Langue française · Grammaire et conjugaison
Les valeurs de l’imparfait
L’imparfait présente une action passée dans sa durée, sans limites précises. Il sert à décrire, à exprimer l’habitude ou une action en cours, mais aussi l’hypothèse (si j’étais…) et la politesse.
Mis à jour le 3 min de lecture
L’imparfait est le temps de la durée et du décor dans le récit au passé. Mais il ne parle pas toujours du passé : dans Si j'étais riche… ou Je voulais vous demander un service, il exprime une hypothèse ou une politesse. La formation est expliquée dans l’imparfait de l’indicatif ; cette fiche se concentre sur ses valeurs.
Tableau des valeurs de l’imparfait
| Valeur | Ce qu’il exprime | Exemple |
|---|---|---|
| description (arrière-plan) | le décor, les personnages, les circonstances d’un récit | Il faisait nuit ; la pluie tombait. |
| habitude (itératif) | une action répétée dans le passé | Chaque été, nous allions à la mer. |
| action en cours (durée) | une action en train de se dérouler, souvent interrompue | Je lisais quand le téléphone a sonné. |
| hypothèse | une condition après si (irréel du présent, potentiel) | Si j'avais le temps, je viendrais. |
| politesse, atténuation | une demande adoucie | Je voulais vous demander un conseil. |
| souhait, regret | après si en exclamation | Si seulement il était là ! |
| imparfait narratif (de rupture) | un fait ponctuel présenté dans sa durée, effet de style | Le lendemain, il mourait. |
| futur dans le passé (rare) | discours indirect, concordance | Il a dit qu’il partait le lendemain. |
Les valeurs dans le récit
L’arrière-plan et la description
Dans un récit, l’imparfait installe le décor et les circonstances, tandis que le passé simple fait avancer l’action :
Le soleil brillait, les oiseaux chantaient ; soudain, un orage éclata.
L’imparfait correspond à ce qui « dure » autour de l’action principale. Cette opposition est détaillée dans passé simple ou imparfait.
L’habitude
L’imparfait exprime ce qui se répétait : Tous les matins, il se levait à six heures. Les indicateurs de fréquence (souvent, chaque jour, d’habitude, toujours) l’accompagnent souvent.
L’action en cours, interrompue
Une action longue à l’imparfait est coupée par une action brève au passé simple ou au passé composé : Nous dînions lorsqu’on frappa à la porte.
Les valeurs modales : l’imparfait hors du passé
- Hypothèse : Si tu venais, je serais ravi. Après si, l’imparfait remplace le conditionnel, interdit : voir hypothèse et condition.
- Politesse : Je venais vous demander… Vous désiriez ? (le vendeur s’adresse au client présent).
- Souhait ou regret : Ah ! si j'étais plus jeune !
- Imminence contrariée : Un pas de plus, et il tombait (= il serait tombé).
L’imparfait narratif : une valeur de style
Certains écrivains emploient l’imparfait pour un fait unique et daté, à la place du passé simple, souvent en fin de récit : Deux jours plus tard, la guerre éclatait. L’effet est de ralentir, d’étirer le moment, ou de produire une chute. On l’appelle imparfait narratif ou de rupture.
Mini exercice corrigé
Donnez la valeur de l’imparfait :
- La maison était vieille ; le lierre couvrait ses murs. → description.
- Chaque soir, mon grand-père racontait une histoire. → habitude.
- Je dormais quand l’alarme a retenti. → action en cours interrompue.
- Si nous partions plus tôt, nous éviterions les bouchons. → hypothèse (potentiel).
- Je voulais savoir si vous étiez disponible. → politesse, atténuation.
- Le soir même, il signait le contrat. → imparfait narratif.
Questions fréquentes
Pourquoi l’imparfait s’appelle-t-il ainsi ?
Parce qu’il présente l’action comme non achevée (imparfaite, au sens latin de « non accomplie »), en cours de déroulement, par opposition au parfait (accompli).
L’imparfait et le passé composé peuvent-ils se suivre ?
Oui, c’est le duo courant à l’oral et à l’écrit moderne : Je marchais (cadre) quand j’ai vu un renard (action). Le passé composé remplace alors le passé simple.
Quelle est la différence entre imparfait d’habitude et passé simple répété ?
L’imparfait présente la répétition comme une habitude sans limites précises (il venait souvent) ; le passé simple compte des faits délimités (il vint trois fois).