Langue française · Grammaire et conjugaison
La concordance des temps
La concordance des temps est la règle qui fixe le temps du verbe d’une subordonnée selon celui de la principale et selon que l’action est antérieure, simultanée ou postérieure.
Mis à jour le 3 min de lecture
Quand une phrase contient une subordonnée, le temps de son verbe dépend de deux choses : le temps du verbe principal (présent/futur ou passé) et le rapport chronologique entre les deux actions. L’action de la subordonnée peut être antérieure, simultanée ou postérieure à celle de la principale.
Quand la principale est au présent ou au futur
C’est le cas le plus simple : la subordonnée garde le temps qu’elle aurait dans une phrase indépendante.
| Rapport | Temps de la subordonnée | Exemple |
|---|---|---|
| Antériorité | passé composé (ou imparfait) | Je sais qu’il est venu / qu’il était malade. |
| Simultanéité | présent | Je sais qu’il vient. |
| Postériorité | futur | Je sais qu’il viendra. |
Quand la principale est au passé
Au passé (imparfait, passé composé, passé simple, plus-que-parfait), les temps de la subordonnée reculent d’un cran : c’est la vraie concordance.
| Rapport | Temps de la subordonnée | Exemple |
|---|---|---|
| Antériorité | plus-que-parfait | Je savais qu’il était venu. |
| Simultanéité | imparfait | Je savais qu’il venait. |
| Postériorité | conditionnel présent (futur dans le passé) | Je savais qu’il viendrait. |
| Postériorité accomplie | conditionnel passé | Je savais qu’il serait venu avant midi. |
La concordance au subjonctif
Dans la langue courante
On n’utilise que deux temps du subjonctif :
| Rapport | Temps | Exemple (principale au présent ou au passé) |
|---|---|---|
| Simultanéité ou postériorité | subjonctif présent | Je veux / Je voulais qu’il vienne. |
| Antériorité | subjonctif passé | Je doute / Je doutais qu’il soit venu. |
Dans la langue littéraire (concordance classique)
Quand la principale est au passé, la norme classique emploie l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif :
| Rapport | Temps | Exemple |
|---|---|---|
| Simultanéité ou postériorité | subjonctif imparfait | Je voulais qu’il vînt. |
| Antériorité | subjonctif plus-que-parfait | Je doutais qu’il fût venu. |
Cette concordance se rencontre chez les auteurs classiques et dans les textes littéraires soutenus ; elle est aujourd’hui ressentie comme recherchée, sauf à la 3e personne du singulier (qu’il fût, qu’il eût, qu’il vînt), encore employée à l’écrit.
La concordance avec « si » (système hypothétique)
| Condition (après si) | Conséquence | Sens |
|---|---|---|
| présent | présent ou futur | Si tu viens, je serai content. (possible) |
| imparfait | conditionnel présent | Si tu venais, je serais content. (potentiel ou irréel du présent) |
| plus-que-parfait | conditionnel passé | Si tu étais venu, j'aurais été content. (irréel du passé) |
Le discours indirect
La concordance s’applique aussi quand on rapporte des paroles au passé : les temps reculent, les pronoms et repères de temps changent.
- Il a dit : « Je pars demain. » → Il a dit qu’il partait le lendemain.
- Elle a promis : « J’aurai fini ce soir. » → Elle a promis qu’elle aurait fini le soir même.
Mini exercice corrigé
- Je pensais qu’il (pleuvoir) le lendemain. → pleuvrait
- Il croyait que tu (partir) déjà la veille. → étais parti
- Elle dit qu’elle (arriver) demain. → arrivera
- Si j'(avoir) le temps, je t’aiderais. → avais
- Je voulais qu’il (venir). → vienne (courant) ou vînt (littéraire)
Questions fréquentes
Faut-il toujours respecter la concordance des temps ?
À l’indicatif, oui dans un écrit soigné, sauf pour une vérité générale ou un fait encore vrai au moment où l’on parle (Il m’a dit qu’il habite à Lyon est admis s’il y habite toujours). Au subjonctif, la concordance classique n’est plus obligatoire.
Quel temps après « je pensais que » ?
L’imparfait pour un fait simultané (je pensais que tu étais là), le plus-que-parfait pour un fait antérieur (que tu étais parti), le conditionnel pour un fait postérieur (que tu viendrais).
Pourquoi « que je vinsse » sonne-t-il si étrange ?
Parce que l’imparfait du subjonctif a quasiment disparu de l’usage oral. Ses formes en -sse, -ssions paraissent aujourd’hui précieuses, en particulier aux 1re et 2e personnes.