Langue française · Grammaire et conjugaison
L’hypothèse et la condition
Après le « si » de condition, jamais de futur ni de conditionnel : si + présent → futur ; si + imparfait → conditionnel présent ; si + plus-que-parfait → conditionnel passé.
Mis à jour le 3 min de lecture
Si j'aurais su, je serais venu : cette phrase célèbre est fautive. Après le si qui exprime une condition, le verbe est à l'indicatif (présent, imparfait ou plus-que-parfait) ; c’est la principale qui porte le futur ou le conditionnel.
Les trois schémas de base
| Valeur | Subordonnée (si…) | Principale | Exemple |
|---|---|---|---|
| potentiel (possible dans le futur) | présent | futur (ou présent, impératif) | Si tu viens, je serai content. |
| irréel du présent (ou potentiel peu probable) | imparfait | conditionnel présent | Si j'étais riche, je voyagerais. |
| irréel du passé | plus-que-parfait | conditionnel passé | Si j'avais su, je serais venu. |
Le potentiel : un fait possible
La condition peut se réaliser : S’il fait beau demain, nous irons à la plage. La principale peut aussi être au présent (vérité générale : Si on chauffe l’eau, elle bout) ou à l’impératif (Si tu as froid, mets un pull).
L’irréel du présent : un fait contraire à la réalité actuelle
Si j'avais des ailes, je volerais. (je n’en ai pas). Le même schéma exprime aussi un potentiel moins probable : Si tu gagnais au loto, que ferais-tu ?
L’irréel du passé : un fait qui ne s’est pas produit
Si tu avais révisé, tu aurais réussi. (tu n’as pas révisé). Voir le plus-que-parfait.
Les schémas mixtes
On peut croiser les époques : Si tu avais pris ton parapluie (passé), tu ne serais pas trempé maintenant (présent). → plus-que-parfait + conditionnel présent.
Le si qui n’est pas conditionnel
La règle ne s’applique qu’au si de condition. Le si interrogatif (interrogative indirecte) accepte le futur et le conditionnel :
- Je me demande s’il viendra. Il se demandait s’il viendrait. (correct : « je me demande quelque chose »)
Test : si l’on peut remplacer si par au cas où ou à condition que, c’est une condition ; si l’on peut le remplacer par est-ce que, c’est une interrogation.
Les autres façons d’exprimer la condition
| Moyen | Mode | Exemple |
|---|---|---|
| à condition que, pourvu que, à moins que, pour peu que, en admettant que, supposé que | subjonctif | Je viendrai à condition que tu m’invites. |
| au cas où, dans le cas où | conditionnel | Au cas où il pleuvrait, prends un parapluie. |
| selon que, suivant que | indicatif | Selon que vous serez puissant ou misérable… |
| à condition de, à moins de + infinitif | — | Tu réussiras à condition de travailler. |
| en cas de, avec, sans + nom | — | En cas de pluie, la fête est annulée. Sans ton aide, j’échouerais. |
| gérondif | — | En partant maintenant, tu arriveras à temps. |
| deux propositions juxtaposées au conditionnel | conditionnel | Il viendrait, je serais surpris. |
| impératif + et | — | Travaille, et tu réussiras. |
À moins que peut s’employer avec un ne explétif : à moins qu’il ne pleuve.
Si et l’élision
Si s’élide seulement devant il et ils : s’il, s’ils, mais si elle, si on. Ne pas confondre avec s’y (il s’y rend) : voir si ou s’y.
Mini exercice corrigé
Conjuguez les verbes entre parenthèses :
- Si tu (partir) maintenant, tu (arriver) à l’heure. → pars, arriveras.
- Si j'(avoir) le temps, je (lire) davantage. → avais, lirais.
- S’il (pleuvoir) hier, la fête (être) annulée. → avait plu, aurait été.
- Je me demande si elle (venir) demain. → viendra (si interrogatif).
- Si nous (savoir), nous (ne pas venir). → avions su, ne serions pas venus.
Questions fréquentes
« Si j’aurais su » est-il acceptable ?
Non. C’est une faute de registre familier, célèbre par le film La Guerre des boutons. On dit Si j’avais su.
Peut-on mettre le futur après « si » ?
Pas après le si de condition : « si tu viendras » est fautif. Mais après le si interrogatif, oui : Dis-moi si tu viendras.
Pourquoi « si » est-il suivi de l’imparfait pour parler du présent ?
L’imparfait marque ici l’éloignement par rapport à la réalité, pas le passé : Si j’étais toi parle du présent. C’est une valeur modale de l’imparfait, détaillée dans les valeurs de l’imparfait.