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Économie · Notions fondamentales

Chômage

Un chômeur est une personne en âge de travailler, sans emploi, disponible et qui recherche activement un emploi. Le taux de chômage rapporte le nombre de chômeurs à la population active.

Mis à jour le 5 min de lecture

Le chômage est l’un des indicateurs économiques les plus suivis, parce qu’il touche directement les revenus et les conditions de vie. Sa définition statistique est internationale : elle a été fixée par le Bureau international du travail (BIT). En France, le taux officiel est publié chaque trimestre par l'Insee ; au Canada, chaque mois par Statistique Canada.

Comment calcule-t-on le taux de chômage ?

Taux de chômage = nombre de chômeurs ÷ population active × 100

La population active regroupe les personnes qui ont un emploi et les chômeurs. Les inactifs (étudiants qui ne travaillent pas, retraités, personnes au foyer, personnes ne cherchant pas d’emploi) n’en font pas partie. C’est pourquoi le taux de chômage peut baisser sans création d’emplois : il suffit que des chômeurs découragés cessent de chercher.

Pour avoir une vision complète, on regarde aussi le taux d’emploi (part des 15-64 ans qui ont un emploi) et le halo autour du chômage : personnes sans emploi qui souhaitent travailler mais ne remplissent pas tous les critères du BIT (non disponibles immédiatement ou ne cherchant pas activement).

Chômage BIT et demandeurs d’emploi : deux mesures différentes

Chômage au sens du BITDemandeurs d’emploi inscrits
ProducteurInsee (enquête Emploi)France Travail et Dares
MéthodeEnquête auprès d’environ 70 000 ménages chaque trimestreComptage administratif des inscrits
CritèreDéfinition internationaleInscription et catégorie (A, B, C…)
Comparaison internationaleOuiNon

Les deux chiffres évoluent différemment, ce qui alimente régulièrement la confusion dans le débat public.

Les chiffres récents

IndicateurValeurSource
Taux de chômage BIT, France (Mayotte désormais incluse)8,3 % au 2e trimestre 2026Insee, 7 août 2026
Nombre de chômeurs2,7 millionsInsee
Évolution sur un an+0,7 pointInsee
Taux d’emploi des 15-64 ans69,0 %Insee
Départements d’outre-merde 12,8 % (Martinique) à 20,4 % (Guyane)Insee, septembre 2026

Selon l’Insee, il s’agit du niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2020. Pour mémoire, le taux de chômage avait culminé à environ 10,5 % à la mi-2015 avant de baisser jusqu’à un peu plus de 7 % en 2022-2023. Au Canada, Statistique Canada publie chaque mois l’Enquête sur la population active, avec des données par province, dont le Québec.

Les différents types de chômage

TypeCauseExemple
FrictionnelTemps nécessaire pour passer d’un emploi à un autreUn jeune diplômé qui cherche son premier poste
Conjoncturel (keynésien)Insuffisance de la demande globale lors d’un ralentissementLicenciements pendant une récession
StructurelInadéquation durable entre l’offre et la demande de travail (qualifications, géographie) ou rigidités du marchéDisparition d’emplois industriels dans une région
TechnologiqueRemplacement du travail par des machines ou des logicielsAutomatisation d’une chaîne de production
SaisonnierActivités qui varient selon les saisonsTourisme, agriculture

Le chômage de longue durée (plus d’un an) est particulièrement préoccupant : les compétences s’érodent et le retour à l’emploi devient plus difficile.

Les causes : ce que disent les théories

  • L’approche néoclassique voit dans le chômage le résultat de rigidités qui empêchent le salaire de s’ajuster (salaire minimum, protection de l’emploi, allocations jugées désincitatives). Elle recommande de flexibiliser le marché du travail.
  • L’approche keynésienne (Keynes, 1936) explique le chômage de masse par une demande insuffisante : les entreprises n’embauchent pas faute de débouchés. Baisser les salaires peut même aggraver la situation en réduisant la consommation. Elle recommande une relance par la dépense publique ou la politique monétaire.
  • Les théories du salaire d’efficience expliquent que les entreprises paient volontairement au-dessus du salaire d’équilibre pour motiver et fidéliser, ce qui laisse des candidats sans emploi.
  • Le chômage d’appariement (modèles de Diamond, Mortensen et Pissarides, prix Nobel 2010) souligne le coût de la recherche et la qualité de la mise en relation entre offres et candidats.
  • La destruction créatrice de Schumpeter rappelle que l’innovation détruit des emplois en même temps qu’elle en crée d’autres.

La courbe de Phillips

En 1958, l’économiste Alban William Phillips constate au Royaume-Uni une relation inverse entre chômage et hausse des salaires. Interprétée comme un arbitrage entre chômage et inflation, cette relation a été remise en cause dans les années 1970 par la stagflation et par Friedman, pour qui l’arbitrage n’existe qu’à court terme.

Les conséquences du chômage

  • Pour les personnes : perte de revenus, isolement, atteinte à l'estime de soi, effets sur la santé.
  • Pour l’économie : production perdue, baisse de la consommation, compétences inutilisées.
  • Pour les finances publiques : moins de recettes (impôts, cotisations) et plus de dépenses (allocations), ce qui creuse le déficit.

Les politiques de l’emploi

  • Politiques passives : indemnisation des chômeurs (assurance chômage en France, gérée par l’Unédic ; assurance-emploi au Canada, régime fédéral), préretraites.
  • Politiques actives : formation, accompagnement, aides à l’embauche, contrats aidés, baisse des cotisations sur les bas salaires.
  • Politiques macroéconomiques : soutien de la demande ou réformes structurelles, selon le diagnostic.

Questions fréquentes

Pourquoi le taux de chômage ne baisse-t-il pas quand des emplois sont créés ?

Parce que la population active peut augmenter en même temps : arrivée de jeunes sur le marché du travail, retour d’inactifs, recul de l’âge de départ à la retraite.

Qu’est-ce que le plein emploi ?

Une situation où il ne reste qu’un chômage frictionnel incompressible. Il n’existe pas de seuil officiel ; on évoque souvent un taux autour de 4 à 5 %.

Un étudiant qui cherche un petit boulot est-il chômeur ?

Oui s’il remplit les trois critères du BIT (sans emploi, disponible, en recherche active). Les étudiants qui ne cherchent pas d’emploi sont inactifs.

Qu’est-ce que le chômage partiel ?

Un dispositif (appelé « activité partielle » en France) qui permet à une entreprise en difficulté de réduire temporairement le temps de travail tout en maintenant le contrat ; l’État prend en charge une partie de l’indemnisation. Les salariés concernés ne sont pas comptés comme chômeurs.

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