites.

L’invitation

Un soir, son mari rapporte fièrement une invitation à un bal au ministère. Au lieu de se réjouir, Mathilde pleure : elle n’a rien à se mettre. Loisel lui donne quatre cents francs, la somme qu’il avait mise de côté pour s’acheter un fusil de chasse. Elle achète une robe, mais se désole de n’avoir aucun bijou. Sur le conseil de son mari, elle va chez Mme Forestier, qui lui prête une superbe rivière de diamants.

Le bal et la perte

Au bal, Mathilde triomphe : elle est la plus jolie, tous les hommes veulent danser avec elle. Elle rentre au petit matin, et découvre devant son miroir qu’elle n’a plus le collier. Les recherches sont vaines.

Dix ans de misère

Les Loisel trouvent chez un joaillier du Palais-Royal un collier identique, qu’ils paient trente-six mille francs. Loisel utilise un héritage de dix-huit mille francs et emprunte le reste à des usuriers. Mathilde rend le collier à son amie sans avouer la perte. Commence alors une vie de pauvreté : ils renvoient la bonne, déménagent dans une mansarde ; Mathilde fait la vaisselle, le linge, marchande chez les commerçants ; Loisel fait des heures supplémentaires et des copies le soir. En dix ans, ils remboursent tout. Mathilde a vieilli, elle est devenue une femme du peuple, forte et rude.

La chute

Un dimanche, aux Champs-Élysées, Mathilde rencontre Mme Forestier, toujours jeune et belle, qui ne la reconnaît pas. Mathilde lui raconte enfin toute l’histoire, avec fierté. Mme Forestier, bouleversée, lui prend les mains : sa rivière de diamants était fausse. Elle valait au plus cinq cents francs.

Les personnages

PersonnageRôle
Mathilde LoiselHéroïne, belle, rêveuse, frustrée, puis courageuse
M. LoiselSon mari, petit employé, modeste, généreux et dévoué
Mme ForestierAmie de pension, riche, généreuse

La construction de la nouvelle

PartieContenuTemps
Situation initialeLes frustrations de MathildeUne vie entière résumée
Élément perturbateurL’invitation au balQuelques jours
PéripétiesLa robe, le collier, le bal, la perteUne soirée
ConséquencesDix ans de misèreRésumés en quelques paragraphes
ChuteLa révélation de Mme ForestierUne seule réplique

La variation du rythme est remarquable : Maupassant s’attarde sur une seule nuit et résume dix ans en une page. La chute, placée dans la dernière phrase, oblige le lecteur à relire toute l’histoire autrement (voir la nouvelle littéraire).

Les thèmes

L’apparence et la réalité

Le collier est faux, comme le bonheur que Mathilde imagine dans le luxe. Le monde de l’apparence trompe : Mme Forestier porte de faux bijoux, et personne ne s’en aperçoit.

Le rêve d’ascension sociale

Mathilde se croit née pour le luxe et méprise sa condition. Maupassant, proche du réalisme, montre la rigidité des classes sociales : le rêve d’une nuit coûte dix ans de travail.

L’ironie du destin

La catastrophe vient d’un malentendu : si Mathilde avait avoué la perte, tout aurait été évité. Son orgueil et la peur d’être soupçonnée de vol l’ont perdue.

Une héroïne transformée

La misère révèle chez Mathilde un courage inattendu. Elle « prend son parti, tout d’un coup, héroïquement ». La pauvreté la vieillit, mais lui donne une forme de grandeur.

Pistes d’analyse pour un élève

  • Étudier le portrait initial de Mathilde : relever le champ lexical de la souffrance et du rêve.
  • Analyser le rythme du récit : scènes détaillées et sommaires.
  • Expliquer la chute : en quoi change-t-elle le sens de la nouvelle ?
  • Juger les personnages : Mathilde est-elle coupable, victime ou les deux ?

Questions fréquentes

Quelle est la chute de La Parure ?

Mme Forestier révèle que le collier prêté était faux et ne valait que cinq cents francs, alors que les Loisel ont passé dix ans à rembourser trente-six mille francs.

Pourquoi Mathilde n’avoue-t-elle pas la perte ?

Par honte et par orgueil, et parce qu’elle craint d’être soupçonnée de vol. Elle préfère racheter un collier identique en secret.

Quelle est la morale de La Parure ?

Maupassant ne l’écrit pas. La nouvelle montre le danger des apparences et de l’orgueil, et l’injustice d’un destin social cruel.

Combien coûte le collier racheté ?

Trente-six mille francs, une fortune pour un petit employé de ministère.

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