Littérature · Œuvres
Le Journal d’Anne Frank
Le Journal d’Anne Frank est le journal intime d’une adolescente juive cachée avec sa famille à Amsterdam de 1942 à 1944. Arrêtée et déportée, Anne meurt en 1945 ; son père publie son journal en 1947.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le Journal d’Anne Frank est l’un des livres les plus lus au monde et l’un des témoignages les plus connus sur la Shoah. Ce n’est pas un récit écrit après coup, mais le journal d’une jeune fille de treize à quinze ans, rédigé au jour le jour dans une cachette. Il est souvent étudié en 3e, en lien avec l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.
Le contexte
La famille Frank, juive allemande, quitte l’Allemagne en 1933-1934, après l’arrivée au pouvoir de Hitler, pour s’installer à Amsterdam, où le père, Otto Frank, dirige une entreprise. En mai 1940, l’Allemagne envahit les Pays-Bas. Les lois antijuives se multiplient : interdiction de fréquenter les écoles ordinaires, les parcs, les tramways ; port obligatoire de l’étoile jaune. À partir de l’été 1942 commencent les déportations vers les camps.
La vie dans l’Annexe
L’entrée dans la cachette
Pour son treizième anniversaire, le 12 juin 1942, Anne reçoit un carnet à carreaux. Elle décide d’en faire un journal, qu’elle adresse à une amie imaginaire, Kitty. Le 5 juillet, sa sœur aînée Margot reçoit une convocation pour un « camp de travail ». Le lendemain, la famille se cache dans l'Annexe, un ensemble de pièces situées à l’arrière de l’entreprise d’Otto Frank, au 263 Prinsengracht, dont l’entrée est dissimulée derrière une bibliothèque pivotante.
Les huit clandestins
Ils sont bientôt huit : les quatre Frank, la famille Van Pels (le père, la mère et leur fils Peter) et le dentiste Fritz Pfeffer. Dans son journal, Anne leur donne d’autres noms (Van Daan, Albert Dussel). Quatre employés de l’entreprise, dont Miep Gies, et quelques proches les ravitaillent au péril de leur vie.
Le quotidien
Le journal décrit le manque d’espace, le silence obligatoire pendant les heures de bureau, la peur des bruits, des cambrioleurs et des descentes de police, le rationnement, les disputes entre adultes. Il raconte aussi les études, les lectures, l’écoute de la radio anglaise, les espoirs liés au débarquement de juin 1944.
Une adolescente qui grandit
Anne parle de ses conflits avec sa mère, de son admiration pour son père, de sa sœur, de son amitié amoureuse avec Peter. Elle s’interroge sur elle-même, sur la condition des femmes, sur la foi, sur le bien et le mal. Elle rêve de devenir journaliste et écrivaine.
La réécriture
Au printemps 1944, Anne entend à la radio un ministre néerlandais en exil appeler à conserver les journaux et lettres de guerre pour témoigner après la libération. Elle commence alors à réécrire son journal en vue d’une publication. Il existe donc plusieurs versions du texte : le journal original et la version réécrite par Anne elle-même.
L’arrestation et la mort
Le 4 août 1944, la police allemande, sans doute alertée par une dénonciation dont l’auteur n’a jamais été identifié avec certitude, découvre la cachette. Les huit clandestins sont déportés, d’abord au camp de transit de Westerbork, puis à Auschwitz. Anne et Margot sont transférées à Bergen-Belsen, où elles meurent du typhus en février ou mars 1945, quelques semaines avant la libération du camp. Seul Otto Frank survit.
Miep Gies avait recueilli les carnets d’Anne après l’arrestation. Elle les remet à Otto Frank à son retour, qui décide de les publier.
Les personnes de l’Annexe
| Personne | Rôle dans le journal |
|---|---|
| Anne Frank | L’autrice, vive, curieuse, ambitieuse |
| Otto Frank | Son père, calme et protecteur, seul survivant |
| Edith Frank | Sa mère, avec qui Anne s’entend mal ; morte à Auschwitz |
| Margot Frank | Sa sœur aînée, studieuse et discrète |
| Les Van Pels et Peter | Famille cachée avec eux ; Peter devient proche d’Anne |
| Fritz Pfeffer | Dentiste qui partage la chambre d’Anne |
| Miep Gies et les aidants | Employés qui ravitaillent les clandestins et sauvent le journal |
Les thèmes
- La persécution des Juifs et la vie sous l’occupation nazie.
- L’enfermement et la peur constante d’être découvert.
- L’adolescence : construction de soi, relations familiales, premiers sentiments.
- L’écriture comme refuge, comme confidente et comme projet d’avenir.
- L’espoir et la foi en l’humanité, malgré tout.
Pistes d’analyse pour un élève
- Étudier les caractéristiques du journal intime : dates, destinataire fictif, première personne, sincérité (voir l'autobiographie).
- Relier le journal à l’histoire : lois antijuives, rafles, déportation (voir aussi la rafle du Vél' d’Hiv en France).
- Analyser l’évolution d’Anne entre les premières et les dernières pages.
- Réfléchir à la valeur du témoignage : pourquoi ce journal touche-t-il autant de lecteurs ?
Questions fréquentes
Comment Anne Frank est-elle morte ?
Du typhus, au camp de concentration de Bergen-Belsen, en Allemagne, en février ou mars 1945, peu après sa sœur Margot. Elle avait quinze ans.
Qui a dénoncé la famille Frank ?
On ne le sait pas avec certitude. Plusieurs enquêtes ont été menées depuis la guerre sans aboutir à une conclusion définitive.
Qui est Kitty ?
Une amie imaginaire à qui Anne adresse son journal sous forme de lettres, ce qui donne au texte le ton d’une confidence.
Peut-on visiter l’Annexe ?
Oui, la maison du 263 Prinsengracht à Amsterdam est devenue un musée, la Maison d’Anne Frank, ouvert en 1960.