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Économie · Notions fondamentales

Politique budgétaire

La politique budgétaire est l’utilisation par l’État de ses dépenses et de ses recettes (impôts, cotisations) pour influencer l’activité économique, l’emploi et la répartition des revenus.

Mis à jour le 4 min de lecture

Avec la politique monétaire, la politique budgétaire est l’un des deux grands instruments de la politique économique. Elle est décidée par le gouvernement et votée par le Parlement, chaque année, dans la loi de finances. Dans la zone euro, où la politique monétaire est commune et confiée à la BCE, la politique budgétaire reste nationale : c’est le principal levier conjoncturel dont disposent les États.

Les outils

LevierExemples
Dépenses de fonctionnementSalaires des fonctionnaires, achats de l’État
Investissement publicInfrastructures, transition énergétique, recherche
TransfertsPrestations sociales, subventions aux entreprises
PrélèvementsTaux et assiette des impôts et taxes, cotisations sociales

Le solde entre recettes et dépenses est le solde budgétaire : négatif, c’est un déficit, financé par l’emprunt, qui alimente la dette publique.

Politique de relance et politique de rigueur

La relance

En période de ralentissement ou de récession, l’État peut augmenter ses dépenses ou baisser les impôts pour soutenir la demande. C’est la logique keynésienne : quand les ménages et les entreprises dépensent moins, l’État compense. Exemples : les plans de relance de 2008-2009 dans la plupart des pays avancés, le « quoi qu’il en coûte » français et les plans de soutien canadiens lors de la pandémie de 2020.

La rigueur ou l’austérité

À l’inverse, une politique restrictive réduit les dépenses ou augmente les impôts pour diminuer le déficit, freiner une demande excessive ou restaurer la confiance des créanciers. Après la crise des dettes souveraines de 2010-2012, plusieurs pays européens (Grèce, Portugal, Espagne, Irlande) ont mené des politiques d’austérité sévères.

Le multiplicateur budgétaire

Keynes et son élève Richard Kahn ont montré qu’une dépense publique supplémentaire peut augmenter le PIB de plus que son montant : la dépense devient le revenu d’autres agents, qui en dépensent une partie, et ainsi de suite. C’est l’effet multiplicateur.

Sa valeur réelle est très débattue. Elle dépend :

  • de la conjoncture : il est plus élevé en récession, quand les capacités de production sont inutilisées ;
  • de l'ouverture de l’économie : une partie de la dépense part en importations ;
  • de la politique monétaire : si la banque centrale relève ses taux en réaction, l’effet est réduit ;
  • des anticipations : si les ménages s’attendent à payer plus d’impôts plus tard, ils épargnent davantage (équivalence ricardienne, formulée par Robert Barro en 1974).

On parle d'effet d’éviction quand la dépense publique, en faisant monter les taux d’intérêt, réduit l’investissement privé.

Les stabilisateurs automatiques

Une partie de la politique budgétaire agit sans décision nouvelle. En récession, les recettes fiscales baissent (moins de revenus, moins de consommation) et les dépenses sociales augmentent (allocations chômage) : le déficit se creuse automatiquement, ce qui soutient la demande. En expansion, l’effet inverse se produit. Ces mécanismes sont particulièrement puissants dans les pays à forte protection sociale comme la France.

On distingue donc le déficit conjoncturel (lié au cycle) du déficit structurel (celui qui subsisterait si l’économie était à son potentiel), seul véritable reflet des choix de politique budgétaire.

Le cadre européen

RègleContenu
Traité de Maastricht (1992)Déficit public inférieur à 3 % du PIB, dette inférieure à 60 % du PIB
Pacte de stabilité et de croissance (1997)Surveillance et procédure pour déficit excessif
Traité budgétaire (TSCG, 2012)Règle d’équilibre structurel, Haut Conseil des finances publiques en France
Réforme de 2024Trajectoires d’ajustement pluriannuelles propres à chaque pays, centrées sur l’évolution des dépenses nettes

Les règles ont été suspendues en 2020-2023 (clause dérogatoire générale) pendant la pandémie et la crise énergétique.

En France et au Canada

  • France : le budget de l’État est voté dans la loi de finances, encadrée par la LOLF de 2001 ; les comptes sociaux relèvent de la loi de financement de la sécurité sociale. Le déficit public a atteint 5,1 % du PIB en 2025 (Insee, mars 2026).
  • Canada : le budget fédéral est présenté par le ministre des Finances au Parlement ; les provinces, dont le Québec, ont leur propre budget, avec des compétences importantes (santé, éducation). Le Québec s’est doté d’une loi sur l’équilibre budgétaire et du Fonds des générations (2006) consacré à la réduction de la dette.

Questions fréquentes

Quelle différence entre politique budgétaire et politique monétaire ?

La politique budgétaire agit par les dépenses et les impôts (gouvernement et Parlement) ; la politique monétaire agit par les taux d’intérêt et la quantité de monnaie (banque centrale indépendante).

Un déficit est-il toujours mauvais ?

Pas nécessairement : un déficit temporaire en récession ou pour financer des investissements utiles peut être justifié. Un déficit structurel élevé et durable fait en revanche croître la dette plus vite que l’économie.

Qu’est-ce que la politique budgétaire procyclique ?

Une politique qui amplifie le cycle : réduire les dépenses en pleine récession ou les augmenter en pleine surchauffe.

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