Langue française · Grammaire et conjugaison
Le plus-que-parfait
Le plus-que-parfait se forme avec l’auxiliaire avoir ou être à l’imparfait, suivi du participe passé : j’avais mangé, elle était partie. Il exprime une action antérieure à une autre action passée.
Mis à jour le 3 min de lecture
Le plus-que-parfait est le temps composé qui correspond à l’imparfait. Son nom dit sa fonction : il situe une action plus loin dans le passé qu’une autre action déjà passée. Quand je suis arrivé, le train était parti.
La formation
| Personne | finir (avoir) | arriver (être) | se tromper (être) |
|---|---|---|---|
| je | avais fini | étais arrivé(e) | m’étais trompé(e) |
| tu | avais fini | étais arrivé(e) | t’étais trompé(e) |
| il, elle | avait fini | était arrivé(e) | s’était trompé(e) |
| nous | avions fini | étions arrivé(e)s | nous étions trompé(e)s |
| vous | aviez fini | étiez arrivé(e)(s) | vous étiez trompé(e)(s) |
| ils, elles | avaient fini | étaient arrivé(e)s | s’étaient trompé(e)s |
L’accord du participe passé obéit aux mêmes règles qu’au passé composé : avec être, accord avec le sujet ; avec avoir, accord avec le COD placé avant (les lettres qu’il avait écrites). Voir l’accord du participe passé.
Les emplois
1. L’antériorité dans le passé
C’est l’emploi principal. Le plus-que-parfait présente une action achevée avant une autre action passée, exprimée à l’imparfait, au passé composé ou au passé simple :
- Il avait plu toute la nuit ; les routes étaient inondées.
- Elle a retrouvé le livre qu’elle avait perdu.
- Quand il avait fini son travail, il sortait se promener. (habitude)
2. L’hypothèse non réalisée dans le passé
Après si, le plus-que-parfait exprime une condition qui ne s’est pas réalisée ; la conséquence est au conditionnel passé :
- Si j'avais su, je ne serais pas venu.
- S’il avait pris le train, il serait arrivé à l’heure.
3. Le regret ou le souhait
Si seulement tu m'avais écouté ! Ah, si j'avais eu le temps !
4. Le discours indirect au passé
Le passé composé du discours direct devient plus-que-parfait au discours indirect, quand le verbe introducteur est au passé :
- direct : Il a dit : « J’ai réussi. »
- indirect : Il a dit qu’il avait réussi.
Voir la concordance des temps et le discours direct et indirect.
5. La politesse ou l’atténuation
J'étais venu vous demander un conseil. Le plus-que-parfait adoucit la demande, comme l’imparfait de politesse.
Plus-que-parfait ou passé composé ?
| Situation | Temps | Exemple |
|---|---|---|
| action passée sans autre repère | passé composé | J’ai perdu mes clés. |
| action antérieure à un autre fait passé | plus-que-parfait | J’ai cherché les clés que j’avais perdues. |
| hypothèse sur le présent | imparfait | Si j’avais une voiture… |
| hypothèse sur le passé | plus-que-parfait | Si j’avais eu une voiture… |
Plus-que-parfait et passé antérieur
Le passé antérieur (j’eus fini, il fut parti) exprime lui aussi l’antériorité, mais par rapport à un passé simple, et pour une action ponctuelle, surtout après quand, lorsque, dès que, après que : Dès qu’il eut fini, il sortit. Il appartient à la langue écrite littéraire. Le plus-que-parfait, lui, s’emploie dans tous les registres.
Mini exercice corrigé
- Quand nous sommes arrivés, le film (commencer). → avait commencé
- Si tu (venir), tu aurais rencontré Léa. → étais venu(e)
- Il m’a rendu les livres que je lui (prêter). → avais prêtés
- Elle a dit qu’elle (se perdre). → s’était perdue
- Si seulement nous (partir) plus tôt ! → étions partis
Questions fréquentes
Pourquoi s’appelle-t-il « plus-que-parfait » ?
Le terme vient du latin plusquamperfectum. En grammaire, « parfait » désigne une action achevée ; le plus-que-parfait marque une action achevée encore plus anciennement.
« Si j’aurais su » est-il correct ?
Non. Après si de condition, on emploie le plus-que-parfait : si j’avais su.
Le plus-que-parfait prend-il un trait d’union ?
Oui, deux : plus-que-parfait. Au pluriel, seul le dernier élément prend la marque : des plus-que-parfaits.